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Dominicans of Canada

cornerLa formation des frères

Lettre du maître de l'Ordre. Rome, 4 décembre 1992

fr. Damian Byrne, O.P.

Damian Byrne, O.P.À chacun de ses niveaux, la formation revêt une importance capitale pour le bien-être de l'Ordre et de chaque religieux. Sa valeur même et sa complexité n'expliquent-elles pas la diversité de nos opinions à son sujet, probablement aussi nombreuses que les Dominicains eux-mêmes ?

Cependant, on peut s'arrêter à un certain nombre de vérités qu'on doit souligner à propos de la formation et sur lesquelles il faut réfléchir.

1. La formation doit se poursuivre tout le long de notre vie religieuse. Plusieurs pensent qu'elle se termine avec la profession solennelle ou bien l'ordination presbytérale. On a tendance à la confondre avec les études institutionnelles plutôt que de la concevoir comme un mode de vie.

2. Conséquemment, chaque étape de la formation doit retenir notre attention. La formation initiale ne présente qu'une partie de ce processus avec, bien sflr, son propre rôle unique et crucial.

3. Si nous voulons faire de la formation une réalité à chaque instant de notre vie, nous avons besoin de structures adéquates qui permettent aux frères dé vivre leur vie religieuse dans la présente conjoncture. Ce qui suppose la définition précise des différentes étapes de la formation ainsi que la volonté de "déterminer, selon les nécessités régionales et les forces disponibles, les objectifs prioritaires du ministère des frères" (LCO 106, 3).

Qu'est-ce que la formation ?

La formation vise quatre éléments de base: l'humain, le religieux, l'intellectuel et le pastoral. Ces éléments doivent se retrouver dans chaque étape de la formation, sans empêcher l'un ou l'autre de prédominer ici ou là. Puisque l'un ou l'autre des éléments de la formation peut éventuellement s'imposer au point d'éliminer les autres, nous devons en conclure que ce ne sont pas seulement les idées qui produisent le changement.

"On ne peut affirmer que seule l'expérience constitue la norme de vérité. Mais il est primordial de réaliser la valeur de nos expériences et aussi la place de nos sentiments et de nos émotions dans la recherche de la vérité sur nous-mêmes, sur les autres et sur Dieu" (Rapport du Maître de l'Ordre au Chapitre général de Oakland, p. 112 du texte latin).

La formation permanente représente une démarche de tous les jours qui nous permet d'approfondir notre connaissance de nous-mêmes, des autres et de Dieu. Sommes-nous convaincus de la valeur d'une formation de tous les jours ? Les Chapitres généraux et provinciaux nous le rappellent souvent, et avec insistance. Pouvons-nous affirmer que les résultats correspondent à leurs préoccupations ?

La valeur de la formation institutionnelle

Lors de mes visites à l'Ordre, c'est de la formation institutionnelle ou initiale que j'ai le plus souvent traité. On oppose parfois les programmes actuels de formation à ceux d'autrefois. De façon positive ou négative. Mais, en réalité, il n'existe aucun modèle parfait pour chaque époque.

D'abord nous devons désirer des vocations et les accueillir. Nos maisons doivent être prêtes à recevoir des jeunes qui nous considèrent comme des hommes de foi, au service les uns des autres au long de notre pèlerinage, également au service de tous les humains. Ces jeunes doivent aussi constater que nous sommes des hommes d'espoir dans le futur de l'Ordre et dans son rôle à l'intérieur de l'Eglise. Nous répondrons à leurs aspirations seulement si nous respectons les orientations des récents Chapitres généraux. Les religieux que nous sommes doivent être perçus comme des gens qui croient au pouvoir de la grâce sur nos défauts humains et à la présence de l'Esprit dans notre vie de tous les jours.

En second lieu, il nous faut absolument assurer les conditions nécessaires à la formation institutionnelle. La tâche de la formation doit être considérée comme prioritaire et non comme découlant d'une autre responsabilité de la communauté. Les besoins des religieux en formation doivent prédominer sur ceux de la communauté dans la prière et le travail. De plus, les jeunes ont besoin d'accompagnateurs dans leurs expériences. On ne pourra jamais trop insister sur ce point lorsque nos Provinces vivent de profonds conflits de génération. Par ailleurs, il n'est pas bon de traiter les jeunes en formation comme des poissons en aquarium qu'on examine sous tous les angles. En fait, on doit encourager la création de maisons communes de formation dans un pays ou une région où les vocations se font rares. De même, "les structures de la communauté de formation, tout en étant suffisamment claires et fermes, laisseront une large place aux initiatives et aux décisions responsables" (Directives sur la formation dans les Instituts religieux, no. 15).

Enfin, nous devons respecter le cheminement des jeunes et ne pas exiger d'eux le degré de développement ou de conviction 0ù nous sommes nous-mêmes rendus. "La raison essentielle en est de ne pas multiplier les problèmes au cours d'une étape de formation où les équilibres fondamentaux de la personne doivent se mettre en place" (Directives, no. 47). Face à l'apostolat, aux pauvres, aux signes extérieurs, comme l'habit, par exemple, il nous arrive d'exiger des jeunes la même attitude que nous avons nous-mêmes après plusieurs années de vie religieuse. On doit traiter ces jeunes en toute liberté et discernement pour leur permettre de fleurir et de choisir. On doit aussi les écouter. Dans son encyclique Centesimus annus (ler mai 1991), le Pape Jean-Paul II fait remarquer:

"Le patrimoine des valeurs transmises et acquises est toujours soumis à la contestation par les jeunes. Contester, il est vrai, ne signifie pas nécessairement détruire ou refuser a priori, mais cela veut dire surtout, mettre à l'épreuve dans sa propre vie et, par une telle vérification essentielle, rendre ces valeurs plus vivantes, plus actuelles et plus personnelles, en distinguant dans la tradition ce qui est valable de ce qui est faux ou erroné, ou des formes vieillies qui peuvent être remplacées par d'autres plus appropriées à l'époque présente" (no. 50).

Notre rôle consiste à accompagner les jeûnes et à les soutenir dans leur volonté d'être des disciples de Jésus Christ et de saint Dominique. Il n'est pas indiqué de les dominer, non plus que d'essayer d'en faire nos disciples.

Nos Constitutions déterminent clairement que le Prieur provincial demeure l'autorité ultime dans l'admission des candidats à l'Ordre, dans leur acceptation à la profession ainsi que dans leur présentation aux Ordres sacrés. Dans cette tâche le Provincial est assisté par le comité d'examen des candidats, par les différents conseils de formation. Les pouvoirs confiés au comité d'examen, aux conseils et aux chapitres locaux, en ce qui concerne le refus de certains candidats, doivent s'exercer, rappelons-le, d'une façon très responsable. D'où, en particulier, il faut évaluer attentivement ce qui est le meilleur pour le candidat et pour l'Ordre; et aussi porter un jugement réaliste et non arbitraire.

Le personnage-clé de la formation est celui que nous appelons maître. L'Ordre reste infiniment reconnaissant à ceux qui acceptent de jouer ce rôle précieux et difficile. Leur tache se complique lorsque l'on ne comprend pas les exigences actuelles de l'Église et de l'Ordre face à la formation. A ce sujet une maîtresse des novices m'écrit:

"J'ai connu bien des jours pénibles, accompagnés de sublimes aperçus sur le suave travail de Dieu dans les âmes. J'ai beaucoup appris, spécialement à apprécier davantage le caractère unique de chaque personne".

Puissions-nous apprécier le poids de la tache confiée à nos formateurs en même temps que le caractère unique de chacune des créatures de Dieu. Peut-être serions-nous alors moins négatifs les uns envers les autres.

Enfin, nous devons penser à l'influence de notre vie religieuse sur les jeunes. Par exemple, peuvent-ils voir une différence entre religieux et prêtres diocésains ? Vont-ils percevoir qu'un prêtre religieux se considère comme engagé d'abord dans sa profession religieuse et les exigences de la vie communautaire ?

Les exigences de la formation religieuse

J'aimerais vous soumettre quelques réflexions sur les quatre étapes de la formation: la période du pré-noviciat, le noviciat et la première profession religieuse, les années de studentat, enfin la formation permanente.

1. Le pré-noviciat

Plusieurs Provinces ont organisé cette étape de la formation. En 1990, les Directives affirmaient explicitement qu'il s'agissait là de la première étape de la formation et reprenaient ce qu'affirmait Renovationis causam:

" La plupart de difficultés rencontrées de nos jours dans la formation des novices proviennent du fait que ceux-ci ne possèdent pas, au moment de leur admission au noviciat, la maturité nécessaire" (nQ 42).

Les Directives continuent à rappeler les exigences de l'Eglise pour:

- un degré suffisant de maturité humaine et chrétienne;

- une base de culture générale qui corresponde au niveau "d'un jeune qui a achevé une scolarité normale dans le pays". On y ajoute la nécessité de comprendre facilement "le langage en usage au cours du noviciat";

- une affectivité équilibrée, spécialement sur le plan sexuel;

- la capacité de vivre en communauté sous l'autorité de supérieurs dans un institut donné.

Ce programme peut-il se réaliser en trois mois, en six mois ?

Même les candidats les plus équilibrés doivent expérimenter la vie chrétienne en communauté. Les directeurs de la formation affirment souvent que les candidats agés ont, plus que les jeunes, le besoin de faire l'expérience d'un pré-noviciat.

Le pré-noviciat peut poursuivre un autre but non négligeable: permettre au candidat de se situer par rapport aux diverses options qui s'offrent à lui et, pour celui qui considère l'option dominicaine, de bien se renseigner sur la priorité de notre mission de prêcheurs.

Il faut choisir attentivement le lieu du pré-noviciat.

Autant que faire se peut, on doit le situer dans un lieu qui aidera le directeur à orienter le candidat vers la vie religieuse. Conséquemment, le pré-noviciat ne devrait pas être, autant que possible, dans une maison religieuse. Il n'est pas la vie religieuse, et ce serait injuste et imprudent de contraindre les candidats à vivre une telle vie sans la formation requise et sans un engagement précis.

Dans un endroit à part, il pourra mieux comprendre la nature de la vie chrétienne du pré-noviciat; pendant que les candidats s'entraîneront à une nécessaire autonomie face à leurs deux familles: la naturelle et la religieuse.

S'il était permis d'appliquer à cette période du pré-noviciat les quatre caractères de la vie religieuse - humain, religieux, intellectuel, pastoral - j'insisterais ici sur les aspects humain et chrétien plus que sur l'aspect religieux. Également sur la nécessité d'atteindre le niveau culturel des jeunes du troisième palier de l'éducation, plus l'ouverture é l' apostolat de l'Ordre . Enfin sur l'aide à apporter aux candidats dans une meilleure connaissance d'eux-mêmes, de leurs forces et de leurs faiblesses.

2. Le noviciat

Sous bien des aspects, voici la plus importante année de formation, celle où le candidat décide de sa vocation, autant qu'il est possible.

Les Directives du Saint-Siège sont claires sur la nature de cette année. C'est un temps de retraite, et non d'insertion, qui doit être vécu comme une expérience de solitude. Plusieurs jeunes sont intéressés à l'Ordre par le désir de prêcher l'Évangile et par l'amour de l'étude. Mais, à moins d'être enraciné dans une pratique soutenue de la prière, communautaire et personnelle, un tel idéal peut bien ne pas suffire à vaincre les difficultés de la vie religieuse. Nous devons développer cette passion de Dieu qui nous empêche de devenir de purs rhéteurs.

"Les novices ont en effet besoin de s'exercer à la pratique de l'oraison prolongée, de la solitude et du silence. Pour tout cela le facteur temps est un facteur déterminant. Ils peuvent éprouver un plus grand besoin de "revenir" du monde que "d'aller" au monde, et ce besoin n'est pas uniquement subjectif. C'est pourquoi le temps et le lieu du noviciat seront organisés de telle sorte que les novices puissent y trouver un climat propice à un enracinement en profondeur dans la vie avec le Christ. Ce qui ne s'obtient qu'à partir du détachement de soi, de tout ce qui dans le monde résiste à Dieu, et même de ces valeurs du monde "qui méritent indiscutablement l'estime". En conséquence, il est tout à fait déconseillé d'accomplir le temps du noviciat en communautés insérées. Comme il est dit au no. 28, les exigences de la formation doivent prévaloir sur certains avantages apostoliques de l'insertion en milieu pauvre" ( Directives, no. 50).

Nous devons maintenant réfléchir sur un phénomène particulier, celui des religieux qui ont vécu un noviciat selon les Directives en question et qui ont quitté la vie religieuse peu après leur profession. Il est des frères qui croient en un excès de mystique dans la conception spirituelle du noviciat. On en arriverait à "porter" trop facilement le candidat au long de l'année et à le couper en quelque sorte de ses responsabilités, envers lui-même, envers la communauté, envers l'avenir. Ils suggèrent la nécessité d'une plus grande insertion dans le monde et ses problèmes, ainsi que la prise en charge par chacun, de ses responsabilités.

Personnellement, j'estime que c'est là la tâche du pré-noviciat, et non du noviciat. A moins de clarifier de façon définitive les différents rôles du noviciat et du pré-noviciat, la discussion va se poursuivre sans qu'on arrive jamais à une conclusion. Les frères en formation vont souffrir à court terme, et l'ordre va souffrir à long terme.

Nous devons rechercher l'unité dans notre conception de la formation, autant pour le bien des jeunes en formation que pour l'avenir de l'ordre.

La plupart des autres points mentionnés dans les Directives sont respectés dans nos noviciats. Mais on n'a pas suffisamment clarifié le rôle du noviciat dans l'aide à apporter au candidat pour vérifier sa capacité à vivre seul avec Dieu, unique source de notre espoir d'atteindre à l'intégrité et à la complétude. C'est pourquoi je pense qu'on doit insister pour présenter le noviciat comme une certaine expérience du désert. D'où l'élément religieux de la formation deviendra primordial. On ne négligera pas l'engagement dans l'apostolat, mais sans jamais lui laisser prendre le dessus.

Un autre point des Directives doit retenir notre attention (no. 47). Il s'agit de la "célébration de la liturgie selon l'esprit et le caractère de l'Institut". J'ai visité des noviciats où l'office n'est pas récité en entier parce que la communauté ne peut le faire ou bien parce que ce n'est pas l'usage de la Province.

J'estime qu'un novice doit partager l'héritage de l'Eglise et de l'ordre dans l'office intégral et les dévotions telles que le rosaire. Ces prières sont centrées sur la personne du Christ et sur l'Ecriture.

3. Les années d'étude - Le studentat

L'élément intellectuel de la formation recevra un traitement privilégié durant les années que le candidat passera au studium. Etant donné que ma lettre à l'Ordre du mois de mai 1991 traite des études, il suffira ici de souligner quelques points particuliers.

1. Autant que possible, on doit poursuivre les études institutionnelles dans son propre milieu culturel.

2. Ce qui signifie parfois qu'on étudiera dans une institution non dominicaine. Auquel cas il est indiqué que des religieux plus expérimentés accompagnent les étudiants.

3. Par ailleurs, il faut envisager la possibilité de réunir certaines entités, au moins pour une partie des études.

4. Il faut insister sur le rôle de la communauté comme une active Sancta praedicatio, afin que les étudiants puissent saisir le lien réel qui doit exister entre étude et prédication. Ils doivent aussi comprendre le besoin, dans l'Eglise, de prédicateurs spécialisés, qui prêchent avec une autorité particulière et qui, dans un certain sens, jouent le même rôle que l'évêque pour déterminer la foi dans l'Eglise.

Le processus de maturité de l'étudiant s'accentuera dans la participation à l'Eucharistie avec prédication quotidienne et à travers les autres éléments de la formation.

On doit attirer l'attention sur l'engagement dans la fraternité et le célibat. Le religieux renonce à toute relation exclusive entre deux personnes et assure les exigences de la continence totale et du célibat. (cf. Canon 599).

Dans ma lettre sur la vie commune, je présentais des réflexions sur l'obéissance, la chasteté et la pauvreté, telles qu'elles se présentent de nos jours. Je me contenterai donc ici d'un mot sur le célibat. Il y a plusieurs années, un certain fr. Sellmair rappelait par écrit aux directeurs des étudiants l'obligation qu'ils ont de former leurs sujets à la vie de célibat:

"Quelle que soit l'honnêteté de ses intentions, et quelle que soit la rectitude de sa volonté, (l'étudiant) peut rencontrer, plus tard dans la vie, un être qui touche en lui des cordes jusque là muettes, met en branle des forces qu'il se sent incapable de contrôler et qui ne peuvent être maîtrisées que par les seuls moyens naturels. Celui qui est chargé de la formation du prêtre et qui ne signale pas ces dangers à ses candidats, encourt de graves responsabilités, â moins qu'il ne soit bien ignorant de la nature humaine".

Une bonne sauvegarde du célibat repose sur la vie de communauté, où se nourrit la vie de prière, où l'amitié et la camaraderie permettent au frère d'apprendre que les difficultés font partie de la vie et qu'on ne doit pas se laisser abattre par elles. Si un frère ne peut trouver cette amitié à l'intérieur de la communauté, il la cherchera au dehors. Et, s'il la trouve au dehors, il s'isolera encore davantage de *la communauté et pourra ainsi se retrouver, dans la "spirale" de la solitude.

Les premières assignations et les frères figés

Il existe encore deux étapes dans notre vie sur lesquelles il faut réfléchir. Il s'agit des premières années de ministère et, plus tard, du moment "où le frère âgé ne peut plus prêcher" (RGF, nQ9). Autant les jeunes que les vieux doivent se trouver à l'aise dans nos communautés et se sentir encore utiles. Dans ma lettre de mai 1990, j'ai déjà traité des problèmes que les jeunes religieux affrontent lors de leurs premières assignations. De plus, j'ai l'intention de préparer, pour le prochain Chapitre général, une étude sur le soin de nos frères âgés.

4. La formation permanente

"Si l'on ne suit pas la marche du temps, on est en retard; et une personne en retard devient dépassée dans son travail, ce qui entraîne un inévitable mécontentement."

Ces mots du Pape Jean-Paul II ne nous suggèrent-ils pas deux raisons en faveur de la formation permanente ? Le besoin de pouvoir remplir notre rôle dans l'Eglise, faute de quoi nous courons, non seulement vers l'incompétence, mais aussi vers la
tristesse et le mécontentement ?

Il en est peu parmi nous qui se rappellent encore tout ce qui nous restait à apprendre lors de nos premières assignations. Par ailleurs, plusieurs d'entre nous ont eu peur de se renouveler intellectuellement, spirituellement et psychologiquement. La vie communautaire constitue l'endroit où se continue la formation à la sortie du studentat. "La Parole de Dieu qui habite en nous, les études que nous poursuivons, les hommes et les femmes que nous rencontrons, les diverses mentalités qui nous interrogent, les lieux et les événements où nous sommes plongés nous invitent à poursuivre notre formation permanente" (RFG, no. 12). Plusieurs commentaires, que nous recevons de la Ratio Formationis Generalis, soulignent le besoin de normes précises à ce sujet. (cf. Oakland, p. 113 du texte latin).

"Tout au long de leur vie, les religieux doivent poursuivre soigneusement leur formation spirituelle, doctrinale et pratique. D'un autre côté, les supérieurs doivent leur assurer et les ressources et le temps nécessaire" (CIC; 661).

"Tous les Instituts religieux ont donc le devoir de programmer et de réaliser un plan approprié de formation permanente pour tous leurs membres. Un programme qui ne vise pas seulement à la formation de l'intelligence, mais à celle de la personne toute entière, en premier lieu dans sa dimension spirituelle, afin que tous les religieux et toutes les religieuses puissent vivre leur propre consécration à Dieu, dans la mission spécifique qui leur a été confiée par l'Eglise" Jean-Paul II aux religieux du Brésil, 1986, no. 6 ".

Il se peut que des normes précises soient ici moins nécessaires qu'une nouvelle approche. Bien sûr, les théologiens et les autres penseurs doivent éclairer la question. Mais plus importante encore est probablement notre propre contribution en la matière, celle de la discussion entre nous de nos expériences et de nos difficultés ainsi que ciel le de la volonté de partager notre foi les uns avec les autres.

Lorsque l'occasion s'en présente, nous devons nous regrouper - frères, soeurs et lacs - dans la même ville ou la même région, afin d'apprendre la véritable ouverture aux autres, les besoins des autres, leurs aspirations et leurs craintes.

Dans un document publié par le Comité des évêques américains, de la vie et du ministère du prêtre, voici ce qu'on déclare à propos de la morale des prêtres:

"En dépit de l'enseignement précis de l' Eglise, il faut bien reconnaître que l'accablement de certains prêtres provient de l'absence de discussion sur les solutions à la crise du sacerdoce. Egalement du manque à explorer toutes les solutions et les options possibles. Leur tristesse procède donc de l'intense conviction, chez les prêtres, que certaines avenues possibles d'amélioration n'ont pas été considérées ni discutées. On cite souvent, par exemple, la possibilité d'ordonner des hommes mariés, de recourir de façon effective à des prêtres laïcisés, ainsi que de confier aux femmes des tâches accrues dans le ministère."

On ne doit pas avoir peur d'aborder de telles questions. Si l'on ne pouvait en discutez entre nous, ce serait là signe de crainte plus que d'obéissance, puisque la véritable obéissance suppose l'écoute.

Des rencontres sur de: tels sujets devraient aussi nous amener à un renouvellement de la prédication et, dans le cas des prêtres, à un meilleur exercice du sacrement de pénitence. Dans une lettre à ses frères dominicains réunis en chapitre à Toulouse en 1303, le Pape Benoît XI insistait sur la pratique de l'étude, de la prédication et de l'écoute des confessions. Des centaines d'années plus tard, cette recommandation est toujours pertinente. Ensemble nous pouvons nous aider les uns les autres à être de meilleurs prêcheurs, de meilleurs confesseurs et de meilleurs étudiants.

La formation permanente ne doit pas être perçue uniquement comme l'acquisition d'un nouveau savoir, ou d'une compétence additionnelle dans l'exercice d'un apostolat personnel, mais comme la chance de participer d'une nouvelle manière à l'apostolat de la Province celui qui a terminé ses études institutionnelles depuis plusieurs années peut trouver pénible de retrouver l'habitude de l'étude. Aussi en voit-on souvent qui se découragent. Cependant le défi de la lutte avec de nouvelles idées sera plus facilement assumé si on le considère comme une plus sérieuse participation aux projets de l'Ordre. Nous devons faire confiance aux dons de tout un chacun. Et les supérieurs peuvent découvrir que certains frères ont à donner plus qu'eux-mêmes l'avaient imaginé.

Je renouvelle mon insistance sur l'année sabbatique. Sans hésitation je puis affirmer que les Provinces ou les Vicariats qui ont encouragé les frères à suivre des programmes dans ce sens, sont les plus vivants de l'Ordre. Dans cette ligne, les aspirations des frères sont différentes. Certains éprouvent des besoins plus spirituels que purement intellectuels. Beaucoup parmi nous redoutent les exigences du renouveau ainsi que leur capacité d'affronter une année sabbatique. Ayez confiance en vous-mêmes; vous ne voyagez pas seuls.

 

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St. Mary's Parish:
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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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