PROVINCE SainT DOMINIQUE

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Dominicans of Canada

cornerLe défi de l'évangélisation aujourd'hui

Lettre aux Provinciaux, Vice-provinciaux et Vicaires provinciaux en date du 25 mai 1988

fr. Damian Byrne, O.P.

Damian Byrne, O.P.Comme quelques-unes de nos Congrégations et Provinces décroissent en nombre, il existe le péril que nous nous concentrions sur nos propres problèmes et que l'impulsion de l'évangélisation s'affaiblisse en nous. Si cela existe il est important de mettre devant nos yeux - et les yeux de ceux qui sont en formation - le défi de l'évangélisation.

Parlant des premiers dominicains, Honorius III disait: "Les membres de cet ordre sont entièrement consacrés à l'évangélisation". Affirmation surprenante. Celle de Paul VI en 1970 ne l'est pas moins quand il nous rappelle: "L'Ordre dominicain restera fidèle à sa tradition s'il ne s'éloigne pas de son devoir missionnaire", ou l'affirmation du P. Vicaire, qui dit que l'Ordre fut "le premier Institut réellement missionnaire dans l'Eglise". Actuellement notre perception de l'évangélisation a été transformée par les intuitions de Vatican II, par Evangelii Nuntiandi et par la réflexion intense de ces dernières années.

Avant Vatican II, les efforts d'évangélisation se concentraient pour porter l'Évangile aux non-chrétiens, un mouvement allant du centre vers la périphérie. Aujourd'hui ce mouvement s'est enrichi d'autres mouvements: de la périphérie vers le centre, en ce sens que les "nouvelles Églises" donnent leur propre témoignage et aident à leur tour à l'évangélisation des "anciennes Églises". L'Europe est en train d'apprendre à son tour de l'Amérique Latine, de l'Afrique et des Églises d'Asie. Nous sommes entrés dans une période d'écoute mutuelle et de coresponsabilité. Conscients de ce mouvement et du défi qu'il nous présente, nous sentons de nouveau la. richesse de la vision originelle de Dominique et son enthousiasme pour l'évangélisation.

Vision progressive de Dominique

L'ardente passion de Dominique pour le salut de tous a impressionné fortement ses compagnons intimes. Le Jeune Guillaume de Monferrat nous dit que "Dominique avait par-dessus tout le zèle pour le salut des âmes". "Ainsi nous deux nous, nous promettions que, lorsque frère Dominique aurait organisé son Ordre et que moi j'aurais étudié deux ans la théologie, nous marcherions avec lui et ferions tout notre possible pour convertir les païens en Prusse et dans les autres pays du Nord".

Des affirmations comme celle-ci se rencontrent dans beaucoup des témoins du procès de canonisation. Jourdain de Saxe dit la même chose quand il affirme:..."avec toute son énergie et son zèle passionné, il (Dominique) se consacrait à gagner au Christ toutes les âmes qu'il pouvait. Son coeur était plein d'un extraordinaire, d'un incroyable désir du salut de tous". Jourdain nous dit aussi: "Il élevait fréquemment au ciel sa prière pour que Dieu lui donne la véritable charité, qu'elle soit effective pour obtenir le salut de tous; il pensait qu'il serait réellement un membre du Christ seulement quand il aurait usé toutes ses forces pour la conquête des âmes..."

Dominique ne réalisa jamais son rêve d'être missionnaire dans le monde non-chrétien, mais il lança son ordre sur ce chemin. Au Chapitre de 1221, il était décidé d'envoyer des groupes de dominicains dans trois territoires bien au-delà des frontières du christianisme. Ceux qui furent envoyés avec Paul de Hongrie demandèrent d'aller vers les Cumans pour que soit réalisé le rêve de Dominique. Le Chapitre prit la décision mais l'inspiration venait de Dominique.

Sa méthode d'évangélisation

Guillaume de Monferrat nous dit: "Bien des fois j'ai parlé avec lui des moyens de salut pour nous et pour les autres". Dominique mit en pratique ses fermes convictions sur la manière de réaliser l'évangélisation. Comme dans beaucoup d'autres champs, celles-ci étaient fréquemment en contradiction ,avec les idées de ce temps-là sur l'évangélisation.

1.Prédication dans la pauvreté selon le modèle évangélique.

Nous connaissons le moment exact où cette conviction s'est manifestée pour la première fois et où il adopta sa façon personnelle de prêcher la Parole de Dieu. Ce fut en juin 1206, quand Diego et Dominique rencontrèrent les légats cisterciens à Montpellier. Découragés par l'échec apparent de .leur prédication, ils demandèrent conseil à l'évêque. Sa réponse fut: "Je ne crois pas que vous agissiez en cela selon la voie juste. Je ne pense pas que vous puissiez jamais faire revenir les gens vers la foi en leur parlant, car ils sont très enclins à douter en raison des exemples qu'ils voient". Pour les hérétiques, les prédicateurs de l'Évangile devaient vivre selon le modèle apostolique. Diego et Dominique firent de ce modèle leur propre manière de prêcher et Dominique a continué à la pratiquer après la mort de Diego. Il eut l'intuition de la connexion qui existe entre la mission et la forme de vie menée pour le Christ. L'engagement principal de Dominique était de prêcher l'Évangile. "Sa vocation personnelle était cependant très précise: porter l'Évangile aux peuples lointains qui ne l'avaient pas encore reçu".

2. Mobilité apostolique et itinérante.

La mobilité apostolique fut un élément clé dans la méthode d'évangélisation de Dominique. Il voulait qu'en cela aussi sa vie ressemble à celle du Christ. Dans les maisons de l'Ordre il n'y avait aucune cellule que l'on puisse dire sienne. Cette mobilité fut une arme apostolique qui lui permit de rester avec et au milieu du peuple. Le P. Vicaire s'empresse de dire que "si son ministère était universel pour les personnes, pour ceux qu'il dirigeait et pour le succès immédiat, son plan d'action était concret: le contact par la prédication et non par un engagement dans une activité pastorale locale".

3. L'importance de la communion avec l'Église.

Quand Diego et Dominique arrivèrent à Rome en 1206, ils demandèrent au Pape de leur permettre de se consacrer à la mission pour les peuples de l'Europe du Nord. Le Pape ne le leur permit pas. Ce fut une obéissance douloureuse, car elle s'opposait à leur inspiration apostolique. Et cependant sans cet acte d'obéissance l'Ordre n'aurait jamais existé. Probablement, s'ils avaient obtenu la permission, ils auraient fait partie du mouvement missionnaire du Nord de l'Europe de ce temps, une méthode basée sur la conquête. Ceci n'était pas le modèle d'évangélisation demandé par Dominique aux premiers missionnaires dominicains, ils ne demandaient l'appui d'aucune armée. Dominique et l'Ordre auraient pu se convertir facilement en partie au mouvement missionnaire qui unissait l'évangélisation et la conquête. L'obéissance les a libérés de cela. Ils abandonnèrent cette forme d'évangélisation en faveur d'une méthode basée sur celle des apôtres: prédication dans ha pauvreté, indépendance vis-à-vis du pouvoir civil.

Dans une lettre à l'Ordre en 1970, le cardinal Villot décrivait Dominique comme "libre d'une façon surprenante". Pour Dominique la liberté de l'esprit n'était pas accidentelle mais un libre propos délibéré.

Ces convictions sur l'évangélisation se reflètent sur ce que dit Paul VI dans Evangelii Nuntiandi, nos 40-48.

Mission à travers le monde

Avec les successeurs de Dominique, les frontières de la prédication se sont étendues au monde entier. Ceci s'est réalisé en deux phases: celle qui suivit la mort du Fondateur et celle qui coïncida avec les grandes découvertes maritimes des XVème et XVIème siècles.

A la mort de Dominique, Jourdain de Saxe a établi des missions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Raymond de Penyafort ouvrit des écoles pour l'étude des langues orientales et de l'Islam. Une série de Papes confièrent à l'Ordre de nouveaux champs d'évangélisation.

La seconde phase a commencé avec la découverte des Amériques et de la route de la mer vers l'Asie. C'est une belle histoire, mais tout n'est pas beau en elle. Le 15 juillet 1582, Paul Constabile, Maître de l'Ordre, écrivait que les dominicains étaient en décadence dans leurs activités missionnaires. En réponse à sa lettre, la Province du Rosaire commençait à travailler en Asie. De ces premiers missionnaires ont surgi les martyrs japonais et vietnamiens.

Les Martyrs japonais et vietnamiens

Le 18 octobre 1987, le Pape Jean-Paul II a canonisé Lorenzo Ruiz, laïque philippin, et ses 15 compagnons. Le décret de béatification de 1980 disait: "D"une façon ou d'une autre tous faisaient partie de l'Ordre des Prêcheurs". Le groupe comprenait deux catéchistes, deux membres de la branche féminine du laïcat dominicain, deux frères laïques et neuf prêtres, ensemble avec Lorenzo Ruiz, qui était membre de la Fraternité du Rosaire. Neuf étaient japonais, quatre espagnols, un philippin, un italien et un français, reflétant ainsi le caractère international des missionnaires.

Au moment où j'écris cette lettre, la canonisation des martyrs du Vietnam est proche. Il s'agit de dix laïques dominicains, trois prêtres tertiaires, six évêques dominicains et seize prêtres.

Ces événements coïncident avec le quatrième centenaire de la Province du Rosaire en Orient. Trente deux des nouveaux saints étaient membres de cette Province.

Quand Humbert de Romans demanda des volontaires pour les missions en 1255, il se rendit compte qu'il y avait deux choses qui retenaient les frères pour s'offrir comme volontaires pour le travail de l'évangélisation. "Une est l'ignorance des langues, il y a à peine un frère qui entreprend l'étude des langues, puis la majorité préfère exercer son intelligence dans des nouveautés plutôt que dans l'étude de ce qui serait vraiment utile... L'autre obstacle est l'amour de sa propre patrie..."

Un aspect digne de mention chez les canonisés de cette année est l'importance qu'ils donnaient à l'apprentissage des langues. On donnait six mois aux missionnaires pour apprendre la langue; s'ils n'y arrivaient pas ils étaient renvoyés dans leur patrie.

Les autres caractéristiques importances étaient l'usage de la musique et du théâtre, la seule dépendance autochtone envers la Parole de Dieu et le refus d'être identifiés au pouvoir colonial.

On doit également noter leur opposition à l'esclavage et à toute forme d'injustice et d'avidité, ainsi que l'insistance d'hommes comme Domingo de Salazar, pour que la liberté soit rendue aux esclaves.

La proximité avec les gens qu'ils évangélisaient était surprenante ainsi que leur mutuelle aide et fidélité durant l'emprisonnement et le procès. Ils formaient une véritable communauté. Quand Madeleine de Nagasaki vit que Jordan Esteban avait été emprisonné, immédiatement elle se présenta aux autorités pour partager son martyre. Son unique crime était d'avoir donné l'hospitalité aux chrétiens. Nous honorons ces hommes et ces femmes et nous reconnaissons dans leur canonisation un message pour les hommes d'aujourd'hui.

Nous reconnaissons en même temps que nous ne pouvons pas travailler de la façon dont ils le firent, car les méthodes d'évangélisation changent avec les époques.

Avant Vatican II, l'évangélisation tendait à avoir une signification géographique et juridique. Le premier congrès missionnaire des frères et soeurs, qui a eu lieu à Madrid en 1973, a pris diverses résolutions à cet égard qui sont maintenant reprises dans LC0112.

Modèles géographiques et juridiques

Ces modèles identifient l'évangélisation avec le travail dans les nations non-chrétiennes et quelques nations étaient identifiées comme territoires de mission. Mais l'extension de la sécularisation qui nie à Dieu une place dans la vie de l'homme a créé la nécessité d'une seconde évangélisation dans beaucoup de nations chrétiennes. L'indifférence religieuse et l'expansion de l'incrédulité parmi les baptisés demande une urgente évangélisation de ceux-ci. Intimement lié à ce fait, on trouve le défi d'une société de consommation qui tend à faire du plaisir la suprême valeur de la vie humaine (cfEvangelii Nuntiandi, no. 55).

Une autre erreur est que ceux qui travaillaient en territoire de mission, indépendamment du travail qu'ils réalisaient, étaient appelés missionnaires. Evangelii Nuntiandi a corrigé ceci en affirmant que "il n'y a pas de véritable évangélisation si le nom, l'enseignement, la vie, les promesses, le Règne et le mystère de Jésus de Nazareth ne sont pas proclamés" (Evangelii Nuntiandi no.22). Ceci est le critère qui nous permet de savoir si nous sommes évangélisateurs ou non.

Conscients des déficiences de ces modèles nous reconnaissons l'urgente nécessité de proclamer la Bonne Nouvelle à ceux qui ne l'ont pas reçue. Fidèles au souvenir de saint Dominique, nous dominicains, nous devons continuer le travail dans les nations qui sont au-delà des frontières de lai culture occidentale. Il nous vient immédiatement à l'esprit les populations d'Asie qui représentent 60% de la population mondiale, ainsi que l'Afrique et quelques parties des Amériques.

Nouveaux modèles d'évangélisation

Evangelii Nuntiandi nous a rappelé que "les méthodes d'évangélisation changent selon les temps" (Evangelii Nuntiandi no. 40). En réponse à ceci, de nouveaux modèles d'évangélisation surgissent.

Nous pouvons constater qu'à mesure que nous nous approchons de la fin du second millénaire du christianisme, le progrès de l'évangélisation durant deux mille ans a été très limité. Les catholiques ne constituent en réalité que 18% de la population mondiale. Malgré des structures d'Eglise qui existent à peu près partout, le message salvifique de Jésus n'a pas été universellement accepté. L'évangélisation est aujourd'hui une tâche aussi urgente qu'à l'époque de saint Dominique.

Construire le Règne implique une lutte contre tout ce qui empêche sa croissance: le péché sous toutes ses formes. Dans une société, l'implantation du Règne peut se caractériser par la lutte contre les structures injustes qui oppriment le peuple. Dans une autre, cela peut consister dans une lutte contre l'influence corrosive du matérialisme qui envahit tout et la mentalité de consommation. En conséquence, l'évangélisation peut revêtir des facettes diverses selon les circonstances où elle se réalise. Le message de Jésus, la promesse de salut et le Règne seront les mêmes, mais le message sera incarné pour qu'il corresponde au défi présenté par telle ou telle situation. Ce discernement demande aux évangélisateurs une observation attentive de la réalité.

La complexité de la société moderne oblige ceux qui se consacrent à la mission d'évangélisation de demander la collaboration de spécialistes en sciences sociales pour pouvoir travailler de manière efficace. Tous les Vicariats, Provinces ou Congrégations ne disposent pas de personnel préparé. Si nous n'avons pas ce personnel parmi nous, nous avons l'obligation de le chercher chez les autres, soit dans l'Eglise soit dans le monde séculier. Notre histoire nous pousse vers cette nouvelle orientation. Le Chapitre de 1232 interdisait aux dominicains l'étude des philosophes païens et des sciences profanes. Vingt ans après, Thomas et Albert virent la nécessité de telles études et un autre Chapitre a révoqué la décision. Aujourd'hui nous avons besoin de personnes préparées en psychologie sociale, anthropologie culturelle, religions comparées pour pouvoir élaborer de nouvelles méthodes d'évangélisation. Si nous ne cherchons pas l'aide de tels instruments, notre travail en sera appauvri.

A ce propos, je veux souligner la nécessité de la formation permanente et celle d'une année sabbatique pour les missionnaires. Il existe une différence marquée entre les Provinces et Vicariats qui ont compris la nécessité d'une telle formation et qui ont réalisé les sacrifices nécessaires pour implanter cette politique, et celles qui ne l'ont pas fait.

Dans son oeuvre Offices de l'Ordre, Humbert de Romans remarque que c'est une obligation du Maître d'avoir "un zèle fervent et un soin spécial" pour promouvoir l'évangélisation. A ce propos il ajoute qu'il est aussi le devoir du Maître de l'Ordre de vérifier s'il existe des écrits sur les croyances des autres peuples. Si je voulais signaler un lieu où l'Ordre serait resté en arrière dans l'évangélisation, ce serait un manque de réflexion théologique globale sur le problème de la mission dans l'Église et l'absence d'une contribution dominicaine, avec peu d'exception, à la recherche de nouvelles méthodes d'évangélisation que Jean-Paul II a exigé de l'Église. Le document du Chapitre d'Avila sur la mission a bénéficié de la présence de nombreux théologiens engagés dans l'évangélisation.

Inculturation

La question de la culture est intimement liée avec la recherche de nouvelles méthodes d'évangélisation. Durant l'ère de la colonisation, l'évangélisation s'identifiait avec la culture du colonisateur. Le succès de l'évangélisation paraissait se mesurer au degré de pénétration et de transformation que la culture du colonisateur apportait à celle du colonisé.

Où ce processus obtenait un succès, l'évangélisation avait un succès parallèle. Mais quand l'implantation de la culture du colonisateur était superficielle, l'accroissement numérique des chrétiens était aussi limité. La rapide christianisation des Amériques au XVIème siècle présente un contraste marqué avec le
progrès de celle des pays d'Asie, mais tandis que la relation entre évangélisation et culture du colonisateur donnait des fruits, il n'y a eu que peu de réflexion sur les effets collatéraux, en particulier sur la séparation des communautés chrétiennes de leurs racines et l'identification du christianisme avec une culture étrangère.

Aujourd'hui la relation entre Evangile et culture est l'objet d'une intense réflexion, qui considère non seulement le contenu de l'évangélisation, mais encore le mode par lequel il se communique (cf. Evangelii Nuntiandi, no 20).

Tandis qu'il est facile de spéculer sur l'inculturation, il est extrêmement difficile de prendre des décisions concrètes. En réalité, il n'existe pas de christianisme désincarné. Partout où il existe, le christianisme est incarné dans une culture, soit celle du peuple qui vit avec la communauté chrétienne, ou celle de l'évangélisateur. Ceci exige fine grande sensibilité de la part de ceux qui évangélisent dans aine culture différente de la leur.

Ce qui est certain, c'est que le progrès de l'évangélisation a été empêché par le manque d'appréciation des autres cultures. "Notre premier soin pour approcher d'autres peuples, d'autres cultures, d'autres religions", dit Kenneth Cragg, "est de quitter nos chaussures parce que le sol que nous foulons est saint. Nous pouvions nous trouver en train de fouler aux pieds l'idéal d'un peuple. Mais encore plus grave, nous pouvons oublier que Dieu était déjà là avant que nous arrivions".

L'inculturation est un défi lancé avec insistance par le Saint Père. Si nous ne comprenons pas encore complètement ces implications, nous devrions néanmoins prendre part à cette mission de recherche de l'Eglise .

Certaines Provinces qui, avant, envoyaient beaucoup de religieux pour évangéliser dans d'autres nations, n'ont pas pu le faire. Ceci a amené la réduction parfois critique de personnes-clé dans beaucoup de Vicariats missionnaires et de Provinces. Dans certains cas il suffirait de deux ou trois religieux pour relever la situation.

La gêne grave où l'Ordre se trouve dans certains Vicariats et Provinces, m'oblige à lancer un appel à l'ensemble de l'Ordre. Je vous prie instamment de voir, de discuter en communauté qui, parmi les frères, seraient capables et accepteraient de s'engager dans un pays étranger pour une évangélisation qui respecte la culture autochtone, afin que nous puissions, comme Ordre, témoigner de l'universalité de l'Eglise. Le caractère international des martyrs du Japon, provenant de cinq nations différentes, est une leçon pour nous. Il existe aujourd'hui la même nécessité qu'alors d'une collaboration internationale dans la tâche d'évangélisation.

Il est temps maintenant que nous examinions la possibilité d'une plus grande collaboration au sein des entités qui ont un petit nombre de frères.

Si une petite Province/Vicariat veut avoir ses propres instances de formation, elle doit se poser les questions suivantes:

1. A-t-elle des formateurs suffisants et préparés?

2. Met-elle les besoins de la formation en premier lieu?

3. Peut-elle offrir la qualité d'enseignement nécessaire pour obtenir des étudiants bien préparés et des prédicateurs prophétiques, ouverts aux nécessités de notre temps?

4. Valorise-t-elle suffisamment le caractère international de l'Ordre?

Je demande que ceux qui travaillent dans les pays développés du Nord deviennent communautés évangélisatrices. Les derniers Actes du Chapitre de la Province d'Angleterre affirment: "Nous considérons toutes les maisons comme postes de mission d'où nous pouvons exercer notre vocation de hérauts de l'Evangile du Christ".

Collaboration avec les Soeurs et le Laïcat

En 1968 le Père Aniceto Fernandez écrivit à toutes les religieuses dominicaines du monde, répondant à leurs questions sur leur place dans l'Ordre il leur dit: "Le temps est venu d'examiner attentivement nos relations dans ce monde moderne au sein duquel nous vivons, notre Sauveur nous a placés ensemble pour poursuivre son oeuvre de salut. Nous sommes appelés, frères et soeurs, à embrasser l'esprit et la tradition qui nous ont été légués par saint Dominique pour poursuivre et construire ensemble nos communautés de frères et de soeurs pour le service de l'Eglise". Le P. Aniceto parle des soeurs comme des égales et les invite à rechercher avec les frères le meilleur mode de réaliser leur apostolat.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis ces dernières années: collaboration dans la formation, ministère pastoral, enseignement universitaire, prédication, direction conjointe de centres de conférences et de retraites. Une soeur est présidente d'une de nos meilleures facultés de théologie. Là où, malgré les difficultés de tout commencement, cette collaboration a été réalisée, il y a eu un mutuel enrichissement. Et nous sommes seulement au début.

Les chapitres et congrès missionnaires successifs depuis 1968 ont montré l'urgente nécessité de la coopération dans la formation, la préparation conjointe des futurs missionnaires, dans le ministère de la Parole, retraites, promotion des vocations, dans le travail pour la Justice et la Paix, pour la prière commune, l'enseignement.

Je demande aussi que vous collaboriez avec le Laïcat dans le travail d'évangélisation. De nouveau notre histoire est instructive. Les premiers efforts de Bartolomé de las Casas pour évangéliser le peuple du Venezuela se sont terminés par un échec. Plus tard, au Guatemala, dans une zone appelée "le pays de la guerre" à cause de la férocité de ses habitants, il développa une méthode complètement nouvelle d'évangélisation. Lui et ses compagnons commencèrent par apprendre la langue pour composer ensuite des vers dans leur dialecte sur la création, la chute et la rédemption et ils les enseignèrent aussi aux commerçants chrétiens qui pénétraient dans les montages. Ceux-ci les chantaient et excitaient la curiosité du peuple qui voulait en savoir plus. Le laïcat fut ainsi la clé de la première évangélisation du Guatemala.

Jusqu'à nos jours, il est intéressant de visiter le Sanctuaire de Notre-Dame-de-Guadeloupe au Mexique pendant la fête de décembre et de voir le peuple représenter, avec des chants et des mimes, l'histoire de la création et de la rédemption.

En conclusion, permettez-moi de répéter une fois encore ce qui s'est dit à Quezon City: "Nous nous rencontrons aujourd'hui avec le défi de réaliser ce que saint Dominique a commencé: une famille en unité de vie et d'engagement de service à l'Eglise et au monde". Ceci est d'une particulière application dans la mission évangélique.

 

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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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