PROVINCE SainT DOMINIQUE

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Dominicans of Canada

cornerConstitutions primitives de l'Ordre des Prêcheurs (1216-1236)

 

PRÉAMBULE

L'année de l'Incarnation du Seigneur 1228, les douze prieurs provinciaux, chacun d'entre eux accompagné de deux définiteurs que lui avait députés le chapitre de sa province, se réunirent avec frère Jourdain, le maître de notre ordre, dans la maison de Saint-Jacques à Paris. A ces représentants, tous les frères avaient à l'unanimité transmis la puissance issue de leur vote et concédé pouvoir plénier pour que tout ce qu'ils établiraient en constituant, abrogeant, modifiant, ajoutant, diminuant, demeurât désormais ferme et stable, sans qu'il fût permis à aucun chapitre de quelque autorité qu'il fût de rien changer aux statuts qu'ils auraient décidé d'établir pour une durée perpétuelle. Les susdits prieurs, donc, associés à leurs définiteurs, après avoir invoqué la grâce du Saint-Esprit et fait une soigneuse enquête, éditèrent dans la concorde et l'unanimité un certain nombre de constitutions en vue de l'utilité, de la dignité et de la conservation de l'ordre et s'occupèrent de les insérer en leur place au milieu des autres constitutions. Parmi ces textes il en est qu'on doit observer selon leur volonté d'une manière inviolable, immuable et perpétuelle : il s'agit de l'interdiction absolue de recevoir des propriétés et des revenus, de l'exclusion des appels, de la règle qui veut que les frères définiteurs ne puissent en rien porter préjudice aux prieurs provinciaux par leurs définitions, ni les prieurs aux frères. Il en est d'autres dont ils ont voulu fixer l'immutabilité de telle sorte que seul un chapitre analogue à celui-ci pourrait selon l'époque y changer quelque chose, pour répondre à quelques nouveaux débats, statuts, accidents ou affaires incidentes : il s'agit de la règle d'établissement des constitutions par l'approbation de trois chapitres généraux, des interdictions d'aller à cheval, de porter de l'argent, de manger de la viande sauf le cas de maladie; ces règles sont d'ailleurs établies de telle manière qu'il est loisible au supérieur d'en dispenser en fonction du temps et du lieu.

Commencement des coutumes des frères prêcheurs.

PROLOGUE

1. Puisque la règle nous fait précepte de n'avoir qu'un coeur et qu'une âme dans le Seigneur, il est juste que vivant sous la même règle, liés par les voeux de la même profession, nous nous trouvions également unanimes dans l'observance de notre religion canoniale, en sorte que l'unité que nous devons conserver dans nos coeurs soit réchauffée et représentée au-dehors par l'uniformité de nos moeurs. Or il est bien certain qu'on pourra pratiquer cette observance et la conserver en mémoire avec plus d'à-propos et de plénitude si l'on confie à l'écriture ce qu'il convient de faire, si chacun peut apprendre par le témoignage d'un texte la façon dont il doit vivre, si nul n'a la permission de changer, d'ajouter, de retrancher quoi que ce soit par propre volonté. Car il nous faudrait craindre, « si nous négligions les moindres détails, une déchéance progressive » [Eccli. XIX, 1].

2. Sur ce point cependant que le supérieur ait en son couvent pouvoir de dispenser les frères chaque fois qu'il l'estimera convenable, principalement en ce qui paraîtrait faire obstacle à l'étude, à la prédication, ou au bien des âmes, puisqu'on sait que notre ordre, dès le début, a spécialement été institué pour la prédication et le salut des âmes et que notre étude doit tendre par principe, avec ardeur et de toutes nos forces à nous rendre capables d'être utiles à l'âme du prochain.

3. Donc, afin de pourvoir à l'unité et à la paix de l'ordre tout entier, nous avons rédigé soigneusement ce livre que nous nommons le livre des coutumes. Nous y avons établi deux distinctions, La première distinction contient : comment les frères doivent se conduire de jour dans le monastère; comment faire de nuit; comment font les novices; les malades; ceux qui subissent la saignée; enfin : du silence et : des coulpes. Deuxième distinction : des chapitres provinciaux et généraux; de l'étude; de la prédication. A chacune de ces distinctions nous avons assigné des titres propres de chapitres, que nous allons transcrire afin que le lecteur puisse sans difficulté découvrir ce qu'il pourrait chercher.

Des matines. Du chapitre et de prime. De la Messe et des autres heures. Du repas et des aliments. De la collation et des complies. Des malades et des frères saignés. Des novices et du silence. Du vêtement. De la rasure. Des coulpes.

PREMIÈRE DISTINCTION

Des matines.

I. Dès qu'ils entendent le signal les frères se lèvent, récitant les matines de la bienheureuse Vierge, selon le temps. Ayant achevé ces matines, les frères en arrivant au choeur font une inclination profonde devant l'autel. Arrivés à leur stalle, ils disent au signal du supérieur, à genoux ou en inclination, selon le temps, 'Pater noster' et ` Credo in Deum'; puis sur un nouveau signal du prieur se lèvent. Ayant ainsi commencé dévotement cette heure, ils s'arment du signe de la croix en faisant face à l'autel et font en chceur l'inclination profonde au ` Gloria Patri', ou la prostration selon le temps, jusqu'au ` Sicut erat'. C'est ce que l'on doit faire chaque fois que l'on dit ` Pater noster' et ' Credo in Deum', sauf à la messe, avant les leçons et aux grâces. Il faut encore procéder de la sorte à la première collecte de la messe et à la postcommunion; et de même à l'oraison pour l'Eglise, à l'oraison de chacune des heures et au ' Gloria Parti' qui se fait au début. A tous les autres ' Gloria Patri ', aux derniers versets des hymnes et à l'avant dernier verset du cantique ' Benedictus ' nous faisons l'inclination moyenne; de même quand on chante le ' Gloria in exclesis Deo ', à ' Suscipe deprecationem nostram ' et, au ' Credo' de la messe, à ' homo factus est '; de même aux bénédictions des leçons; de même au chapitre, à l'oraison ' Sancta Maria' et à toute oraison quand on prononce le nom de la bienheureuse Vierge. L'heure étant commencée de la sorte, l'on se tourne en choeur à partir du 'Gloria' qui suit le ' Venite '. Ensuite, l'un des chceurs s'assied pour le premier psaume; puis se lève pour le deuxième, tandis que l'autre choeur s'assied. Ils alternent ainsi jusqu'au ' Laudate Dominum de ccelis '. Ainsi fait-on à toutes les heures.

On tient le chapitre à la fin des matines; parfois, après prime; parfois même on l'omet, pour ne pas gêner les études, au jugement du supérieur.

Du chapitre et de prime.

II. Lorsque la communauté entre au chapitre, le lecteur annonce la lune et lit ce qu'on doit lire du calendrier. Puis le prêtre enchaîne ' Pretiosa ', etc. Les frères s'assoient alors et le lecteur récite la leçon des Institutions ou de l'Evangile, selon le temps, disant auparavant ' Jube Domine'; sur quoi l'hebdomadaire donne la bénédiction ' Regularibus disciplinis ' ou ' Divinum auxilium ', selon le temps. Après l'absoute des défunts, celui qui préside le chapitre dit ' Benedicite' et tous, répondant ' Dominus', font l'inclination. Après les suffrages et la récitation de ' Retribuere dignare ' etc. par le prieur et des psaumes ' Ad te levavi ' et ' De profundis ', du ' Kyrie eleison ' et du ' Pater noster ' par le couvent, l'hebdomadaire ajoute les trois versets ' Oremus pro Domino Papa', ' Salvos fac servos tuos ', ' Requiescant in pace ', avec les trois oraisons ' Omnipotens sempiterne Deus qui facis ', ' Pretende ', ' Fidelium Deus'. Les frères s'assoient. Si le supérieur juge nécessaire de dire quelque chose pour l'avancement ou la correction des frères, il peut le fairè alors brièvement. Sur quoi les novices sortent. Après leur sortie, celui qui préside dit ' Faciant venias qui se reos aestimant '. Aussitôt, ceux qui se reconnaissent en faute font la ' venia' en prostration. Puis, se relevant, ils confessent avec humilité leur coulpe. Et ceux dont la coulpe est digne d'une correction se préparent à recevoir celle que leur donne le prieur lui-même, ou tel à qui le prieur en donne l'ordre. Au chapitre les frères ne doivent parler que pour deux raisons : soit pour dire avec simplicité leurs coulpes, ou celles des autres; soit pour répondre aux questions de leurs supérieurs. Nul ne doit proclamer personne sur un simple soupçon. Quand le supérieur prescrit une oraison commune, tous font l'inclination. Ainsi font tous ceux à qui le prieur enjoint de faire ou de dire quelque chose. Mais s'il enjoint quelque obédience, office, ou ministère, que le destinataire reçoive ce qu'on lui enjoint en faisant la prostration avec humilité.

Après l'audition des coulpes on dit le psaume ' Laudate dominum omnes gentes ' avec le verset 'Ostende nobis Domine' et ' Dominus vobiscum ', et la collecte ' Actiones nostras ', etc. A la fin le prieur dit ' Adjutorium nostrum', etc., et le chapitre s'achève de la sorte.

III. Les femmes ne doivent jamais pénétrer dans le Cloître, les officines et l'oratoire, sauf au jour de la consécration de l'Eglise. Le jour du Vendredi saint elles pourront entrer dans le choeur jusqu'à l'heure de l'office. Mais c'est dans l'église des laïcs ou dans un autre lieu de l'extérieur, déterminé d'avance, que le prieur leur parlera de Dieu et des réalités spirituelles.

De la messe et des autres heures.

IV. Nos frères doivent rester ensemble pour entendre les matines, la messe et toutes les heures canoniales; et de même pour prendre leur repas, à moins que le supérieur veuille en dispenser quelques-uns. Toutes les heures doivent être récitées à l'église de façon brève et stricte, de telle manière que les frères ne perdent pas la dévotion et que cependant leurs études n'en souffrent aucunement. Voici comment nous disons qu'il faut faire : on observera un rythme au milieu du verset avec une pause, sans prolonger la voix à la pause non plus qu'à la fin du verset; mais bien comme on a dit, qu'on termine de façon brève et stricte. Ce qu'on observera plus ou moins selon le temps liturgique.

Des repas et des aliments.

V. De Pâques à la fête de la Sainte Croix, les frères ont deux repas, sauf pour les Rogations, les vendredis, la vigile de la Pentecôte, les jeûnes des quatre-temps, les vigiles de Jean-Baptiste, de Pierre et de Paul, de Jacques et de Laurent, de l'Assomption de sainte Marie, et de Barthélemy.

VI. De la fête de la Sainte Croix jusqu'à Pâques, nous observons un jeûne continu et nous ne mangeons qu'après none, excepté les dimanches. Durant tout l'Avent, le Carême, les Quatre-Temps, les vigiles de l'Ascension, de la Pentecôte, de saint jean, de Pierre et. Paul, de Matthieu, de Symon et de Jude, de la Toussaint et d'André apôtre et enfin tous les vendredis - à moins que Noël ne tombe un tel jour - nous n'usons que des aliments de carême. A moins également que l'on n'accorde à quelqu'un une dispense à cause de son travail ou que l'on ne soit en un lieu où l'on mangerait autrement, ou qu'il n'y ait une fête majeure. Ceux qui voyagent cependant peuvent manger deux fois, sauf pendant l'Avent3 et à l'exception des jeûnes principaux institués par l'Eglise.

VII, 1. A une heure convenable avant le dîner (prandium) ou le souper (ccena) le sacristain sonne quelques coups sur la cloche extérieure (campana) pour que les frères ne tardent pas à venir au repas. Puis l'on sonne le signal intérieur (cymbalum) si le dîner est prêt; sinon, on attend pour cela qu'il le soit. Après l'ablution des mains le prieur sonne la clochette (nola) du réfectoire et les frères entrent. Après leur entrée le versiculaire dit ' Benedicite '; le couvent poursuit la bénédiction et l'on dîne. Cependant les servants commencent par les rangs inférieurs, en remontant vers la table du prieur. Nul des frères présents au couvent ne peut s'absenter de la première table, sauf permission, à l'exception des servants et des surveillants. Tous ceux qui restent doivent manger à la seconde table, en sorte qu'il ne soit pas nécessaire d'en faire une troisième. On ne doit faire pour les servants ni les cuisiniers aucun plat supplémentaire' (pictantia), que la communauté ne recevrait pas, à moins qu'il ne s'agisse de malades ou de frères saignés. Les prieurs mangent au réfectoire et se contentent des aliments du couvent. Ainsi pour les infirmiers, les hôteliers, les cuisiniers et autres frères, à moins que, pour quelque raison, le prieur n'en ait dispensé l'un ou l'autre, leur permettant de manger parfois en dehors du couvent. S'il arrivait aux prieurs d'être malades, qu'on les soigne à l'infirmerie avec les autres frères. Un frère n'a pas le droit d'envoyer à un autre son plat supplémentaire, à l'exception du prieur; on peut le donner seulement à son voisin de droite ou de gauche.

2. Dans chacune de nos maisons, il ne doit avoir que deux endroits où mangent les débiles et les malades, l'un pour la viande, l'autre pour les autres aliments, à moins de nécessité évidente ou de maladie urgente. De même, que les autres frères ne mangent que dans le réfectoire ou dans la maison des hôtes.

VIII. Que tous nos plats soient sans viande dans nos couvents. Mais il est permis à nos frères de manger hors du couvent des plats cuits avec de la viande, pour ne pas être à charge à leurs hôtes. Dans les localités où nous avons un couvent, nos frères, les prieurs comme les autres, ne doivent pas se permettre de manger hors du cloître, si ce n'est avec l'évêque ou dans les maisons religieuses, et ceci rarement. Chaque jour, s'il est possible, les frères ont deux plats cuits; le prieur peut ajouter quelque supplément s'il le juge nécessaire et si l'on en a le moyen. Si quelqu'un voit son voisin manquer d'un aliment commun, il doit le réclamer au ré f ectorier ou au servant. Si quelqu'un de ceux qui servent ou de ceux qui mangent fait une faute dans son service ou dans sa réfection, il fait la venia lorsque les frères se lèvent et regagne sa place au signal du supérieur. Quiconque veut boire hors de l'heure des repas en demande la permission au supérieur et reçoit un socius.

De la collation et de complies.

IX. En temps de jeûne, le sacristain donne à l'heure convenable, le signal de la collation. Lorsque les frères se sont réunis en communauté, le lecteur, sur un signal du prieur, avant de lire, prononce `Jube Domine' et la bénédiction suit : ` Noctem quietam,' etc. Durant la leçon les frères peuvent boire, au signal du prieur, lorsque le lecteur a dit ` Benedicte' et que l'hebdomadaire a donné la bénédiction ` Largitor omnium bonorum ', etc. A la fin de la leçon, le supérieur dit ` Adjutorium nostrum', etc. Alors les frères entrent en silence à l'église. Durant l'autre temps, la leçon d'avant complies se lit à l'église : ' Fratres sobrii estote '. On fait la confession; on dit les complies; le supérieur donne la bénédiction et l'hebdomadaire fait l'aspersion de l'eau bénite. Puis on récite ' Pater noster ' et ' Credo in Deum'. Ce qu'on doit faire également avant prime et avant matines.

X. Nos frères ne doivent, pas dormir sur des sommiers, à moins que d'aventure ils ne puissent obtenir un lit de paille pour dormir, ou quelque chose d'équivalent. Ils dorment avec leur tunique et leurs chausses, la ceinture serrée. Il leur est permis de dormir sur un lit de paille, un sac de laine ou une paillasse.

Des malades et des frères saignés.

XI, 1. Le supérieur doit se garder de négliger les malades. Il faut les traiter en effet de telle sorte qu'ils se rétablissent au plus vite, ainsi que dit notre père Augustin. Certains d'entre eux peuvent manger de la viande, dans la mesure où l'exige la gravité de leur maladie, à l'appréciation du supérieur. 2. Mais si quelqu'un souffre de telle maladie qu'il n'en est guère affaibli ni troublé dans son appétit - enflure, coupure aux membres ou quelque chose de semblable - il ne doit ni coucher sur un sommier, ni rompre les jeûnes accoutumés, ni manger d'autres aliments que ceux du réfectoire; il étudie ou travaille manuellement selon les ordres du supérieur.
XII. La saignée se fait quatre fois l'an. La première en septembre; la seconde après Noël; la troisième après Pâques; la quatrième aux environs de la fête de Jean-Baptiste. Hors de ces saignées nul ne doit se faire saigner, à moins que le prieur, dans sa discrétion, juge pour quelque raison qu'il faille faire autrement. Quand cela peut se faire commodément, que les frères saignés mangent hors du réfectoire, mais en silence, et qu'on leur procure des mets plus agréables si les moyens de la maison le permettent. L'on ne doit pas manger de viande pour raison de saignée.

Des novices.

XIII. Le prieur confie les novices pour leur éducation à un maître attentif, qui les instruit dans la vie régulière et les stimule à l'église; s'efforce de tout son pouvoir à les corriger par la parole ou par le geste partout où ils se montrent négligents; enfin, autant qu'il peut, leur procure le nécessaire, Il peut leur infliger une pénitence ou les proclamer dans leur chapitre propre au sujet de leurs négligences publiques, lorsqu'ils en demandent pardon devant lui.

Il enseigne l'humilité du coeur et du corps et s'efforce d'éduquer sur ce point les novices, selon cette parole : « Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur » [Matth. xi, 29]. Il [leur] apprend à se confesser fréquemment avec sincérité et discernement; à vivre sans propriété, à abandonner [leur] volonté propre, à pratiquer en toutes choses une obéissance volontaire à l'égard de la volonté de [leur] supérieur; il leur apprend comment se conduire en toute sorte de lieu et en toute affaire, comment tenir la place où on les aura mis, comment faire l'inclination à qui leur donne ou leur enlève quelque chose, à qui leur parle bien ou mal; quelle attitude réservée ils doivent garder dans les lieux, en conservant les yeux baissés; quelle prière dire et comment la faire silencieusement pour que le bruit ne gêne pas les autres. A demander pardon en quelque lieu qu'ils reçoivent une réprimande du supérieur, à ne point se permettre de discuter avec qui que ce soit; enfin à obéir en toutes choses à leur maître; à faire attention de bien suivre le compagnon qui marche à leur côté dans la procession sous le cloître; à ne point parler dans les lieux et dans les moments défendus; à dire Benedictus Deus quand on leur donne quelque vêtement en faisant l'inclination profonde; à ne juger profondément personne, mais s'ils voient faire quelque chose qui leur paraisse mal, qu'ils se demandent si cela ne serait pas bon, ou. fait du moins dans une intention bonne; car le jugement de l'homme se laisse souvent égarer. Il leur montre comment faire la venia au chapitre, ou partout où ils recevraient une réprimande; à recevoir fréquemment la discipline; à ne parler d'un absent que pour en dire du bien; à boire à deux mains et assis. Avec quel soin ménager les livres et les vêtements et les autres biens du monastère. Quelle application ils doivent avoir à l'étude, en sorte que de jour et de nuit, à la maison et en voyage, ils soient toujours occupés à lire ou à méditer quelque chose, s'efforçant de retenir par coeur tout ce qui leur est possible. Quelle ferveur ils devront avoir dans la prédication quand le temps en sera venu.

XIV, 1. Les postulants qui viennent à nous sont. conduits au chapitre au temps déterminé par la discrétion du supérieur ou de quelques anciens. A leur arrivée, ils se prosternent au milieu du chapitre. Au supérieur qui leur demande ce qu'ils cherchent, ils répondent ` Dei et vestram misericordiam'. Ils se relèvent sur l'ordre du supérieur qui leur expose la rigueur de l'ordre et leur demande de dire leur volonté. S'ils répondent qu'ils veulent tout observer et renoncer au monde, il dit après le reste ` Dominus qui ccepit ipse perficiat'. Et le couvent répond `Amen'. Ils déposent alors leurs vêtements séculiers et, par la réception de l'habit religieux, sont reçus au chapitre dans notre société. Cependant avant qu'ils ne promettent la stabilité et la vie commune et ne fassent voeu d'obéissance au supérieur et à ses successeurs, on leur assigne un temps de probation .

2. Nul ne doit être reçu sans qu on ne lui demande s'il n'est pas marié, esclave, endetté, lié par une autre profession religieuse, ou souffrant d'une infirmité cachée. S'il est d'une autre famille religieuse, on ne le reçoit pas dans notre ordre, à moins qu'il ne soit accepté par le chapitre provincial ou général. On n'admet pas de cisterciens, sauf permission spéciale du seigneur pape. Que le prieur conventuel ne reçoive personne, ni comme convers ni comme chanoine, sans avoir demandé et obtenu le consentement de tout le chapitre ou tout au moins de sa majorité.

3. Nul n'est reçu avant .18 ans accomplis. 4. En tout couvent trois frères compétents sont élus en commun par le conseil du couvent pour examiner avec soin la conduite et l'instruction des postulants. Ils transmettent au prieur et au chapitre les résultats de l'examen laissant à leur jugement de décider s'ils doivent être reçus.

XV, 1. Nous statuons un temps de probation de 6 mois, ou davantage à l'appréciation du supérieur, pour que le postulant éprouve les austérités de l'ordre et les frères les moeurs du postulant; à moins que tel postulant mûr et de bon jugement veuille renoncer à la susdite probation et s'offre avec instance à faire profession. 2. Les novices ont à se libérer de leurs dettes avant la profession et à déposer ce qui leur reste aux pieds [Act. iv, 35] du prieur pour s'en défaire totalement. 3. Item nul ne peut se voir garantir l'usage de certains livres et n'a le droit de s'indigner contre quiconque les lui enlève ou les reçoit en garde.

XVI, 1. Voici la manière de faire profession. « Moi, fr... je fais profession et je promets à Dieu et à la bienheureuse Marie obéissance, et à toi, N., maître de l'ordre des Prêcheurs, et à tes successeurs, selon la règle du bienheureux Augustin et les institutions de frères de l'ordre des Prêcheurs, que je te serai obéissant ainsi qu'à tes successeurs jusqu'à la mort. » Mais quand on la fait à un autre prieur, quel qu'il soit, il faut la faire de la sorte : « Moi, fr..., je fais profession et je promets à Dieu et à la bienheureuse Marie obéissance, et à toi, N., prieur de tel lieu, qui tiens la place du maître de l'ordre des Prêcheurs et de ses successeurs, selon la règle du bienheureux Augustin et les institutions des frères de l'ordre des Prêcheurs, que je te serai obéissant ainsi qu'à tes successeurs jusqu'à la mort. »

2. Les novices se formeront avec zèle durant leur temps de probation à la psalmodie et à l'office divin. 3. On recevra leur confession avant la profession et on les instruira avec soin de la façon de se confesser et du reste. 4. Les novices n'assistent pas au chapitre et ne couchent pas au dortoir avec les autres frères, quand on peut respecter commodément cette règle. Mais le maître des novices entend leurs coulpes hors du chapitre, forme leur moralité avec autant de soin qu'il peut et les corrige avec charité. 5. Pendant une année, les novices, tant les clercs que les laïcs, ne doivent pas être envoyés en pays lointain, sauf cas de nécessité, ni chargés de quelque office. On n'aliénera pas leurs vêtements et on ne les ordonnera pas avant la profession.

Du silence.

XVII, 1. Nos frères gardent le silence dans le cloître, le dortoir, les cellules, le réfectoire et l'oratoire des frères, sauf peutêtre pour dire quelque chose sans bruit et sans faire une phrase achevée. Ailleurs les frères peuvent parler par permission spéciale.

2. A table cependant, au dedans comme au dehors, les frères gardent toujours le silence, aussi bien les prieurs que les autres, à l'exception du principal d'entre eux, ou d'un autre à qui le principal aurait commis le soin de parler à sa place; et dans ce cas celui-ci doit se taire. Si quelqu'un rompt délibérément le silence ou donne permission de parler, il ne boira que de l'eau durant un dîner en présence de tous, sans dispense possible. Il recevra de même une discipline au chapitre. 3. Les malades couchés cependant sont exemptés de ces prescriptions.

Les malades non couchés gardent le silence depuis le repas de midi jusqu'aux vêpres. De même, également, à partir du signal qu'on donne après les complies. Les frères saignés observent la même règle après le premier jour de la saignée. 4. Voici les pénitences des infractions au silence : pour la première fois, Miserere mei et Pater noster; et aussi pour la seconde fois; pour la troisième on reçoit la discipline; de même aussi pour la quatrième, de même pour la cinquième, pour la sixième. Mais pour la septième, un jour d'abstinence au pain et à l'eau, assis au bas de la table, et ceci au dîner et non pas au souper. On ne compte pas au-delà de sept fois, mais on recommence à compter au début. Tout ce qu'on vient de dire s'entend entre deux chapitres, de telle sorte qu'on recommence à compter les infractions à partir d'un chapitre jusqu'à l'autre. On peut recevoir les disciplines en particulier, ou bien après les complies avec les autres frères. S'il reste quelque chose à recevoir lors du chapitre, c'est là qu'on le reçoit.

XVIII. Si quelqu'un scandalise son frère de quelque façon, il demeurera couché, prosterné à ses pieds, jusqu'à ce que l'autre, apaisé, le relève.

Des vêtements.

XIX. Nos frères portent des vêtements de laine non rasée partout où l'on peut observer cette règle. Quand on ne peut l'observer ils se servent d'étoffes vulgaires. Qu'on observe particulièrement la pauvreté dans les chapes. On ne porte pas d'eff ets de lin directement sur la peau.

Pas même les malades. On doit écarter de nos infirmeries tous les effets de lin.

Et pas plus de trois tuniques avec une peau de mouton, en hiver, ou quatre sans la peau, qu'on porte toujours couverte de la tunique. Nos frères ne doivent pas se servir de pelisses en fourrure, ni de couverture de quelque peau que ce soit. Il suffit que les tuniques descendent jusqu'au cou de pied. La chape doit être plus courte qu'elles, et de même la peau de mouton. Il suffit que nos scapulaires descendent jusqu'à couvrir les genoux. Nous avons des chausses et des chaussons selon qu'il est nécessaire et que nos moyens le permettent. Nous n'avons ni guêtres ni gants.

De la rasure.

XX. La partie supérieure de la rasure ne doit pas être trop réduite, comme il convient à des religieux : il faut qu'entre elle et les oreilles il n'y ait pas plus de trois doigts. La taille se fait à la hauteur du dessus de l'oreille. Rasure et taille se font aux termes suivants : ter à Noël; 20 à mi-temps entre Noël et la Purification; 3e à la Purification; 4° entre la Purification et Pâques; 5e le jour de la cène du Seigneur; 6e entre Pâques et la Pentecôte; 7° à la Pentecôte; 8e entre la Pentecôte et la fête de Pierre et Paul; 9° à cette fête; 10° à la fête de sainte Marie Madeleine; 11e à l'Assomption de sainte Marie; 12e à sa Nativité; 13e à la fête de saint Denys; 14° à la fête de la Toussaint; 15e à la fête du bienheureux André.

Des coulpes.

XXI. Voici les coulpes légères. 1. Ne pas se hâter promptement d'abandonner toute occupation dès que le signal est donné et différer de se préparer à venir à l'église quand il le faut, en bon ordre et d'un pas tranquille, comme il est marqué dans la règle, alors qu'on se trouve dans l'enceinte du monastère ou dans son voisinage. 2. Ne pas accomplir avec une attention soigneuse la lecture ou le chant dont on a la charge. 3. Troubler le chorur en entonnant mal le répons ou l'antienne. 4. Ne pas s'humilier sur-le-champ devant tous quand on a fait une faute au chœur en lisant ou chantant de travers. 5. Omettre de se joindre à la communauté à l'heure où l'on devrait. 6. Y causer quelque désordre ou dérangement. 7. Ne pas venir à table ou à la messe avec les autres. 8. S'absenter de la rasure commune. 9. Causer quelque dérangement au dortoir. 10. S'attarder hors du cloître, quand on en est sorti avec la permission. 11. Laisser tomber par négligence le corporal, les linges qui servent à porter le calice ou à envelopper la patène, l'étole ou le manipule. 12. Ne pas ranger ses vêtements et ses livres au lieu prévu, avec décence et en bon ordre, ou les traiter avec négligence. 13. Briser ou perdre quelque ustensile. 14. Répandre quelque boisson. 15. Laisser manquer par négligence le livre dans lequel on doit lire au réfectoire, au chapitre ou à la collation. 16. Quand on est lecteur désigné pour la table, négliger la bénédiction, dire ou lire quelque chose qui scandalise les frères. 17. Faire un geste répréhensible ou se faire remarquer. 18. Prendre une boisson ou un aliment sans bénédiction.

19. Parler avec des parents ou des messagers qui viennent d'arriver, pour en écouter les nouvelles, à l'insu et sans la permission du supérieur. 20. Dormir au cours, dans les études. 21. Lire des livres interdits. 22. Déranger les professeurs ou les auditeurs. 23. En allant en prédication parler de choses vaines, ou en faire. 24. Rire de façon dissolue et s'efforcer d'exciter le rire chez les autres par des éclats de rire, des jeux, des paroles ou des actes. 25. Erre encore absent au Gloria du premier psaume et ne pas en faire réparation au degré de l'autel.

26. Manquer par négligence le début du chapitre aux vigiles de l'Annonciation et de Noël, où l'on doit rendre grâce et de cceur et de corps au Seigneur Rédempteur, tandis que l'on proclame les commencements de notre rédemption. 27. Lorsque l'on est au chceur, manifester de la légèreté d'esprit en laissant divaguer ses regards et en faisant des mouvements peu religieux et mal à propos, au lieu de s'appliquer à l'office divin. 28. Ne pas prévoir ses leçons pour le moment prescrit. 29. Ne pas exécuter un précepte commun et se permettre de chanter ou de lire autre chose que ce qu'établit le consentement général. 30. Rire au chceur ou faire rire autrui. 31. Ne pas venir au chapitre ou à la collation, être absent du repas commun, 32. Négliger, quoi que ce soit possible, de prendre la bénédiction à l'heure même où l'on arrive de voyage, ou sortir du monastère sans l'avoir demandée, quand il ne s'agit pas d'aller dans le voisinage mais de séjourner au dehors plus d'une nuit. 33. Se permettre de proclamer le même jour celui qui vous a proclamé, comme pour se venger. 34. Faire un jugement téméraire en proclamant quelqu'un. 35. Faire un serment pour nier ou pour affirmer quelque chose comme on a coutume de le faire en parlant. 36. Tenir des propos malpropres, ou dire des futilités, ou, ce qui est plus grave, en avoir l'habitude. 37. Toute négligence qu'on pourrait découvrir à l'égard de leur office chez ceux qu'on a députés à quelqu'un d'entre eux : les prieurs en gardant leur couvent, les maîtres en enseignant, les étudiants en étudiant, les scribes en copiant, les chantres dans leur office, les procureurs en procurant les biens extérieurs, le frère linger en fournissant, en conservant, en réparant les vêtements, le garde-malade en gardant les malades, en subvenant à leurs besoins, en faisant le nécessaire auprès des morts, et tous les autres dans leur office, selon la charge qu'ils ont reçue. 38. Z habitude de laisser errer ses regards sur des spectacles futiles, tandis qu'on va par les chemins et les localités. 39. Prendre pour soi les vêtements et autres objets donnés ou concédés à un frère, sans la permission de ce frère. 40. Etre absent au moment prescrit pour entendre les cours avec les autres. 41. On infligera pour pénitence à ceux qu'on aura proclamés pour ces fautes et qui en demanderont pardon un psaume ou deux, ou une discipline avec psaume, ou davantage encore, selon que le supérieur le croira indiqué.

XXII. C'est un coulpe grave : 1. de se disputer avec autrui en présence des séculiers. 2. D'avoir des querelles entre frères, au-dedans comme au-dehors. 3. Fixer vilainement son regard, quand on arrive dans un lieu où se trouvent des femmes, si du moins on se le permet comme une habitude. 4. Se laisser prendre à dire un mensonge calculé. 5. Avoir l'habitude de ne point respecter le silence. 6. Défendre sa faute, ou celle d'autrui. 7. Semer la discorde entre frères. 8. Se laisser prendre à prononcer par malice des menaces, des malédictions ou des paroles déréglées et peu religieuses contre celui qui vous a proclamé ou contre toute autre personne. 9. Dire une injure à quelqu'un des frères. 10. Reprocher une faute passée à un frère qui l a réparée. 11. Etre convaincu de médisance et de diffamation. 12. Vomir par malice des méchancetés contre les pères et les frères dans leur propre maison, sans qu'on puisse les prouver par le témoignage de ses frères. 13. Aller à cheval sans permission ni nécessité grave, ou manger de la viande, ou parler seul avec une femme pour autre chose que la confession, l'utilité ou l'honnêteté, ou rompre sans cause ni permission les jeûnes coutumiers. 14. Pour toutes ces coulpes et pour d'autres semblables, on donne pour pénitence à ceux qui en demandent pardon sans être proclamés trois corrections au chapitre et trois jours au pain et à l'eau. S'il y a proclamation, on ajoutera une correction et un jour de pénitence. Du reste on infligera des psaumes et des réparations selon la qualité des coulpes, à la discrétion du recteur. 15. Sont dignes de la même peine ceux qui, envoyés en mission, se permettent de revenir sans la permission du prieur, ou s'attardent au-delà du terme qu'on leur a fixé. 16. Si quelqu'un murmure sur la nourriture, le vêtement ou tout autre chose, il supportera la même punition et sera privé pendant 40 jours du genre de nourriture, de boisson ou de vêtement pour lequel il a murmuré.

XXIII. C'est une coulpe plus grave : 1. de s'établir en état de désobéissance à l'égard de son supérieur, par contumace ou par rébellion manifeste, ou d'oser s'opposer effrontément à lui au-dedans comme au-dehors; 2. de donner des coups; 3. de commettre un crime capital. 4. Si quelqu'un est proclamé et convaincu, qu'il se lève spontanément, demande pardon et dévoile en gémissant la monstruosité de son forfait. Puis, s'étant mis à nu pour recevoir une condamnation digne de ses démérites, qu'il soit battu autant que le supérieur décide qu'il le soit. Puis on lui fera précepte de s'établir dans l'état de pénitence dû aux coulpes plus graves. C'est-à-dire, qu'il sera le dernier de tous dans la communauté partout où sont les frères, car celui qui n'a pas craint de devenir membre du diable en commettant sa faute doit être banni pour un temps de la société des brebis du Seigneur afin qu'il se repente. Au réfectoire également, il ne s'assiéra pas avec les autres à la table commune, mais il mangera au milieu du réfectoire, sur une table nue, et on lui fournira à part un pain plus grossier et comme boisson de l'eau, à moins que le supérieur ne lui destine quelque supplément. Les restes de son repas ne seront pas mélangés à ceux des autres, pour qu'il se rende compte qu'il est si complètement banni de la société des hommes qu'il est privé aussi de celle des anges, s'il n'y revient par la pénitence. Il viendra devant la porte de l'église aux heures canoniales et aux grâces après le repas, tandis que les frères passeront il restera prosterné sur le sol à l'entrée comme à la sortie. Nul n'osera se joindre à lui, ni lui faire dire quelque chose. Le supérieur cependant, pour éviter qu'il ne tombe dans le désespoir, enverra près de lui des anciens pour qu'ils l'excitent à la pénitence, le poussent à la patience, le réchauffent par la compassion, l'exhortent à la satisfaction, l'aident par leur intercession s'ils aperçoivent en lui l'humilité du cceur. Tout le couvent les aidera par la prière. Le supérieur de son côté ne refusera pas d'exercer envers lui la miséricorde. Si cela semble nécessaire, il viendra de nouveau au pied de chacun recevoir une correction, devant le supérieur d'abord, puis devant chacun de ceux qui sont assis de part et d'autre. Aussi longtemps que le coupable demeurera en pénitence, il ne communiera pas et ne viendra pas recevoir le baiser de paix. S'il est prédicateur, il n'exercera pas le ministère de la prédication. On ne lui assignera aucun office à l'église, on ne lui confiera aucune obédience tant qu'il n'aura pas totalement satisfait. S'il est prêtre, ou diacre, il ne remplira plus cet office, à moins que, dans la suite, il ne manifeste une conduite vraiment religieuse.

5. On infligera la même pénitence à qui accepterait un objet qu'on n'a pas le droit d'accepter; 6. ou s'approprierait un objet qu'on lui a confié, acte que le bienheureux Augustin a décidé qu'on devait condamner comme un vol. 7. De même à celui qui tomberait dans le péché charnel, faute qui doit être, à notre jugement, plus gravement punie que les autres. 8. Si quelque frère commet une telle faute à l'extérieur du monastère, le frère qui l'accompagne s'efforcera d'en avertir au plus vite le supérieur afin qu'il le corrige. Après correction, le coupable ne retournera plus désormais au lieu où il a commis cette faute, à moins que sa conduite ultérieure ne soit si religieuse que le chapitre, général ou provincial, estime qu'il y peut retourner. Si le péché est demeuré occulte, après une enquête secrète, on lui fera faire pénitence selon le temps et la personne. 9. Si quelque frère pèche et veut se confesser en secret à un frère qui l'a appris d'ailleurs, celui-ci ne recevra la confession qu'à la condition de pouvoir proclamer le coupable quand le moment sera venu. Ceux qui se dressent ouvertement contre le prieur ou leurs supérieurs, par conspiration, conjuration, ou accord de malice, feront la pénitence susdite, tiendront jusqu'à la fin de leur vie le dernier rang dans leur catégorie, n'auront voix au chapitre que pour s'accuser dans les proclamations et ne pourront se voir confier aucune obédience, 10. Mais si quelques frères inspirés par la vérité et non par la malice apercevaient en leur prélat quelque chose qu'on ne peut ni ne doit tolérer, qu'ils l'avertissent d'abord entre eux en toute humilité et charité, pour sa correction. S'il néglige ou méprise de se corriger après de fréquentes admonitions, on fera connaître ouvertement l'affaire au prieur provincial, ou aux visiteurs lorsqu'ils viendront à la maison, ou au chapitre général ou provincial. Les inférieurs ne peuvent se permettre d'aucune autre façon d'attaquer leur supérieur.

XXIV, 1. On lancera l'excommunication contre tout frère apostat qui ne reviendra pas dans les quarante jours. S'il revient par pitié pour lui-même, il quittera ses vêtements sous le cloître; puis nu, portant les verges, il viendra au chapitre et prosterné dira sa faute en demandant, pardon. Il restera soumis à la peine de la coulpe plus grave aussi longtemps qu'il plaira au supérieur. Tous les dimanches il se présentera nu au chapitre. Durant ce temps de pénitence il sera partout le dernier dans la communauté et pendant une année jeûnera au pain et à l'eau deux jours par semaine. Quand la pénitence sera terminée il ne reprendra jamais son rang, mais un rang inférieur selon que le jugera le supérieur. S'il fuit une seconde fois et revient de nouveau, il fera pénitence de la même façon et l'on ajoutera une seconde année à la première. Une troisième, s'il part une troisième fois. Une quatrième pour un quatrième départ. En constatant le repentir des frères qui font pénitence pour cette raison, le supérieur pourra cependant se montrer indulgent, ou remettre une partie du temps, selon que sa discrétion le croira ou le jugera bon, envers tous ceux qui l'imploreront au chapitre avec humilité. Mais si l'un d'eux s'est fait ordonner au cours de son apostasie ou s'est permis de célébrer les divins mystères pendant ce temps, après l'excommunication, il sera privé de l'exercice de son office à perpétuité, à moins que, dans la suite, peut-être, il ne se conduise si religieusement qu'il en reçoive dispense par l'autorité du Siège apostolique. 2. De même, celui qui a apostasié, dès la première fois, ou celui qu'on a convaincu de péché de la chair ne prêcheront plus désormais et n'entendront plus les confessions, à moins que le chapitre général ou provincial ne les restitue dans leurs droits.


XXV. La coulpe suprême est l'incorrigibilité de celui qui ne craint pas d'accepter froidement le péché et refuse d'en porter la peine. C'est à son sujet, que notre père Augustin nous prescrit « de le rejeter de [notre] société, même s'il ne se retire pas de lui-même », comme le veut l'Apôtre [Ad Tir. 111, 10], qui nous commande « de nous écarter de celui qui fomente des divisions, après un premier et un second avertissement », lorsqu'il est manifeste qu'il est, incorrigible, « et s'obstine dans un péché qui conduit à la mort » [I Joh. v, 16] « sachant qu'un tel homme est totalement plongé" dans les ténèbres ». Dépouillé de notre habit, revêtu de vêtements séculiers, qu'on le contraigne à sortir, s'il peut encore à cette heure conserver intégralement sa tête et ses facultés. On n'accordera jamais à aucun autre, en quelque occasion que ce soit, la permission de s'en aller, s'il a l'indignité de le désirer, craignant que l'ordre et la discipline canoniale ne deviennent objets de mépris, si l'habit de la religion canoniale se faisait mépriser dans la personne de quelques indignes. De la même façon qu'ils ont rejeté leur profession de leur coeur, qu'ils soient contraints de déposer les insignes de leur profession. Qu'à personne, quelle que soit son importunité, de quelque manière que ce soit, on n'accorde licence de s'en aller d'autre façon.

SECONDE DISTINCTION

Du chapitre provincial.


I, 1. Nous statuons" que chaque année, dans chacun des chapitres provinciaux d'Espagne, de Provence, de France, de Lombardie, de la province Romaine, de Hongrie, de Teutonie, d'Angleterre, quatre frères des plus prudents et des plus capables soient élus par le chapitre provincial. On procédera par voie d'enquête du prieur provincial, du prieur et du sousprieur du lieu où se célèbre le chapitre, ou s'il en manquait un par enquête de deux seulement, de la façon suivante : les trois personnes susdites, ou les deux s'il en manquait une, s'en querront de la volonté de , chacun, un par un, en se tenant légèrement à l'écart dans la même chambre et sous les yeux de tous; ils l'écriront fidèlement et, sur-le-champ, au même lieu, avant que les frères ne s'en aillent ou ne parlent entre eux, ils publieront leur procès-verbal au sein de l'assemblée. L'on tiendra pour définiteurs ceux sur le nom desquels s'est réuni la majorité numérique du chapitre provincial. Si les voix se divisent en parties égales, alors le chapitre élira quelqu'un par le même système d'enquête sur les volontés, et la partie pour laquelle celui-ci se décidera sera tenue pour définiteurs. Si le désaccord persiste, on élira quelqu'un d'autre, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on obtienne une majorité en faveur de l'une des parties.

1a. Nous appelons chapitre provincial les prieurs conventuels, chacun doublé d'un frère élu par son chapitre, et les prédicateurs généraux. Les prédicateurs généraux sont ceux qui ont été approuvés par le chapitre général, ou le prieur provincial avec les définiteurs du chapitre provincial. 2. Les profès pourront assister aux accusations et aux corrections trois ans 16 après leur entrée dans l'ordre.

3. Item : les couvents qui envoient des accusations au chapitre provincial ou général doivent écrire à propos de chacun des articles le nombre et le nom des accusateurs et s'ils accusent sur des faits qu'ils ont vus, ou seulement entendu dire; et que nul n'accuse par ouï-dire, sans dire de qui il le tient; mais que partout on se garde de rapporter aucun mal sur le compte d'autrui, sans dire de qui on le tient.

II. Les définiteurs susdits traiteront toutes les affaires et définiront avec leur prieur provincial. Si dans leur ceuvre de définition ils se divisent en parties égales, la décision de la partie à laquelle s'accorde le prieur provincial prévaut; autrement, la décision de la majorité prévaut.

III. Ces quatre définiteurs entendront et corrigeront au chapitre provincial les transgressions" confessées ou proclamées du prieur provincial, lui infligeant une pénitence. S'il se montrait incorrigible - à Dieu ne plaise - qu'ils le suspendent de son office de prieur iusqu'au chapitre général, en mettant à sa place le prieur du lieu où se célèbre le chapitre provincial, et fassent connaître ses transgressions au chapitre général dans un écrit qu'ils scelleront en commun.

IV, 1. Nous statuons aussi qu'à la mort du prieur provincial, le prieur conventuel du lieu où le chapitre provincial doit être célébré l'année suivante le remplace, en attendant que le nouveau prieur de la province soit élu et confirmé 18. 18. S'il lui arrivait d'être absent, sans qu'il se fît fait remplacer par un autre, le même prieur procéderait à la célébration du chapitre provincial avec les définiteurs. 2. Le prieur provincial, avec ses définiteurs, doit toujours déterminer au chapitre provincial le lieu où se célébrera le chapitre suivant.

Du chapitre général.

V, 1. Nous statuons aussi que, durant deux années, le chapitre des huit susdites provinces élise quelqu'un des plus capables comme définiteur du chapitre général. Le prieur provincial et ces définiteurs assigneront un socius convenable à cet élu, afin que s'il venait entre-temps à décéder ou à se trouver empêché en quelque façon de venir au chapitre général, son socius soit de plein droit considéré comme définiteur à sa place. 2. Nous statuons que les quatre provinces de Jérusalem, de Grèce, de Pologne, de Dacie, aient chaque année des définiteurs en chacun des chapitres généraux. La troisième année les prieurs provinciaux des douze provinces célébreront le chapitre général. 3. Item : nous statuons que les définiteurs du chapitre provincial donnent un socius au prieur provincial en route pour le chapitre général.

VI, 1. Nous statuons et dans la puissance de l'Esprit-Saint et de l'obéissance, sous la menace de l'anathème, nous défendons formellement aux prieurs provinciaux comme aux frères définiteurs de se permettre de causer aux frères définiteurs comme aux provinciaux quelque préjudice que ce soit par leurs définitions. Que s'ils tentaient de le faire, nous défendons à qui que ce soit avec la même rigueur d'oser leur obéir en cela.

2. Et pour éviter la multiplication des constitutions, nous défendons à l'avenir de rien statuer sans le faire approuver par deux chapitres successifs; au troisième chapitre, c'est-à-dire à celui qui suit immédiatement, on pourra confirmer ou annuler cette disposition, qu'il s'agisse de prieurs provinciaux ou d'autres définiteurs et en quelque lieu que se tienne ce troisième chapitre.

VII, 1. Les douze définiteurs, pour les deux premières années, et douze prieurs provinciaux, pour la troisième, s'associeront au maître de l'ordre pour définir, constituer et traiter toutes les affaires. 2. S'il arrivait par occasion au maître d'être absent, les susdits définiteurs procéderaient néanmoins à leur ceuvre de définition. S'ils se divisent en parties égales, la décision prévaut de la partie à laquelle se rallie le maître général. Si les parties sont inégales, la décision de la majorité l'emporte. Si l'adjonction du maître égalise les parties, on élit quelqu'un selon le mode institué pour l'élection des définiteurs provinciaux. 3. Si quelques-uns de ces derniers, empêchés par quelque accident, n'ont pu venir au chapitre, ceux d'entre eux qui ont pu venir traiteront toutes les affaires avec le maître de l'ordre. S'ils ne s'accordent pas tous pour une décision unanime, on observera la forme exposée plus haut.

1. Ces définiteurs ont pleins pouvoirs pour corriger les transgressions du maître de l'ordre et même pour l'écarter radicalement. Et l'on doit observer inviolablement leur décision, en cette affaire comme dans les autres, de telle sorte qu'il ne soit permis à personne d'en appeler. Et si l'on fait appel on doit considérer cet appel comme nul et frivole. 2. Nous interdisons en effet radicalement et sous menace de l'anathème que l'on fasse un appel dans notre ordre, car nous ne sommes pas venus chicaner mais corriger des défaillances.

IX, 1. Les susdits définiteurs corrigeront et redresseront, entre eux et à part, les transgressions du maître.

1a. Si ses transgressions, cependant, sont si grandes qu'il faille l'écarter, ils ne procéderont pas en désordre et sans précision, mais avec la plus grande précaution et par une enquête très attentive. On ne le déposera que pour un crime ou pour tout autre péché criminel qu'on ne pourrait tolérer sans risquer pour l'ordre un grand scandale - à condition également qu'il en soit légitimement convaincu, ou qu'il l'ait confessé – ou s'il est à ce point négligent, inefficace ou relâché qu'il conduise l'ordre à sa ruine et à l'abolition. En ce cas, avant de le déposer, les définiteurs tâcheront de l'amener à abandonner de lui-même sa magistrature et à se choisir un lieu où il pourrait vivre honorablement. 2. Après la mort du maître, ou après son éloignement, les prieurs desdites provinces reçoivent pleinement son pouvoir en toutes choses, jusqu'à l'élection de son successeur, et tous sont tenus de leur obéir comme au maître. Si dans l'intervalle ils se trouvent en désaccord, la décision de la majorité l'emporte. Si les parties sont égales, ils prennent avec eux quelqu'un des frères qui ont voix à l'élection du maître, et la partie avec laquelle le frère s'accorde obtient pouvoir exécutif. Si le désaccord dure encore, on en élit un autre de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on rencontre une majorité en faveur d'une des parties.

3. Nous faisons précepte, dans la puissance de l'Esprit-Saint, que nul n'ait l'audace de rien changer à la constitution de l'ordre avant l'élection du maître.

X, 1. Les susdits prieurs provinciaux des susdites huit provinces, chacun d'entre eux accompagné de deux frères élus par le chapitre provincial, à qui les autres ont remis leur mandat pour l'élection du maître, 1° et les prieurs provinciaux des susdites quatres provinces : c'est-à-dire de Jérusalem, de Grèce, de Pologne, de Dacie, chacun d'entre eux, accompagné du frère qui a été élu pour cette même affaire, viennent au chapitre général. Lorsqu'ils se sont rassemblés, le lundi après la Pentecôte, les prieurs conventuels de la province et les frères présents au lieu où va se faire l'élection les enferment solidement dans une chambre fermant à clef, de telle façon qu'ils n'en puissent aucunement sortir et qu'on ne leur serve aucun aliment, de quelque manière que ce soit, jusqu'à ce que le maître de l'ordre soit élu selon la forme canonique".

2. Et nous faisons ferme précepte d'observer cette règle autant aux électeurs qu'aux gardiens du conclave, en sorte que si quelqu'un avait la présomption d'aller contre, il serait par le fait même excommunié et devrait endurer la peine de la coulpe plus grave.

XI, 1. Voici la forme de l'élection. L'élection se fait par enquête ou scrutin. Après que les électeurs aient été enfermés de la façon susdite, les trois prieurs provinciaux les plus anciens par leur prise d'habit s'enquerront de la volonté de chacun, un à un et légèrement à part, dans la même chambre cependant et sous les yeux de tous. Si tous s'accordent sur quelqu'un à l'unanimité sous l'inspiration de la grâce, on le tiendra pour véritable maître de l'ordre. Si les parties se divisent inégalement, celui qui recueillera plus de la moitié des suffrages de tous ceux qui doivent élire sera le maître en vertu d'une telle élection et de cette constitution. 2. S'il arrivait que l'un ou l'autre des électeurs ne venait pas, néanmoins ceux qui sont présents procéderaient à l'élection. Tout cela se fera de telle manière que le mercredi de la Pentecôte le chapitre ait toujours un maître, ancien ou nouveau, présent ou absent, car sa célébration solennelle commence seulement alors et il ne faut pas qu'on puisse l'accuser d'être privé de tête.

3. Et nous voulons, et nous faisons ferme précepte d'observer sans contradiction toutes les constitutions relatives à l'élection du maître. Quiconque oserait y contredire avec pertinacité ou même se rebeller contre elles, qu'on le tienne pour excommunié, schismatique, ou destructeur de notre ordre. Aussi longtemps qu'il n'aura pas satisfait pour sa faute, qu'il soit radicalement séparé de la communion de tous et soumis à la peine de la coulpe plus grave.

4. Nous statuons que si l'on procède à l'élection du maître dans une année où les prieurs provinciaux font fonction de définiteurs, on admette avec eux, comme définiteur, par chaque province, un des frères électeurs élu à cet effet dans son chapitre provincial 71. 5. Si l'on y procède dans une année de définiteurs, les provinciaux s'associeront aux définiteurs et leur travail de définition se fera en commun. XII. Nous statuons, en outre, que tous les prieurs conventuels avec leur socius, et les prédicateurs généraux de ia province où le chapitre se célèbre viennent cette année-là au chapitre général et ne soient pas tenus, dans cette année-là, à célébrer un autre chapitre.

XII, 1. S'il arrive que le maître meure avant la fête de saint Michel, le prieur conventuel ou provincial qui se trouve le plus rapproché du lieu de décès du maître annonce l'événement avec célérité au couvent de Paris ou de Bologne, à savoir au plus proche d'entre eux. Et le premier de ces deux couvents qui reçoit la nouvelle est tenu de l'annoncer aux autres. Le couvent de Paris aux provinces d'Espagne, de Provence, d'Angleterre, de Teutonie. Le couvent de Bologne est tenu de le signifier au plus vite à la province de Hongrie, et à la province Romaine et, parmi les autres, à celles qu'il peut. Si le maître décède après la fête susdite, on annonce néanmoins son obit afin qu'on puisse cette année-là surseoir au chapitre général. L'année suivante, cependant, le chapitre sera célébré là où l'on devait précédemment le faire.

2. On célèbre le chapitre général une année à Paris, et l'année suivante à Bologne.

XN. Dans la puissance de l'Esprit-Saint et de l'obéissance, nous faisons ferme précepte d'observer ce qui suit : que nul n'ait l'audace de rendre consciemment public devant des étrangers la cause de la déposition du maître ou du prieur provincial, ses transgressions, sa correction, le secret du chapitre, ou les dissensions des définiteurs ou des frères, ce qui pourrait amener des troubles dans l'ordre ou nuire à sa réputation. Si quelqu'un cependant allait délibérément contre cette défense, qu'on le tienne pour excommunié, schismatique et destructeur de notre ordre. Aussi longtemps qu'il n'aura pas satisfait pour sa faute, qu'il soit radicalement séparé de la communion de tous et soumis à la peine de la coulpe plus grave. Nous faisons précepte avec la même rigueur que nul n'ait l'audace de travailler de quelque façon à diviser notre ordre par la parole ou par l'action. S'il le faisait, qu'il soit soumis à la peine susdite.

XV, 1. Nous statuons que les prieurs des provinces ou royaumes, après un examen attentif, soient confirmés ou écartés par le maître de l'ordre et les définiteurs au cours du chapitre général. Quant à leur élection, elle appartient au chapitre provincial. 2. Nous statuons que le maître, agissant tout seul, peut également confirmer le prieur provincial. 3. A la mort ou à la destitution du prieur provincial, on élit deux frères dans chacun des couvents de cette province. Ces frères, unis à leurs prieurs conventuels, procèdent à l'élection du prieur provincial selon la forme exposée plus haut, avec cette exception cependant, qu'il n'y a pas lieu de les enfermer comme on le fait dans l'élection du maître.

4. Item : lorsque le prieur provincial meurt ou se trouve écarté, le prieur qui le remplace est tenu de convoquer les électeurs le plus vite qu'il le peut sans inconvénient pour que l'on élise le prieur provincial et célèbre le chapitre provincial, à moins que ce dernier point ne soit déjà rempli. Si ceux qui doivent élire ne le font pas à ce moment, le droit de pourvoir est transféré au maître. 5. Item : nous statuons que l'élection du prieur provincial • concerne seulement les prieurs conventuels et les deux frères élus dans chaque couvent, après convocation de tous les frères appartenant à ces couvents, si cela peut commodément se faire.

XVI, 1. Le prieur provincial jouit du même pouvoir dans sa province ou royaume que le maître de l'ordre, et ceux de la province lui manifestent les mêmes honneurs qu'ils font au maître de l'ordre, à moins que le maître ne se trouve présent.

2. Item : les prieurs provinciaux doivent veiller à visiter avec grand soin la province qui leur est confiée. D'ailleurs, s'ils n'ont pas la force suffisante pour le faire convenablement, ils peuvent se faire remplacer.

3. Le prieur d'une province ou royaume qui aurait quelques fils aptes à l'enseignement et capables en peu de temps de devenir maîtres régents, aura soin de les envoyer dans un centre d'études. Ceux auxquels il les envoie ne se permettront pas de les employer à autre chose ni de les renvoyer à leur province tant qu'on ne les rappellera pas. 4. Le chapitre provincial se célèbre à la fête de saint Michel au lieu convenu dans la province ou royaume et choisi par le prieur de la province ou royaume sur le conseil des définiteurs. 5. Nul religieux d'un autre ordre ou profession, nul séculier quels que soient sa classe, sa dignité, sa profession ou son mode de vie ne peut être admis de quelque façon que ce soit à participer aux secrets et aux délibérations du chapitre.

6. Or tout ce qu'on a dit du chapitre général doit être inauguré le lundi après la Pentecôte.

XVII. Le mercredi, lorsque les frères sont arrivés au chapitre, on commence avant toute chose par invoquer dévotement l'Esprit-Saint qui dirige les enfants de Dieu. On dit le verset ' Emitte spiritum tuum et creabuntur ' avec l'oraison du SaintEsprit. Puis lorsque les frères se sont assis et que tous se sont mis à leur place, pour les affermir par la parole du Dieu du ciel on adresse à la communauté la parole divine. Tous ceux qui veulent s'édifier peuvent assister au sermon. Quand il est achevé, comme il convient de venir au plus vite au secours de ceux qui sont dans le besoin, on récite en commun l'obit des frères décédés dans l'année, on leur donne en commun l'absoute et l'on dit pour eux le psaume ' De profundis '. S'il y a des lettres à présenter, qu'on les donne et qu'on les reçoive on y répondra en son temps, après réflexion. Alors sortent tous ceux qui n'appartiennent pas au chapitre. Quand ils sont sortis, les frères chargés d'excuser les absents disent ce qu'ils sont venus faire. Ensuite commence l'audition des coulpes.

XVIII. Après cela les visiteurs doivent rendre compte, de vive voix s'ils sont présents et par écrit s'ils sont absents, des frères qu'ils ont visités : vivent-ils dans une paix continue, assidus à l'étude, fervents dans la prédication ? Quelle est leur réputation, le fruit de leurs efforts ? Respecte-t-on les observances selon la teneur des Institutions quant au vivre et aux autres points ? S'ils ont trouvé quelque part une défaillance, celui que l'affaire concerne doit se lever spontanément en l'entendant, demander pardon et attendre avec humilité la pénitence correspondante.

XIX, 1. Nous statuons qu'au chapitre provincial quatre frères soient désignés pour visiter la province de la façon susdite. Ils connaîtront des transgressions du prieur conventuel et des frères et les corrigeront sans rien changer à la constitution et à l'état de la maison. Ils siégeront partout à leur place habituelle, sauf au chapitre où ils exerceront leur office de correction, qui doit
s'achever en trois jours continus. S'ils rencontrent cependant quelques affaires graves et dangereuses, bien que déjà corrigées, ils veilleront à les dénoncer néanmoins au chapitre général avec l'attestation de la majorité du chapitre local. On ne doit jamais élire comme visiteur un prieur et un lecteur [doctor].

3. Ceux qui devaient faire la visite dans la présente année et ne l'ont pas exécutée comme il le convenait disent leur coulpe et se soumettent à un châtiment mérité. Alors on envoie par écrit une pénitence aux absents qui devaient être là et à ceux qui ont fait une faute et n'ont pas satisfait.

XX. Après cela, on présente au chapitre les frères que d'aucuns estiment capables de prêcher et ceux qui n'ont pas encore reçu le ministère de la prédication par licence d'un supérieur ou d'un chapitre majeurs, quoiqu'ils en aient licence et mandat de leur propre prieur. Tous ces frères sont examinés à part par des personnalités compétentes instituées pour cette tâche et pour d'autres questions soulevées au chapitre. On interroge soigneusement les frères avec lesquels ils vivent sur la grâce que Dieu leur a donnée pour la prédication 24, sur leurs études, leur religion, la chaleur, la résolution et l'intensité de leur charité. S'ils rendent bon témoignage à leur sujet, on prend, de l'aveu et sur le conseil du supérieur majeur, la décision qu'on estime la plus utile : soit qu'on les laisse encore aux études, soit qu'on les fasse s'exercer avec des frères plus avancés dans la prédication, soit qu'on les estime capables d'exercer fructueusement par eux-mêmes le ministère de la prédication.

XXI, 1. Alors, les frères qui ont à poser des questions, personnelles ou générales, concernant l'observance ou la prédication, les proposent en ordre, l'un après l'autre, et quelque frère en prend note avec soin pour que ceux qui sont institués pour y répondre les résolvent et concluent définitivement en leur lieu et temps. Quand l'un se lève et parle, qu'aucun autre ne prenne la parole. Et pour qu'on garde la mesure aussi dans les sorties, que nul ne sorte sans permission ni nécessité. Sorti, qu'il ne divague pas, mais revienne au plus vite après avoir accompli sa besogne de nécessité. Si quelque dissension se manifestait entre les frères de notre ordre - Dieu nous en garde! - à propos de livres ou d'autres biens matériels, on n'en parlera pas au chapitre, car il faut faire passer les affaires spirituelles avant les temporelles. On choisira des frères experts en ces matières qui, après le repas, dans un lieu convenable extérieur au chapitre, videront querelle en recherchant la vérité et ramèneront la paix entre les frères. Le supérieur majeur, aidé de ceux qui sont institués à cette fin, s'occupe également de résoudre et conclure définitivement les questions, de corriger les frères, de mesurer les pénitences, d'envoyer les prédicateurs avec leurs socius prêcher ou étudier, en en fixant le moment, le lieu et la durée. Tout ce qu'ils ordonnent de la sorte, par la grâce du Saint-Esprit, le chapitre doit le recevoir d'une manière universelle, unanime et empressée. Que nul ne murmure, nul ne réclame, nul ne contredise. A la fin on procède à une confession et une absolution communes, à la bénédiction de ceux qui persévèrent, à la malédiction des apostats et des fugitifs frappés de l'anathème.

2. On observe la même forme dans le chapitre provincial.

XXII, 1. Depuis la fête de saint Denys jusqu'à l'Avent, chaque frère clerc dit un psautier pour l'anniversaire des frères; chaque prêtre trois messes; chaque lai cinq cents pater. Chaque frère en fait autant pour le décès d'un frère de son couvent. On fait de même dans l'ordre tout entier pour le maître de l'ordre et dans chaque province pour le décès du prieur provincial. On fait de même pour un visiteur, dans les maisons qu'il doit visiter, s'il meurt pendant sa visite. On fait comme pour le décès du maître de l'ordre pour les définiteurs du chapitre général et pour les prieurs provinciaux, pour les autres frères avec leurs socius, s'il leur arrive de mourir en chemin. 2. Item : dans chaque province, chaque prêtre célèbre une messe pour la mort d'un frère de la province, chaque couvent une messe de communauté et chacun des autres frères sept psaumes. 3. On célèbre l'anniversaire des pères et des mères trois jours après la Purification de sainte Marie. L'anniversaire des bienfaiteurs et familiers, trois jours après sa Nativité.

XXIII, 1. On n'envoie pas fonder de communauté à moins de douze religieux, ni sans la permission du chapitre général, ni sans un prieur et un lecteur [doctor].

2. Item : on n'accorde la fondation d'une maison que sur postulation du prieur provincial et des définiteurs du chapitre provincial, et cette fondation, quand elle est concédée, ne peut s'établir qu'au lieu jugé convenable par ces autorités. 3. Item : nous statuons qu'aucune maison de notre ordre ne peut être transférée d'une province à une autre qu'avec l'approbation de trois chapitres successifs.

XXIV, 1. Les prieurs conventuels sont élus par leur couvent et confirmés, si bon lui semble, par le prieur provincial, sans la permission duquel on ne peut élire quelqu'un d'un autre couvent.

2. Item : les frères ne sont admis à l'élection du prieur conventuel qu'après une année de profession. S'ils sont d'une province étrangère, ils sont admis à l'élection du prieur conventuel, dans une maison d'autre province à laquelle on les a envoyés, après une année de séjour. 3. Item : après la mort ou la disparition du prieur, le couvent doit élire dans le mois qui en suit l'annonce, sinon le prieur provincial pourvoit ce couvent d'un prieur.

XXV. De son côté, le prieur conventuel, conseillé par les frères discrets, institue un sous-prieur dont l'office est de surveiller avec zèle et soin la marche du couvent, de reprendre ceux qui sont en faute et de s'occuper de toutes les autres affaires que le prieur lui confie ou lui permet de faire. Il n'est pas soumis aux accusations du chapitre quotidien, à moins qu'on ne le proclame à l'occasion pour quelque transgression grave, si le prieur le juge bon.

XXVI, 1. Nous ne recevons d'aucune façon propriétés ni revenus". 2. Aucun de nos frères ne peut se permettre de demander ou d'intriguer pour obtenir un bénéfice en faveur d'un de ses parents.

1. Dans la puissance de l'Esprit-Saint et sous peine d'excommunication, nous interdisons rigoureusement à nos frères de s'occuper ou de s'efforcer à l'avenir de faire confier à nos frères la charge d'âme ou la garde des moniales ou de tout autres femmes. Si quelqu'un avait la présomption d'aller contre cette défense, qu'il subisse la peine de la faute plus grave. Nous interdisons également à tous, désormais, de couper les cheveux, donner l'habit ou recevoir à la profession.

2. Item : nous ne pouvons recevoir des églises grevées d'une charge d'âme. Qu'on n'admette pas non plus un trop grand nombre de fondations de messes.

De l'étude.

XXVIII, 1. Etant donné qu'il faut entourer les étudiants d'une prévoyance attentive, on les confie à un frère particulier, sans la permission duquel ils ne peuvent écrire de cahiers ni entendre de cours. Il corrige tout ce qui dans leurs études lui semble mériter correction. Si quelque point passe sa compétence, il le soumet au supérieur. Ils ne doivent pas prendre pour base de leurs études les livres des païens et des philosophes, même s'ils les consultent en passant. Qu'ils n'apprennent point les sciences séculières, ni même les arts dits libéraux, à moins qu'à l'occasion le maître de l'ordre ou le chapitre général n'en veuille disposer autrement à l'égard de quelquesuns. Les jeunes comme les autres doivent seulement étudier les livres théologiques.

2. Nous statuons que chaque province soit. tenue de procurer aux frères qu'on envoie aux études au moins les trois livres de théologie 26. Et les frères envoyés aux études travailleront essentiellement, avec toute leur application, l'Histoire Scolastique, les Sentences, le Texte sacré et les gloses.

XXIX. Le supérieur doit accorder telles dispenses aux étudiants qu'on ne puisse facilement ni interrompre leur étude ni la gêner pour des questions d'office ou d'autre chose. Si le maître des étudiants l'estime avantageux, on leur réserve un local particulier dans lequel, après la dispute et les leçons de vêpres et même en d'autres temps libres, ils peuvent se réunir en sa présence pour proposer leurs doutes et leurs questions. Lorsqu'un d'entre eux pose la question ou propose des arguments, que les autres se taisent pour ne point gêner celui qui parle. Et si quelqu'un en posant la question, en objectant, en répondant se montre impoli, ou brouillon, ou criard, ou même injurieux, il faut que celui qui préside, quel qu'il soit, le corrige aussitôt 27. On n'attribue pas de cellule à tous les étudiants, mais à ceux d'entre eux seulement qui en peuvent tirer profit, au jugement de leur maître. Si quelqu'un se montre infructueux dans les études, on donne sa cellule à autrui et on l'emploie lui-même à d'autres offices. Dans les cellules, ceux qui le veulent peuvent étudier, écrire, prier, dormir et même veiller pendant la nuit pour raison d'étude.

XXX, 1. Nul ne peut être nommé lecteur public s'il n'a pas entendu les cours de théologie au moins pendant quatre ans.

2. Item : aucun de nos frères n'enseignera sur les psaumes et les prophètes d'autre sens littéral que celui que les Pères de l'Eglise acceptent et confirment.

De la prédication.

XXXI, 1. Nous statuons que nul ne soit nommé prédicateur général avant qu'il n'ait entendu pendant trois années les cours de théologie. 2. Après une année de cours, cependant, on peut admettre ceux dont la parole ne risque pas de causer de scandales à s'exercer dans la prédication.

3. Ceux qui en sont capables, lorsqu'ils devront quitter le couvent pour aller en prédication, recevront du prieur le socius qu'il estimera convenable à leurs habitudes et à leur dignité. Ayant pris la bénédiction, ils s'en iront et se comporteront partout comme des hommes qui cherchent à obtenir leur salut et celui du prochain, en toute perfection et esprit religieux, comme des hommes évangéliques suivant les traces de leur sauveur, parlant avec Dieu ou de Dieu, en eux-mêmes ou avec le prochain, ils éviteront la familiarité des compagnies suspectes. Quand ils s'en vont ainsi pour exercer le ministère de la prédication ou voyagent pour d'autres causes, ils ne doivent recevoir ni porter de l'or, de l'argent, de la monnaie ou quelque autre cadeau, à l'exception de la nourriture, du vêtement et des autres instruments de nécessité et des livres. Aucun de ceux qui sont députés au ministère de la prédication et à l'étude ne doit recevoir de charge ou d'administration temporelle, pour que dans une liberté plus grande ils deviennent capables de mieux remplir le ministère spirituel qu'on leur a confié; à moins que d'aventure on ne trouve aucune autre personne qui puisse s'occuper de ces nécessités : car il n'est pas mauvais qu'on soit par moment retenu par les nécessités du jour présent [Matth. vi, 34]. Ils ne prendront pas part aux plaids et aux procès si ce n'est pour affaires de foi.

1. Que nul ne se permette de prêcher dans le diocèse d'un évêque qui lui a interdit de prêcher, à moins qu'il n'ait des lettres et un mandat. général du Souverain Pontife.

2. Lorsque nos frères pénètrent pour prêcher dans quelque diocèse, ils visitent d'abord l'évêque, s'ils le peuvent, et s'inspirent de ses conseils pour obtenir parmi le peuple [ms : in proprio] le fruit spirituel qu'ils poursuivent; ils lui obéissent avec dévouement, aussi longtemps qu'ils demeurent sous sa mouvance épiscopale, en tout ce qui n'est pas contraire à la règle.

XXXIII, 1. Que nos frères se gardent de scandaliser les religieux ou les clercs en prêchant, par leur façon de parler contre le ciel 28. Ils doivent au contraire s'efforcer de corriger en eux les défauts qui paraissent le mériter en les exhortant à part comme des pères.

2. Nul n'est admis à pratiquer le ministère de la prédication en dehors du cloître ou de la compagnie des frères, avant vingt-cinq ans révolus.

XXXIV, 1. Les prédicateurs et les itinérants, lorsqu'ils sont sur la route, disent leur office dans la mesure où ils le savent et le peuvent; ils se contentent de l'office qu'on récite dans les églises où ils descendent entre-temps; ils peuvent aussi célébrer l'office, ou l'entendre chez les évêques, prélats, ou autres, selon les usages de ceux avec lesquels ils vivent durant ce temps. 2. Les frères itinérants portent également avec eux des lettres testimoniales et reçoivent correction des transgressions qu'ils ont commises dans les couvents où ils descendent. 3. Le supérieur pendant la route est le plus ancien dans l'ordre, à moins qu'on ne l'ait associé à un prédicateur ou que le supérieur au moment du départ en ait disposé d'autre sorte. 4. Le socius d'un prédicateur doit lui obéir comme à son supérieur.

5. Nous statuons que nos frères ne doivent pas exciter les fidèles dans leur prédication à donner ou à rassembler de l'argent pour la maison ou quelque personne particulière. 6. Item que nul ne se fasse écrire des livres aux frais de la maison, si ce n'est en vue de l'utilité commune. 7. Les dimanches et les jours de fêtes principales on doit s'abstenir d'écrire des cahiers. 8. Item : nous interdisons le dimanche les ceuvres serviles, comme porter des pierres, ramasser du bois et autres occupations semblables. 9. Aucun prieur conventuel ne doit amener avec lui plusieurs frères au chapitre général ou provincial sans raison légitime; et que chaque prieur prenne avec lui le socius élu par son chapitre. 10. Item : nul désormais ne pourra soumettre aux définiteurs une pétition que son chapitre n'aurait pas approuvée. 11. Item : une pétition ne peut être présentée au chapitre provincial que par un couvent; au chapitre général que par un chapitre provincial. 12. Les frères Mineurs doivent être reçus avec autant d'aimable charité que les nôtres et traités selon les moyens de la maison avec affection et décence.

XXXV, 1. Nos frères doivent avoir des maisons médiocres

et basses en telle sorte que le mur de la maison, sans compter l'étage sous toit, ne dépasse pas en hauteur douze pieds, et vingt avec l'étage; l'église, trente pieds. On ne la couvrira pas d'une voûte en pierre, sauf peut-être au-dessus du chceur et de la sacristie. Si quelqu'un y contrevenait désormais, qu'il soit soumis à la peine de la coulpe plus grave. 2. Item : on élira trois frères dans chaque couvent parmi les plus judicieux sans le conseil desquels on ne pourra bâtir.

XXXVI, 1. Nos frères ne peuvent être administrateurs des biens ou de l'argent d'autrui, ni chargés d'un fidéicommis ou d'un dépôt. 2. Les prieurs usent des dispenses comme les autres frères. 3. Le prieur reçoit avec honneur un prieur qui survient. Celui-ci ne doit pas courir la cité sans demander conseil à son hôte, ni s'attarder. 4. On ne porte pas de pantoufles [botae} 31 hors de l'enceinte du couvent. 5. Quant aux inclinations, nous nous conformons aux habitudes de ceux chez qui nous descendons. 6. Aucun frère ne doit aller à la Curie sans permission du maître ou du chapitre général : il doit envoyer un courrier [garcio] aux frères qui s'y trouvent; ou bien se servir d'un séculier qui accepterait d'être notre procureur et agirait comme de lui-même et non par nous. 7. Les Frères n'accepteront pas de petits cadeaux de la main des femmes; ils n'en donneront pas non plus, surtout les confesseurs. 8. Si l'on demande quelque chose à un prieur, on ne peut s'adresser ensuite à un autre qu'à condition de lui signaler l'affaire. On ne peut aller d'un supérieur plus élevé à un moins élevé. 9. Quand un frère est envoyé d'une province à une autre pour enseigner, il emporte avec lui tous ses livres, ses gloses, sa Bible et ses cahiers. S'il n'est pas envoyé pour enseigner, il n'emporte que la Bible et. ses cahiers. S'il vient à mourir en chemin, le couvent destinataire acquitte pour lui les messes et les psautiers et a droit aux livres que possède le frère. 10. Chaque province ne peut envoyer que trois frères au studium de Paris. 11. Les jours de férie nous restons en prostration du ' Sanctus' à l' ' Agnus ' aux fêtes de trois ou de neuf leçons, depuis l'élévation du Corps du Christ jusqu'au ' Pater noster '. Nous faisons les mêmes prostrations aux fêtes de trois et de neuf leçons. 12. Au ' Salve sancta parens ' et au ' Veni Sancte Spiritus' nous fléchissons le genou. 13. Item : si nous disons la messe de la Croix un jour de férie, nous nous prosternons jusqu'au sol; mais nous ne le faisons pas pour la messe de la bienheureuse Vierge ou du Saint-Esprit. 14. Item : nous ne terminons jamais la messe par un alleluia.

RÈGLE DES CONVERS

1. Nos frères convers se lèvent à la même heure que les frères chanoines et font les mêmes. Quand ils sont levés pour matines, ils disent 'Pater noster ' et 'Credo in Deum '. Ils font la même chose avant prime et après complies. A matines, après avoir dit ' Pater noster ' et ' Credo in Deum', ils se redressent en disant ' Domine labia mea aperies ', etc., ' Deus in adjutorium meum ', etc., ' Gloria Patri ', etc. Pour matines, les jours ouvrables, ils disent 28 pater. Et à la fin de tout, ' Kyrie eleison', ' Christe eleison', ' Kyrie eleison ', ' Pater noster '; après quoi ils ajoutent 'Per Dominum ', etc.; ensuite ' Benedicamus Domino ', etc. Pour les fêtes de neuf leçons, ils disent 40 pater. Aux autres heures ils disent 7 pater et 14 aux vêpres. A la place de ' Pretiosa ' ils disent trois pater. Pour la bénédiction de la table ` Pater noster ' et ' Gloria Patri '. Aux grâces après le repas, trois pater, gloria, etc., ou ' Miserere mei Deus' pour ceux qui le savent. Et tout ceci en silence à l'église et partout.

2. Ils ont les mêmes vêtements que les chanoines, sauf la chape, à la place de laquelle ils ont un scapulaire long et large qui ne doit pas être blanc à la façon de la tunique. Ils peuvent avoir un scapulaire plus court et de couleur grise selon les mesures et la forme du scapulaire des chanoines. Pour les jeûnes, les aliments, l'abstinence, les coulpes et tout le reste, ils se conduisent comme il est écrit dans la règle des chanoines. Le supérieur pourra cependant les dispenser quant au travail.

3. Les convers qui ont un psautier n'auront le droit de le conserver que deux années à partir d'aujourd'hui, et nous interdisons aux autres les psautiers.

4. Item : aucun convers ne peut devenir chanoine. Nul d'entre eux ne doit se permettre de s'occuper de livres pour y faire des études.

5. Nous confirmons la totalité de l'office, tant diurne que nocturne; nous voulons que tous l'observent uniformément et que personne à l'avenir n'ait licence d'y rien changer.

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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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