PROVINCE SainT DOMINIQUE

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Dominicans of Canada

cornerDe la vie commune

Lettre du Maître de l'Ordre. Novembre 1988

fr. Damian Byrne, O.P.

Damian Byrne, O.P.À travers mes visites à l'Ordre dans le monde entier, m'est apparu que notre plus grande nécessité en ce temps est d'intensifier notre compréhension et notre pratique des éléments essentiels de notre vie communautaire.

Notre vie de communauté, comme notre vie d'étude, n'est pas une fin en soi. La Constitution fondamentale (II) nous rappelle que l'Ordre "specialiter ob praedicationem et animarum salutem ab initio noscitur institutus fuisse". Elle nous rappelle de même que nous embrassons la vie des apôtres comme moyen pour obtenir le salut des âmes, insistant sur le fait que notre prédication et notre enseignement doivent jaillir "ex abundantia contemplationis" (LCO, n° 1, IV).

Je désire signaler deux causes de la situation présente de notre vie communautaire:

I. Dans le sillage des orientations du Concile et des derniers Chapitres généraux de l'Ordre, quelques structures de l'Eglise et de l'Ordre ont été mises en question. Cela a entraîné un examen des structures de notre vie communautaire.

Comme conséquence, quelques-unes d'entre elles ont été abolies ou ignorées, parce qu'elles n'avaient plus, dit-on, aucun sens pour nous. De ce fait, quelquefois, nous avons oublié les valeurs sous-jacentes de l'Evangile et de la vie régulière que ces structures renfermaient et mettaient en valeur dans le passé. Il ne s'agit pas aujourd'hui de retourner aux vieilles structures, mais de réaffirmer clairement les valeurs essentielles de notre vie telles qu'on les trouve dans nos Constitutions, nos traditions et l'enseignement de l'Eglise.

Il sera opportun, aussi bien au niveau personnel que communautaire, et à l'échelle des provinces comme de l'Ordre tout entier, d'en arriver aux structures qui nous permettront de nous maintenir et d'être en harmonie avec les valeurs de la vie communautaire.

II. Un deuxième facteur qui joue contre notre vie communautaire est la grande nécessité de l'Eglise dans le champs de la pastorale et les nombreuses demandes qui nous arrivent comme individus ou comme communautés.

Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes pastoraux de l'Eglise, et, si nous tentions de le faire, ce serait avec une grave détérioration de notre appartenance à la communauté. Notre meilleur service à l'Eglise en tant que religieux est précisément de continuer en étant fidèles à notre charisme de prédication, qui dérive de la vie communautaire. Nous ne sommes pas des moines, et nos derniers Chapitres généraux ont insisté plus sur les observances régulières que sur les observances monastiques, ce qu'écrit le P. Congar étant cependant vrai: "Il existe une forte empreinte de l'esprit monastique dans la vocation dominicaine". (Appelés à la liberté, p. 3). Nous ignorons cette empreinte, pour notre préjudice.

Nous sommes pélerins de la foi. Nul d'entre nous n'est arrivé à la fin de sa pérégrination. Tous nous pouvons nous aider dans le voyage que nous faisons ensemble... Pour cela, en communion avec le Conseil généralice, je propose six aspects de la vie communautaire dominicaine sur lesquels nous pourrons réfléchir en vue de les mettre en oeuvre.

1. Oraison

La rénovation de la vie de communauté signifie que, par-dessus tout, nos communautés doivent être des communautés de prière. La vie de prière était une partie essentielle de la vie de Dominique et la source de sa passion pour la prédicaion et l'évangélisation. Jean-Paul II parlant aux religieux disait: "La prière a une valeur et un fruit spirituel plus grand que la plus intense activité, même l'activité apostolique. La prière est le défi le plus urgent que le religieux doit lancer à une société dans laquelle l'efficience a été convertie en idole sur les autels de laquelle est sacrifiée toute la dignité humaine... Vos maisons doivent être avant tout des centres de prière".

Dans la célébration quotidienne de l'Eucharistie, est rendu présent et se réalise le mystère du salut. La prière liturgique et personnelle et l'évangélisation permanente de nos vies sont une conséquence de la contemplation de la Parole de Dieu. Nous sommes fortement conscients de la vérité contenue dans ces mots: "Sans moi vous ne pouvez rien faire, avec moi vous pouvez tout". Seule une vie de prière peut nous préparer en vue de prêcher à un monde sécularisé pour qui l'Evangile est une folie.

Le rythme frénétique de la vie dans beaucoup de parties du monde s'infiltre dans nos vies et rend difficile la possibilité de trouver du temps pour la prière. Quelques-uns arrivent à imprégner leur travail de prière; les autres, par tempérament, ont besoin d'un certain climat pour prier.

Le P. Congar dit que l'étude de la théologie doit être inséparable de la célébration de la liturgie: "Pour moi, les deux sont une même chose". Notre fidélité à la liturgie se manifestera dans la fidélité que nous aurons à la célébration ou à l'assistance journalière à l'Eucharistie et à l'Office divin. "L'Office liturgique est composé essentiellement de psaumes. Ils jouent un rôle important dans ma vie... Ils sont une prière, en même temps qu'ils nous enseignent à prier". (Appelés à la liberté, p. 3).

En plus de la prière commune, il nous faut nécessairement trouver un moment pour créer le silence intérieur et rester seuls avec Dieu, ce qui nous permet de dire chaque jour: "Je veux rester avec Toi". Saint Dominique, souvent, s'adressait à ses compagnons et leur disait: "Allons de l'avant et pensons au Seigneur". Nous devrions chercher un temps analogue dans nos vies pour rester seul avec Dieu. Cela est plus important que toute activité apostolique.

II est de plus en plus fréquent que les communautés célèbrent la prière commune unies aux fidèles. Célébrée ainsi elle est certainement une prière d'Eglise. Chaque communauté doit adapter sa prière aux coutumes du lieu.

2. Vie commune et partage de foi

Le Christ est le centre de notre vie communautaire. Cependant, cela n'apparaft pas clairement parmi nous. Parfois nous sommes capables de partager nos idées, les choses de l'intelligence, mais nous ne le sommes pas pour les choses de la foi, les choses du coeur. Aujourd'hui, étant affrontés à tant de défis, il ne suffit pas simplement de laisser entendre que nous avons la foi. Nous devons proclamer le Christ d'une manière explicite.

Pour surmonter certains blocages et partager la foi en communauté, il est important de se rappeler que nul d'entre nous ne possède le monopole de la vérité. Nous devons apprendre les uns des autres, (LCO n° 100) et nous prêcher les uns aux autres. Nos Constitutions signalent l'obligation pour les prieurs de prêcher à la communauté, mais ne devrions-nous pas avoir tous le courage de prêcher en communauté? Ne devrions-nous pas profiter des occasions de parler en communauté? Même les jeunes devraient partager leur foi durant la liturgie des Heures ou durant les célébrations spéciales de nos fêtes dominicaines.

Nous devrions nous réunir pour préparer l'homélie du dimanche, étudier un thème d'actualité ou pour informer la communauté de notre activité apostolique et ainsi partager la foi. Ce dernier point - partager nos expériences apostoliques - est toutefois très difficile, car beaucoup d'entre nous travaillent hors du couvent. C'est une oeuvre de charité de communiquer sa propre foi, mais ne devrions-nous pas commencer par nous-mêmes?

Je ne pourrais trop insister pour qu'on prenne au sérieux cet aspect de la vie communautaire. Beaucoup de religieux, spécialement les jeunes, désirent ce mode de partager de la foi. Ne sommes-nous pas entrés dans l'Ordre pour vivre avec des hommes de foi ? Il est urgent de nous communiquer les uns aux autres les richesses de la foi.

Un des grands avantages de nos maisons d'étude est qu'elles offrent aux professeurs et aux étudiants de partager la vie commune dans le contexte des études. A travers des contacts formels et informels, il est possible de questionner et d'éclairer certains aspects de la foi. Pour beaucoup, c'est ainsi au cours des études, qu'ils arrivent à l'unité.

Cela est toujours très évident dans la formation pastorale des étudiants: le ministère les rapproche de la vie du peuple de Dieu. Dans notre processus actuel de formation, cette activité pastorale, non seulement est recommandée, mais elle est exigée; non pas pour se reposer des études, mais pour apprendre à vivre conjointement l'étude et le ministère.

La réflexion méthodique, comme processus intégral du ministère n'est pas une chose qui s'apprend facilement. Il devrait exister un processus graduel dans l'engagement au ministère, accompagné d'une formation théologique solide. Tout ministère devrait comporter une planification et une évaluation comme faisant partie de son progrès.

Il est triste de constater que la perception de la relation qui devrait exister entre l'étude, le ministère et la communauté se soit perdue chez beaucoup de religieux responsables de nos çommunutés. Nous ne pouvons réduire notre formation permanente à des études ou à des lectures privées; ces études doivent avoir, par naturel un caractère communautaire.

Nous réunir en communauté pour partager des expériences apostoliques et réfléchir ensemble sur leur signification dans la foi pourrait être une priorité. Des lectures sur un thème commun, discutées en communauté, pourraient être un bon moyen de réaliser cet objectif.

Les bibliothèques conventuelles sont une source de rénovation de la vie commune à travers l'étude. Une bibliothèque bien fournie est une chose nécessaire dans toute communauté. Il est triste de visiter les bibliothèques de quelques communautés et de constater qu'elles contiennent peu de livres récents.

3. Correction fraternelle

Notre législation a toujours accordé une grande importance àla correction fraternelle qui, autrefois faisait partie du chapitre régulier de la maison. Bien que la forme du chapitre conventuel soit modifiée, les Constitutions ont maintenu la nécessité de la correction fraternelle.

Le Chapitre de Bogota a pris l'option de demander une "causerie/dialogue", qui pourrait stimuler notre vie communautaire et notre vie apostolique. Les Constitutions de 1968 confirment cette orientation (LCO, n° 7, I), et ajoutent: "Aliquoties in anno pariter habeatur capitulum regulare in quo fratres, modo a capitulo conventuali determinato, examinent fidelitatem suam erga missionem apostolicam conventus et vitam regularem, atque aliquam paenitentiam faciant. Hac occasione superior exhortationem circa vitam spiritualem et religiosam necnon opportunas admonitiones et correctiones facere potest" (LCO N° 7, II). Dans certains lieux, le "colloque" mensuel, prescrit par LCO n° 7, I, n'est pas tenu. Cependant l'expérience des dernières années montre la nécessité de fortifier la pratique du dialogue fraternel en vue de la fidélité de la communauté à ses engagements apostoliques et aux observances communes.


Il est nécessaire que les réunions communautaires retrouvent les valeurs qu'elles ont perdues. Nos réunions communautaires devraient être une occasion pour examiner les valeurs de nitre vie religieuse et de notre travail apostolique dans une atmosphère de dialogue sincère, de façon que chacun puisse partager ses problèmes et ses expériences à la lumière de la foi et ainsi s'aider mutuellement par des conseils et des encouragements. Pour que cela puisse se réaliser, il est nécessaire que ces réunions aient un authentique caractère religieux et ne tombent pas dans la routine et le formalisme. La réflexion sur la Parole de Dieu et l'oraison peuvent nous aider à comprendre que Dieu est au milieu de nous. Nous devrions aussi respecter la "créativité" des autres communautés, mais sans jamais laisser ces réunions à l'improvisation. L'Ordre, en tant que tel, pourrait considérer l'opportunité de publier des NORMES qui aideraient à la célébration de ces réunions.

Pour beaucoup, la correction fraternelle peut sembler un relent de l'ancien chapitre des coulpes. Il faut une grande délicatesse. Il est dit de saint Dominique que, lorsqu'il parlait avec quelqu'un, "ses paroles étaient si douces" que ce qu'il disait était accepté "avec patience et avidité".

Si nous vivons ensemble en communauté, nous sommes responsables les uns des autres. Combien de problèmes arrivent à un point critique parce que nous avons négligé l'aide fraternelle ou parce que nous l'avons apportée quand il était trop tard! Mais pouvons-nous négliger d'offrir notre aide à un frère ou à une soeur qui a un besoin urgent d'une assistance particulière?

Un autre aspect: la nécessité des visites canoniques. Dans beaucoup de Provinces elles sont devenues une pure formalité. Cependant, ne pas les faire convenablement nuit à la qualité de notre vie. C'est une erreur de les omettre. Les ordonnances de nos Constitutions sur ce point renferment une grande sagesse. Les Provinces où les visites canoniques se sont faites avec sérieux trouvent un bénéfice pour la vie de leurs religieux.

4. Le témoignage de nos vies. Les voeux

Nous voulons que nos vies soient un témoignage du Règne et que nos voeux soient des actes publics de consécration. S'il en est ainsi notre conduite doit témoigner d'une telle consécration. C'est ce que les fidèles attendent de nous. Cependant, ne décevons-nous pas leurs espérances par la façon dont nous vivons l'obéissance, la pauvreté et la chasteté? Permettez-moi les réflexions suivantes sur quelques aspects particuliers de nos voeux.

Obéissance.

L'obéissance consiste à écouter Dieu qui nous parle directement ou à travers les autres. Obéissance signifie aussi écoute de la communauté et fidélité aux chemins communautaires vers la sainteté. Cela est d'une particulière application aujourd'hui. Quand l'un de nous prêche, c'est la communauté qui prêche. Ainsi, par exemple, quand nous adoptons une attitude en matière de justice ou de moralité, cette attitude devrait être examinée devant la communauté. Combien de dommages - et de scandales - pourraient être évités aux fidèles si nous soumettions à l'examen de la communauté nos idées sur des problèmes conflictuels. Nous, les dominicains, nous louons nos prophètes. Les plus grands d'entre eux furent ceux dont la prédication et le travail naquirent en communauté et furent appuyés par la communauté. Je me réfère à Antonio de Montesinos et à Las Casas. Les prophètes aussi doivent se soumettre à l'obéissance.

Un autre aspect de l'obéissance qui appelle notre réflexion actuelle est notre attitude devant les observances de la communauté. Combien facilement nous mettons-nous à part et nous dispensons-nous des exercices de la communauté, de telle façon qu'imperceptiblement nous devenons des marginaux dans la communauté. Dans certains cas, quelle volonté suivons-nous, celle de Dieu ou la nôtre?

Pauvreté.

Nous avons fait profession de pauvreté, mais paradoxalement, nous jouissons d'une sécurité que n'a pas la grande majorité des gens. La préoccupation de notre sécurité pourrait facilement nous éloigner du travail apostolique. Je le constate en plusieurs endroits. Je pense que l'insistance de Dominique pour vivre en dépendance était intimement liée à son désir de liberté apostolique. Pour nous, dominicains, il existe une connexion entre les voeux et la prédication. Les voeux nous donnent la liberté de prêcher; ils authentifient notre prédication.

Dans son discours au Conseil généralice extraordinaire de mai 1970, le P. Aniceto Fernandez disait: "La pauvreté est un thème dont on parle beaucoup, mais, dans la pratique, même dans la vie privée, il n'existe pas de signes de pauvreté, ni dans les vêtements, ni dans la nourriture, ni dans le logement ou dans l'usage des transports, ou dans les voyages ou autres choses complètement superflues". S'est-il produit un changement dans les années suivantes?

Aujourd'hui nous pouvons être facilement victimes du phénomène universel, qui est lié à la société de consommation. Cela nous impose à tous l'obligation d'être responsables.

Il faut nous demander constamment comment nous usons des choses matérielles: quel témoignage donnons-nous dans nos édifices, notre table, nos vêtements, nos loisirs, nos vacances? Il est aussi nécessaire d'aider ceux qui administrent les biens de la communauté, et eux, de leur côté, doivent être conscients que l'argent qu'ils administrent n'est pas le leur, sinon celui de tous, devant lesquels ils doivent en répondre.

Chasteté.

Pour beaucoup, c'est le témoignage le plus important de notre vie religieuse. Une fois de plus, notre conduite doit être en consonnance avec notre consécration. Tout ce qui est licite n'est pas toujours opportun.

Un aspect de cette consécration que je voudrais aborder est le suivant. Tandis que le sanctuaire le plus intime de nos coeurs est voué à Dieu, nous expérimentons d'autres nécessités. Dieu nous a faits de telle façon qu'une partie importante de notre vie est accessible aux autres et nécessaire aux autres. Tous nous avons besoin d'expérimenter l'intérêt authentique des autres membres de la communauté, leur affection, leur estime et leur amitié. Quelqu'un pourra dire que Dieu suffit, mais, avec raison il a été dit que Dieu nous a faits de telle façon que nous avons aussi besoin d'autre chose, en plus de la prière et du renoncement. Nous avons besoin d'air, d'aliments, de sommeil, d'éducation; mais par dessus tout d'amour. A quel moment de notre pérégrination terrestre cessons-nous d'être humains? La vie ensemble signifie partager ensemble le pain de nos esprits et de nos coeurs* Quand le religieux ne trouve pas tout cela en communauté, il va le chercher autre part.

5. Prise de décision

Notre responsabilité mutuelle nous mène à accepter la responsabilité de notre communauté. Tous nous sommes responsables de la marche harmonieuse de la communauté et ce sentiment de responsabilité sera d'autant plus profond que nous nous engagerons à fond dans les prises de décisions.

Les Constitutions nous offrent un certain nombre de structures pour faciliter la prise de décision: les Chapitres généraux et provinciaux, le conseil et le chapitre de la maison. Mais aucun d'eux n'arrivera à un projet ou à une mission commune s'il n'est employé d'une façon adaptée.

On n'insistera jamais assez sur la nécessité de célébrer les rencontres régulières de la communauté, qui contribuent à créer la conscience collective d'une communauté et qui conduisent au "consensus". Dans ce processus collectif, le prieur est le premier parmi des égaux. Nous devons toujours tenir présente la différence entre la démocratie civile et la nôtre. Dans les démocraties civiles, le pouvoir émane du vote de la majorité absolue et un vote peut déterminer une décision. Dans le système démocratique dominicain, notre but est d'obtenir un seul esprit et un seul coeur, afin d'atteindre un consensus le plus ample possible, ce qui est un témoignage de beaucoup plus de poids que la majorité absolue. "Nous efforcer pour l'unanimité", disait le P. de Couesnongle, "quoiqu'on n'y réussisse pas toujours, c'est une garantie sûre de la présence de l'Esprit Saint et, en conséquence, c'est un chemin plus sûr pour découvrir la volonté de Dieu". En même temps, il m'a dit que "les frères qui ont atteint une maturité religieuse expérimentent la communauté comme unique - et parfois comme contradictoire - centre de jugement et de décisions". Dominique avait la capacité de ne pas être d'accord avec les autres et de permettre aux autres de ne pas être d'accord avec lui.

Nos chapitres conventuels seraient inutiles si nous les considérions comme de simples réunions légalistes ou comme un lieu de discussion. Nous pouvons dépasser cela si nous commençons ces rencontres comme une prière, en esprit de réflexion et d'ouverture à l'Esprit. En second lieu, comme faisant partie de cette réflexion silencieuse et de la prière, nous pouvons prendre le temps de reconnaître nos défauts en face de la vie de communauté.

Beaucoup de choses peuvent militer contre ce processus: l'individualisme exagéré, l'apathie et la crainte qui peut accompagner la prise de décision. D'autre part, nous devons préparer ces réunions avec les informations voulues; également donnons-nous le temps suffisant pour les terminer. En dernier lieu, nous devons avoir la force d'accepter l'obéissance que nous imposent les décisions communautaires.

Autre point: la disponibilité pour accepter des responsabilités à l'intérieur de la communauté. Existe presque partout le refus d'accepter des postes de responsabilité. L'élection à un office particulier ne doit jamais être refusé, à moins de très graves raisons. De notre côté, quand nous élisons quelqu'un, nous devons l'aider.

6. Construction de la communauté

Chaque communauté doit trouver un rythme d'observance qui tienne compte des changements de nos besoins et de nos ministères, en n'oubliant jamais que nous sommes voués aux nécessités des autres.

L'unité du coeur nous pousse à vivre unis, même si nous avons des opinions et des attitudes diverses. Une communauté où tous sont d'accord n'existe pas. Il est nécessaire d'avoir une compréhension mutuelle, une tolérance et disposition pour nous supporter mutuellement. Il y en a qui sont disposés à vivre seulement avec leurs amis; il y a des communautés qui excluent des personnes de mentalité ou d'attitudes différentes. Que resterait-il de la vie religieuse si nous choisissions avec qui vivre? Cela n'est même pas chrétien.

Ensuite il y a le problème de la récréation, personnelle et communautaire. Parlant au monde du travail Jean-Paul il disait: "La Sainte Ecriture, comme elle enseigne la nécessité du travail, enseigne aussi la nécessité du repos". Et dans une lettre aux membres de sa Province, un Provincial demande: "Dans quelle mesure la télévision affecte-t-elle la qualité du temps que nous passons ensemble et comment se vivrait la fraternité sans elle? N'avons-nous pas perdu, peut-être, quelque chose de très important durant la période de rénovation? Concrètement, pourquoi beaucoup d'entre nous rencontrent leurs expériences de fraternité hors et non dans la communauté? Insistons-nous trop sur le côté apostolique de nos vies au détriment de notre vie fraternelle, et à quel prix pour l'apostolat?"

Enfin, nous devons nous efforcer de construire des communautés d'espérance. Si nous prêchons la miséricorde, nous devons pouvoir recevoir la miséricorde et nous manifester une miséricorde mutuelle et donner un témoignage de l'espérance qui nous habite. Les paroles de Paul VI dans Evangelica Testificatio sont toujours source d'inspiration pour nos vies: "Imparfaits, certes, comme tout chrétien, vous entendez pourtant constituer un milieu qui contribue au progrès spirituel de chacun de ses membres. Comment y parvenir sinon en approfondissant dans le Seigneur vos rapports, même les plus ordinaires, avec chacun de vos frères? La charité, ne l'oublions pas, doit être comme une espérance active de ce que les autres peuvent devenir avec l'aide de notre soutien fraternel. Le signe de sa vérité se trouve dans la simplicité heureuse avec laquelle tous s'efforcent de comprendre ce qui tient à coeur à chacun. Si certains religieux paraissent comme éteints par leur vie de communauté, qui devrait au contraire les épanouir, n'est-ce pas faute d'y trouver cette sympathie compréhensive qui nourrit l'espérance? Nul doute que l'esprit d'équipe, les rapports d'amitié et d'entr'aide fraternelle dans un même apostolat, ainsi que le soutien mutuel d'une communauté de vie choisie pour un meilleur service du Christ, ne soient dans ce cheminement quotidien de précieux adjuvants". (n° 39). (Roma, 25.11.88).

 

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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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