Devenir dominicain?

Étapes pour devenir dominicain

Première étape : la connaissance mutuelle

Encore aujourd’hui des jeunes se portent volontaires pour une quête authentique de la vocation dominicaine, afin de se joindre aux quelques 6500 frères et 32 000 soeurs et moniales qui oeuvrent dans 83 pays. Les différentes étapes qui mènent les frères à l’engagement définitif dans l’Ordre des Dominicains (ou l’Ordre des Prêcheurs) sont fort simples; elles sont axées sur un objectif fondamental: permettre l’intégration cohérente et progressive des principales composantes de la vie dominicaine.

La première étape veut permettre avant tout au candidat de mieux connaître l’Ordre. Cela se fait normalement par des rencontres régulières avec l’un des responsables locaux à la pastorale des vocations. Celui-ci sera en mesure de proposer et de rendre possible un contact plus direct avec différentes communautés dominicaines aux styles de vie variés, ainsi que d’aider le candidat à discerner s’il est fait pour la vie dominicaine. Si au terme de cette démarche, la réponse semble positive, le candidat sera alors invité à passer à l’étape du postulat.

Deuxième étape : le postulat

Le candidat qui aspire à devenir Dominicain est invité à demeurer dans un couvent d’accueil au moins trois mois avant le début du noviciat. Pendant le temps du postulat le candidat peut garder son travail ou poursuivre ses études. Toutefois cette étape veut lui permettre une intégration progressive à la vie de la communauté : prière, repas, rencontres communautaires, temps de ressourcement et de formation. Le candidat est invité à avoir des activités qui l’engagent dans le milieu tant au plan social que pastoral. Au terme de l’expérience du postulant la communauté ou des représentants de la communauté sont invités à se prononcer sur la pertinence d’admettre le candidat au noviciat.

Troisième étape : le noviciat

Le temps du noviciat est d’une durée de douze (12) mois. Le noviciat commence le 28 août de chaque année et se termine le 28 août de l’année suivante. Ce temps de retrait veut permettre aux futurs frères (coopérateurs ou prêtres), de connaître plus intimement la vie dominicaine. À travers l’expérience partagée quotidiennement avec ses frères du noviciat, les responsables de la formation (Maître des Novices et son assistant) et les membres de la communauté d’accueil, le novice découvre progressivement les traits majeurs de l’identité dominicaine.

Cette période de douze mois comporte diverses activités : étude de la vie de saint Dominique et des grandes figures dominicaines ; étude des Constitutions et de l’histoire de l’Ordre ; introduction à la Bible, à la vie de prière personnelle et communautaire, à la liturgie; élaboration de projets apostoliques, visite des différentes communautés dominicaines et rencontres avec des frères et des soeurs aux apostolats variés.

La fin du noviciat est marquée par la profession simple (pour une période de trois ans) à l’occasion de la fête de saint Augustin, le 28 août.

Quatrième étape : les études académiques

Après le noviciat, les nouveaux frères s’intègrent à la communauté des frères en formation au couvent Saint-Jean-Baptiste d’Ottawa. Tout en étant intégrés à la vie du couvent lui-même, les frères forment une communauté plus restreinte, appelée aussi studendat , où ils trouvent un lieu de consolidation des valeurs déjà acquises. Cette nouvelle étape correspond à celle des études institutionnelles poursuivies au Collège Dominicain de Philosophie et de Théologie en vue d’obtenir le Baccalauréat, puis la Maîtrise en théologie.

Cinquième étape : l’intégration

Cette cinquième étape marque habituellement une interruption. Étant donné ses objectifs, elle sera plus profitable pour les futurs prêtres, à la fin du premier cycle des études théologiques. Cette étape consiste en un stage pastoral visant à permettre aux frères de s’approprier et d’appliquer les enseignements reçus, au contact des besoins et des situations rencontrées. Elle leur permettra également d’approfondir leurs motivations apostoliques et de préciser leur questionnement théologique avant d’entreprendre la dernière étape de leurs études.

Spiritualité

Il y a quelques années un groupe de frères et de soeurs sont arrivés à une définition de la vie dominicaine qui me plaît parce qu’elle tient compte de la riche diversité de ceux qui composent l’Ordre aujourd’hui, en même temps qu’elle est fidèle au projet initial de Dominique: un Dominicain est un être polarisé par la Parole, une Parole étudiée, célébrée, vécue et annoncée aux autres.

Le Dominicain étudie la Parole

Saint Dominique n’a pas attendu le vingtième siècle pour inventer le concept d’éducation permanente. Dominique, comme l’attestent les actes de sa canonisation, « exhortait souvent les frères de cet Ordre, de vive voix et par lettres, à étudier sans cesse le nouveau et l’ancien Testament. Il portait toujours sur lui l’évangile de saint Matthieu et les lettres de saint Paul, et il les étudiait tellement qu’il les savait à peu près par cœur. » L’étude dominicaine ne ressemble pas au « bourrage de crâne » des étudiants à l’approche des examens.

Son but premier n’est pas de faire avancer la science ou de faire naître le doux plaisir d’apprendre du neuf. Même avec des méthodes scientifiques, rigoureuses, le Dominicain cherche avant tout quelqu’un. Il aborde les sources du savoir comme l’amoureux lit une lettre à sa fiancée, y engageant son coeur avec autant d’ardeur qu’il y applique son intelligence. La recherche du Dominicain ressemble à l’attitude de Marie qui reçoit les interventions de Dieu, en reconnaît la valeur et les médite dans son coeur, les tournant, les retournant sans cesse jusqu’à la lumière en plénitude. L’étude est un acte contemplatif.

Le Dominicain célèbre la Parole

La liturgie importe au dominicain comme la nourriture est essentielle pour le corps. De par sa nature même, le Dominicain ne peut se passer de célébrer l’Office divin avec ses frères, sans devenir anémique et souffrir de carences graves. N’est-ce pas significatif que Dominique en prière ait été le sujet de prédilection des artistes et des chroniqueurs? On ne dit presque rien de la prédication du Père des Prêcheurs, alors qu’on s’attarde longuement sur sa prière. Pour Dominique, comme pour ses disciples, la prière – surtout la liturgie – est un acte de prédication. Composé presque uniquement de textes bibliques, l’Office nous amène à nous transmettre les uns aux autres, chacun à notre tour, des versets de la Bible. Nous nous confions les uns aux autres, les uns par les autres, chacun à notre tour, des versets de la Bible.

Nous nous confions les uns aux autres la Parole, en même temps que nous la retournons à Dieu. Comme un signe de la charité en plénitude, quand l’amour de Dieu et celui du prochain se confondent dans la même activité! À jouer ainsi avec la Parole, elle imprègne l’esprit, la mentalité, elle transforme la vie. L’acte liturgique est une action créatrice de Dieu à laquelle nous collaborons; avec Dieu nous permettons au Verbe de se faire toujours chair, de devenir notre propre chair au point que ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi (Galates 2, 20).

Le Dominicain vit de la Parole

Quelle témérité dans cette affirmation. Je la dis comme un idéal que nous recherchons et non comme une affaire classée. Notre communauté ne réunit pas des saints mais des pécheurs. C’est d’ailleurs parce que nous sommes pécheurs que nous rejoignons la famille dominicaine. Au moment de faire profession, ne demandons-nous pas la miséricorde de Dieu et celle de nos frères?

Quotidiennement, depuis sa fondation, chaque couvent est en travail de réconciliation, réconciliation de la personne avec elle-même, réconciliation avec les autres et avec Dieu. Nous voulons être signe du Royaume qui libère, signe de la miséricorde de Dieu. Nous réinventons, ou plutôt Dieu réinvente la Parole qui sauve. Notre fraternité cherche à devenir un Évangile vivant et une cellule d’Église.

Le Dominicain annonce la Parole

Nous ne vivons pas pour nous-mêmes. Notre étude vise à nous rendre capables d’être utiles au prochain, comme le dit la Constitution fondamentale. Notre prière nous fait contempler ce que nous livrerons aux autres. Notre communion nous fait vivre ce que nous voulons construire avec l’Église et le monde. Le salut du monde constitue notre seule raison d’être. « Que vont devenir les pécheurs? », criait saint Dominique.

Toute notre vie s’oriente vers les autres pour leur apporter la Parole qui sauve. Les Cumans sont nombreux dans le monde à vivre loin de la Source, inconscients de leur soif. D’autres réalisent que leur vie a besoin d’une eau vive et la réclament. C’est à eux tous que veut aller le Dominicain. Et jusqu’aux lignes de feu, au plus intense du combat!

Voilà brossé à grands traits le portrait du Dominicain, de la vie dominicaine. Les vieux routiers auraient sans doute aimé lire quelque chose de plus neuf, de plus frais, de plus fouillé. J’espère que celui qui en est à son premier contact trouvera le goût d’aller plus loin.

par Denis Gagnon, o.p.

Piliers de la vie dominicaine

La vie des frères en formation s’articule autour de quatre grands axes qui structurent la vie des Dominicains depuis les origines de notre Ordre : la prière, la vie commune, l’étude et la mission.

Prière

Les frères étudiants accordent une priorité à la prière personnelle et chorale dans leur vie. Ils cherchent ainsi à approfondir leur relation à Dieu en même temps qu’ils apprennent par leurs études à mieux connaître son visage et son dessein de salut. La célébration liturgique de l’office canonial est un des piliers sur lesquels repose la vie dominicaine. Il n’est pas siumplement demandé aux frères de prier, il leur est demandé de prier ensemble et avec solennité. Il leur est demandé de faire de cette prière chorale le centre et le coeur de leur vie religieuse apostolique. Comme les moines ou les chanoines, leurs prédécesseurs, ils participent à la sanctification du temps par leur prière assidue. L’année, les semaines, les jours sont scandés par la récitation de l’office. L’année liturgique rythme leur prédication. C’est une respiration, avec ses temps plus forts et ses phases de reprise. C’est une source à laquelle les frères viennent puiser ensemble, le Seigneur créant mystérieusement entre eux une âme commune. Chaque jour, ils sanctifient les heures avec tous ceux qui prient et au nom de tous ceux qui ne prient pas.

La vie commune

Apprentissage concret de la vie en communauté vécue en tension avec l’engagement exigeant des études et de la recherche. Mener la vie des Apôtres, tel est fondamentalement le projet qui anime l’Ordre des Prêcheurs : non point simplement un projet d’action, mais aussi un projet de vie, une certaine manière d’exister en tant que chrétiens. Nous ne nous choisissons pas comme des amis peuvent le faire, mais nous nous recevons les uns les autres comme des frères ayant un Père commun. Le choix de la vie commune, nous rend responsables des uns des autres et, de la marche harmonieuse de la communauté. Celle-ci est sans cesse à construire à partir des faiblesses de chacun. Réunis pour habiter ensemble dans l’unanimité, en ne faisant qu’un coeur et qu’une âme en Dieu, nous sommes poussés à vivre unis, même si nous avons des opinions et des attitudes diverses. Ceci n’est possible que parce que le Christ, centre de notre vie communautaire, fait notre unité.

L’étude

Conformément à la tradition de l’Ordre, les frères ont le souci d’acquérir une solide compétence en vue du service de la Parole. Le prologue des Constitutions primitives affirment ce qui suit au sujet de l’étude dans notre Ordre : “Notre étude doit viser principalement, ardemment et avec le plus grand soin à ce que nous puissions être utile à l’âme du prochain”. L’étude tient une grande place dans la vie dominicaine. Elle en est un des piliers. Saint Dominique fait rupture avec la tradition monastique et remplace le travail manuel, source de revenus autant que d’équilibre personnel par le travail intellectuel. La lectio divina s’amplifie en travail théologique. Notre contemplation n’est pas seulement celle inhérente à la prière. Elle est plus généralement celle de l’étude dans la rumination de la vérité sur Dieu et sur l’homme, dans la recherche du sens. L’étude n’a pas d’abord pour objet de faire de nous des spécialistes en philosophie et en théologie. Elle tend à une certaine manifestation du sens des choses et du monde, de l’homme et des situations humaines, du dessein de Dieu dans l’histoire.

La mission

Pendant les années de formation, une initiation à différents ministères est rendue possible sous forme de services à la communauté conventuelle, aux communautés chrétiennes avoisinantes et les organismes sociaux du milieux . Les frères coopérateurs vivant au studendat ont la possibilité d’acquérir ou de perfectionner une formation technique ou professionnelle. D’autres peuvent recevoir la même formation théologique que les frères qui seront ordonnés prêtres.

Au terme de cette étape dont la durée peut varier selon la situation de chacun, le frère sera amené à poursuivre ses études ou à s’engager dans un stage prolongé d’une année ou plus. Habituellement la profession solennelle, qui est l’engagement définitif dans l’Ordre, coïncide avec la fin de la troisième année de voeux simples.

Critères d'admission

Encore aujourd’hui des jeunes se portent volontaires pour une quête authentique de la vocation dominicaine, afin de se joindre aux quelques 6500 frères et 40  000 soeurs et moniales de la Famille dominicaine qui oeuvrent dans 83 pays. Les différentes étapes qui mènent les frères à l’engagement définitif dans l’Ordre des Dominicains (ou l’Ordre des Prêcheurs) sont fort simples et sont axées sur un objectif fondamental: permettre l’intégration cohérente et progressive des principales composantes de la vie dominicaine. Pour appécier la candidature d’un aspirant à la vie dominicaine, on se réfère aux critères suivants :

  1. Être entré dans l’expérience de devenir disciple du Christ Jésus, et se rattacher à son Évangile. Dans le cas des candidats récemment convertis (convertis), revenus à la foi (recommençants) ou nouvellement baptisés (néophytes), ils devront attendre trois ans avant d’être admis dans l’Ordre (noviciat).
  2. Vivre un engagement significatif en Église.
  3. Être capable d’obéissance et de solidarité lorsque la mission au service de l’Ordre le commande.
  4. Manifester les aptitudes requises pour vivre en communauté.
  5. Avoir entre 22 et 40 ans. Au-delà de cet âge, le candidat devra faire preuve d’un cheminement de foi et d’engagement exceptionnel.
  6. Avoir complété des études de niveau collégial ou l’équivalent.
  7. Ne pas avoir de dettes ou être en mesure de les éponger avant l’entrée au noviciat.
  8. Être capable de vivre de façon autonome et responsable avant l’entrée dans l’Ordre.
  9. Faire preuve de maturité affective pour vivre la chasteté dans le célibat consacré.
  10. Être en bonne santé physique et psychologique.
  11. Avoir une connaissance pratique du français et de l’anglais.
  12. Être citoyen canadien ou être déjà admis au Canada à titre de résident permanent.
Pour prendre contact

Le responsable national des vocations

fr. Gustave Nsengiyumva, o.p.
1049 Route de l’église
Québec (Qc) G1V 3W1

Courriel: gustavenop@yahoo.fr

Téléphone: (418) 653-0220