PROVINCE SainT DOMINIQUE

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Dominicans of Canada

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Le propos de l'Ordre des Prêcheurs

 

L'imitation des Apôtres ou la vie évangélique des Prêcheurs à la source de l'Ordre

fr. Marie-Humbert Vicaire, o.p.

S'adressant un jour à Dominique et à ses frères, le pape Honorius III qui confirma leur Ordre n'hésite pas, en les voyant agir, à évoquer les origines de l'Église où les Apôtres, dans le dénuement de leur pauvreté volontaire et la puissance de l'Esprit, s'élançaient dans le monde pour « évangéliser » partout le nom du Seigneur Jésus Christ et multiplier les croyants.

C'est à ces origines en effet que réfère le titre de vir evangelicus « un homme selon l'Évangile » qu'on voit donner à Dominique par ses contemporains et qu'il emploie lui-même dans sa règle pour rappeler à ses frères leur inspiration foncière. Il ne s'agit pas là d'une épithète vague. L'idéal évangélique qu'il décrit est des plus précis à ses yeux, en même temps que d'une extrême richesse. Il s'identifie dans l'espèce à celui que décrit l'expression vir apostolicus « selon la forme des Apôtres», ou celui qu'indiquait Grégoire IX lorsqu'il évoquait Dominique aux jours de la canonisation: « En lui j'ai connu un homme qui pratiquait dans sa plénitude la règle des Apôtres et je ne doute pas qu'il ne leur soit associé dans le ciel. »

L'histoire en effet s'est chargée à l'époque d'inscrire dans le type ou le modèle des Apôtres, à l'aide de quelques versets du Nouveau Testament, un programme d'ensemble d'imitation du Sauveur et de ses douze compagnons. L'idéal n'est pas simple. Il rassemble dans une synthèse des éléments dont, au long des siècles, l'apparition dans la conscience des chrétiens et l'évolution dans les Institutions de l'Église ont été très diverses et même divergentes. On y discerne deux grandes traditions auxquelles on peut donner les noms sous lesquels elles sont apparues de règle des Apôtres, formule de prédication « itinérante » et mendiante, et de vie apostolique, vie d'unanimité religieuse dans la communauté.

La règle des Apôtres

On connaît le moment exact où l'idéal de la règle des Apôtres entra dans la pratique de Dominique. C'était à Montpellier, au printemps de 1206. Revenant avec son évêque d'un long voyage à travers l'Europe, au cours duquel ils avaient résolu de se consacrer à l'évangélisation des païens du Nord, ils avaient rencontré les légats d'Albigeois découragés par l'inutilité de leurs efforts auprès des dissidents cathares et vaudois, qui opposaient à leur prédication l'attitude du clergé à leurs yeux contraire à l'Évangile. Dans un élan subit de l'Esprit, l'évêque consulté avait conseillé, « délaissant tout autre souci», de « prêcher avec plus d'ardeur que jamais » ; mais il fallait, « pour fermer la bouche des méchants, agir et enseigner, selon l'exemple du Maître aimant, se présenter dans l'humilité, aller à pieds, sans or et sans argent, bref imiter en tout la forme des Apôtres». Et sur le champ, l'évêque accompagné de Dominique, s'était mis à prêcher de la sorte avec les légats. Dominique conserva jusqu'à la fin de sa vie cette façon de prêcher l'Évangile dans la pauvreté évangélique et il la transmit à ses frères.

Il se conformait ainsi au programme donné par le Christ aux Apôtres, selon saint Matthieu (Mt 10), lorsqu'il les envoya prêcher « deux par deux » devant lui, dans les bourgades de Galilée. L'analyse qu'on fait à l'époque de ces textes met en valeur cinq éléments. 1- On ne peut prêcher au nom du Christ si l'on n'a pas mission visible, car la mission visible de l'Église est l'expression quasi sacramentelle de la volonté du Christ. 2- C'est l'Évangile qu'on doit prêcher : « Le royaume des Cieux est proche, convertissez-vous et croyez à l'Évangile. » 3- Dans une pauvreté totale : « Ni or, ni argent, ni monnaie » sur soi, dépendant pour la subsistance de chaque jour de ceux auxquels on prêche. Ce que le XIIIe siècle traduit de façon très concrète par la mendicité quotidienne de porte en porte. 4- En passant de village en village sans posséder de « logis certain » (locus certus). 5- Enfin, en allant « deux par deux », dans un minimum de vie commune, car, disait saint Grégoire, il faut être au moins deux pour pratiquer la charité fraternelle.

Bientôt laissé à lui-même par la mort de son évêque et le départ des légats et de leurs compagnons, Dominique en pratiquant cet idéal a vraiment revécu l'Évangile en toute liberté, jusque dans les moindres détails. Il mendie son pain de porte en porte, marche nus pieds, loge au hasard des hospitalités qu'on lui offre (plus tard, quand il vivra dans un couvent, il n'y aura pas de cellule). Sillonnant le pays de Toulouse et de Carcassonne, il évangélise au passage les bourgades et les cités. Il pleure certain jour sur une ville avant d'y pénétrer, comme Jésus. II lui arrive souvent de passer la nuit tout entière en prière, aussi comme Jésus, criant dans sa supplication : « Seigneur ayez pitié de votre peuple! Que vont devenir les pécheurs ? » C'est la pénitence et la foi qu'il prêche, selon l'Évangile de saint Matthieu qu'il porte toujours avec lui, ou les Épîtres canoniques. Son compagnon - car il a toujours avec lui le socius évangélique - est un clerc de bonne volonté, un frère convers cistercien, un abbé, un évêque. On le poursuit de sarcasmes; des enfants lui jettent de la paille ou de la boue; des assassins se cachent pour lui faire un mauvais sort; lui, chante, tout heureux d'offrir une pénitence pour le salut d'autrui et persuadé qu'après avoir été purifié par son sang, il obtiendra la victoire pour le salut des autres. Il se sent si léger de cet abandon dans la pauvreté totale, si joyeux de ressembler à son Maître, prêchant comme lui au milieu d'ennemis qui l'épient et tout proche des pauvres du Christ! Bien qu'il n'ait pas une pierre où reposer sa tête, il a quand même son Béthanie, cette maison de Prouille dans laquelle, en 1207, il a recueilli de pauvres filles venues de l'hérésie et abandonnées par leurs proches.

Le programme d'évangélisme que l'on vient d'évoquer à l'origine des Prêcheurs est encore celui d'un semi-solitaire. Or dans ce programme de prédication apostolique, Dominique n'a pas vu seulement une formule de vie individuelle, mais le propos d'un ordre communautaire. C'est là qu'on découvre à la fois son génie et, d'autre part, incontestablement, l'intervention de l'Esprit Saint. Une double difficulté de stabilité et d'incompatibilité semblait en effet s'opposer à l'extension d'un tel programme à la communauté d'un Ordre religieux.

De libres prédicateurs évangéliques, l'Église en avait vu beaucoup à travers son histoire. Au XIIIe siècle, elle en avait même trop vu, peut-être. Car c'est la rançon de la libre prédication itinérante que son instabilité, sa facilité à sombrer dans une certaine anarchie, voire dans le schisme et même l'hérésie. Vaudois et cathares n'étaient-ils pas là pour le prouver, précisément ? C'est pourquoi à l'époque de saint Dominique, il n'était pas courant d'imaginer que la tradition de la prédication itinérante et mendiante pût fournir le programme d'un mouvement stable et catholique.

En outre, il semblait à priori impossible qu'il pût s'inscrire dans une institution communautaire permanente. S'en aller sur les routes, prêcher de bourg en bourg et n'avoir pas de « logis certain », cela ne s'oppose-t-il pas directement à la vie de communauté ? Bien plus, pratiquer la pauvreté mendiante, vivre au jour le jour d'une charité de hasard, est-ce possible aux membres d'une institution permanente ? Une communauté qui veut durer doit prévoir des vieillards, des malades qui se soignent, des prédicateurs qui étudient ou se reposent, des frères novices qui se forment. N'y a-t-il pas dès lors incompatibilité d'esprit entre l'abandon à la Providence quotidienne des prédicateurs mendiants et la mentalité malgré tout installée des religieux d'une communauté stable ? La preuve de cette incompatibilité, c'est l'histoire de saint François qui, précisément à cause de son attachement à la pauvreté évangélique, ne voulait pas que les frères aient des couvents; il fallait qu'ils logent dans des retraites provisoires, des grottes, de si pauvres masures que nul ne s'avisât d'en réclamer la propriété et qu'ils accepteraient d'ailleurs d'abandonner si on les contestait. Il voulait aussi que nul ne soit appelé supérieur. II ne voulait même pas que les frères fassent des études. S'institutionnaliser, ne serait-ce pas s'embourgeoiser ?

On a parlé de génie nécessaire pour surmonter de telles difficultés. Peut-être a-t-il suffi à Dominique d'avoir un sens pénétrant de l'Évangile ? Car c'est dans l'Évangile qu'il a découvert, par son histoire personnelle d'ailleurs, qu'une institution communautaire perpétuelle était non seulement possible à l'intérieur de l'idéal de prédication des Apôtres, mais même indispensable pour que cette prédication fût totalement apostolique.

La vie apostolique

On rejoint ici la deuxième tradition évangélique des Apôtres qui s'est exprimée dans l'oeuvre comme dans la vie de saint Dominique : la vie apostolique. Cette tradition, indépendante de la tradition évangélique de la prédication itinérante, lui est largement antérieure et tient dans l'histoire des mouvements de perfection de l'Église une place éminente puisqu'elle se confond en effet avec la tradition cénobitique, c'est-à-dire communautaire, du mouvement monastique.

Il faut savoir que pendant un millénaire ce sont les moines, retirés du monde jusqu'à vivre au désert, qui se sont fixé pour idéal de maintenir au sein de l'Église l'idéal de la « vie apostolique », la « communauté sainte » des premiers chrétiens à Jérusalem, quand « la multitude des croyants n'avait qu'un cour et qu'une âme, et que nul n'appelait sien ce qu'il pouvait avoir, car tout était commun entre eux » (Ac 4,32). Dès son exorde, la Règle de saint Augustin l'évoquait justement : « En premier lieu, frères très chers, veillez à vivre en votre maison dans l'unanimité, n'ayant qu'un coeur et qu'une âme en Dieu, puisque c'est pour cela que vous vous êtes réunis», pour exprimer aussitôt après avec netteté la condition de base, la pauvreté individuelle :

« Aussi n'appelez rien votre propriété, que tous vos biens soient en commun, et que le supérieur distribue à chacun le vivre et le vêtement, non pas à part égale, car vous n'avez pas tous une égale santé, mais selon les besoins de chacun. Ainsi pouvez-vous lire aux Actes des Apôtres que tout était commun entre eux et qu'on distribuait à chacun selon ses besoins. »

Cet idéal n'avait pas inspiré que des moines. A l'époque de la Réforme grégorienne (XIe siècle), il avait atteint aussi largement le clergé, spécialement les clercs d'un bon nombre de cathédrales, ceux qu'on appelait les « chanoines », et les avait décidés à vivre désormais en commun, sans propriété personnelle au coeur de leur diocèse, à l'imitation des Apôtres au coeur de l'Église de Jérusalem. Le prologue des constitutions des chanoines Prémontrés qui, avec la plupart des chanoines « réguliers » avaient adopté la Règle de saint Augustin, en expliquait très clairement la signification :

« Puisque la règle nous fait précepte de n'avoir qu'un coeur et qu'une âme dans le Seigneur, il est juste que vivant sous la même règle, liés par les veux de la même profession, nous nous trouvions également unanimes dans l'observance de notre règle de chanoines, en sorte que l'unité que nous devons conserver dans nos coeurs soit réchauffée et représentée au-dehors par l'uniformité de nos moeurs. Or il est bien certain qu'on pourra pratiquer cette observance et la conserver en mémoire avec plus d'à propos et de plénitude si l’on confie à l'écriture ce qu'il convient de faire, si chacun peut apprendre par le témoignage d'un texte la façon dont il doit vivre, si nul n'a la permission de changer, d'ajouter, de retrancher quoi que ce soit par propre volonté. Car il nous faudrait craindre, si nous négligions les moindres détails, une déchéance progressive »

II semble qu'aucun texte de moine n'a mieux exprimé que ce texte de chanoine - et plus tard, on le verra, des dominicains - l'inspiration fondamentale de la vie commune régulière : la charité fraternelle « unanime » et sa dérivation directe de l'idéal apostolique de Jérusalem; la bienfaisance d'une uniformité sensible (« qui réchauffe et représente au-dehors l'unanimité intérieure »); le rôle des observances et du texte écrit d'une règle (pour éviter « une déchéance progressive »).

Le plus remarquable cependant est qu'en passant par les chanoines réguliers, l'idéal de la vie apostolique ait subi une série de transformations ou mieux de redressements, par rapport à l'interprétation monastique, qui présentent la vie commune régulière et pauvre des Apôtres comme la préparation directe au ministère des âmes. Si les Actes des Apôtres, nous fait-on remarquer, rappellent, aussitôt après la description de la vie fraternelle unanime et désintéressée de la communauté primitive de Jérusalem, que les Apôtres « rendaient témoignage de la résurrection de Jésus Christ avec une grande puissance et qu'une grande grâce était sur tous u, n'était-ce pas pour montrer avec évidence que « ceux-là seuls sont aptes à l'office de prédication qui ne possèdent le bénéfice d'aucune richesse de la terre et qui, parce qu'ils n'ont rien en particulier, possèdent tout en commun ? »

Le ministère des âmes que les simples moines ne pouvaient pratiquer, devient de la sorte l'un des motifs essentiels de la vie apostolique. Et l'on voit alors, dans l'histoire de la pauvreté cléricale, le récit évangélique de la mission des Douze se conjuguer avec celui de la vie au cénacle :

« Lorsqu’il les envoya prêcher, ainsi que dit saint Marc (6,8), il leur fit précepte de ne rien emporter en chemin, si ce n'est un bâton, pas de besace, pas de pain, pas d'argent dans leur ceinture... Car ceux-là seuls sont aptes à l'office de prédication qui ne possèdent rien en propre... Comme des soldats légers (expediti), libérés de tous les obstacles, ils combattent pour le Seigneur contre les vices et les démons, armés de leurs seules vertus et du glaive de l Esprit Saint. »

L'idéal apostolique est ainsi ramené clairement vers le ministère des Apôtres et l'on comprend pourquoi, dans une querelle qui traversa tout le XIIe siècle, les chanoines réguliers avaient revendiqué une prérogative dans (imitation des Apôtres, par rapport aux mornes et aux clercs séculiers. Clercs par définition, à la différence des moines, « ils succédaient au Christ et aux Apôtres dans la prédication, le baptême et les autres sacrements de l’Église». En outre, pratiquant la communauté, l'observance régulière, la prière liturgique et l'unanimité, à la différence des séculiers, ils étaient seuls à exercer à la fois le ministère et la forme de vie des Apôtres.

Or Dominique a été l'un de ces chanoines réguliers, au chapitre de la cathédrale d'Osma, en Castille, et il en a revécu intensément l'idéal dans les années qui suivirent son entrée, entre 1197 et 1199, lorsque son chapitre décida de reprendre la plénitude de pauvreté communautaire de la Règle de saint Augustin, qui s'était un moment détendue, et obtint du pape une bulle pour consacrer ce retour à l'esprit des Apôtres.

Dominique conserva jusqu'à l'institution de l'Ordre des Prêcheurs son titre de chanoine d'Osma. Il resta fidèle toute sa vie, même entre 1206 et 1215 dans son ministère languedocien, aux données essentielles de l'idéal apostolique des chanoines réguliers : vie de prière contemplative intense, attachement à la prière liturgique officielle de l'Église, besoin de vie communautaire fraternelle, goût de l'unanimité. Persuadé que l'imitation complète des Apôtres comportait en même temps que l'itinérance mendiante, la vie du Cénacle à laquelle il restait attaché, pourquoi aurait-il sacrifié l'une à l'autre ?

D'ailleurs les « apostoliques » dissidents eux-mêmes, les cathares, acceptaient certaines installations d'appui. Les « parfaits » itinérants recevaient l'hospitalité dans des communautés tenues par des diacres ou des dames cathares. Les communautés des « parfaites », qui conservaient le droit de posséder, servaient aussi de point d'appui à la prédication des « parfaits ». Saint Dominique a lui-même appuyé dès 1207, sa prédication mendiante par un centre de ce genre, à Prouille, on l'a vu. Ainsi s'est organisé le premier de tous ses couvents. Les moniales recevaient les biens et accueillaient les prédicateurs au terme de leurs tournées.

Mais en 1215, saint Dominique n'en reste pas là. Il fonde sa communauté avec des frères, cette fois. Il a reçu à Toulouse une maison où il s'installe. Ce sera le cénacle où séjourneront ses novices, où travailleront les étudiants qu'il mènera chez le maître de théologie du chapitre de la cathédrale, où les frères pourront se reposer entre les prédications. De fait, l'acte de fondation de la « Prédication » de Toulouse, c'est le nom qu'on donne à la maison, y prévoit toutes sortes de gens occupés à se préparer, à refaire leurs forces, à se guérir en cas de maladie. L'évêque leur accorde, pour subvenir à leurs nécessités et à l'achat des livres, une part des dîmes du diocèse. Il leur confère en même temps leur mission de prédication pour l'étendue de son diocèse.

Les frères imitent donc les Douze dans la totalité de leur vie. Comme eux, ils appuient leur parole de salut par le témoignage de leur charité fraternelle (Ac 4,33), comme eux, ils se réservent à la prière, qui intercède et loue, et à la prédication (Ac 2,46 ; 3,1 et 6,4). Comme eux, « ils puisent dans l'allégresse aux sources vives du Sauveur» (Is 12,3) par la réflexion et la contemplation, avant « d'en partager les eaux sur les places publiques » (Pr 5,16). Un voyageur très attentif, Jacques de Vitry, qui rencontra les premiers Prêcheurs à Bologne vers 1222, les décrit sous le titre de « chanoines-prêcheurs ». C'est bien cela. En 1216, déjà, lorsque pour satisfaire à la requête du pape et du IVe concile de Latran, Dominique et ses frères choisissent la Règle de saint Augustin et la complètent par des observances régulières, c'est aux chanoines de Prémontré qu'ils les empruntent et Dominique fait inscrire en tête des textes qu'ils adoptent le prologue de Prémontré qu'on vient de commenter. Désormais on peut bien dire qu'il a marié la vie itinérante de l' « apostolique » mendiant à celle du chanoine régulier au cénacle, la « Vie » à la « Règle apostolique », C'est ce qu'exprime avec bonheur l'antienne de l'office liturgique : virum canonicum auget in apostolicum : « Il fait grandir l'homme de la règle jusqu'à l’apôtre. »

Synthèse évangélique

Mais qu'on y regarde de plus près. Les deux morceaux ne sont pas soudés l'un à l'autre. La discontinuité est même considérable. Il suffit de noter le caractère très disparate des deux types de pauvreté que le Prêcheur doit successivement pratiquer. L'un, la pauvreté personnelle, avec jouissance de revenus communs dans la maison; l'autre, la mendicité dans la prédication. Certes, en 1215, on n'avait accepté de l'évêque comme moyen de subsistance que la moitié de la troisième part des dîmes du diocèse, c'est-à-dire la moitié de cette portion des dîmes que le Droit d'Église réservait classiquement aux pauvres. Les frères étaient traités en pauvres et ce qu'ils recevaient avait été précisément donné par les fidèles auxquels ils adressaient le pain de la parole de Dieu. En outre, la charte de fondation de l'évêque multipliait les dispositions de détail pour donner à ce don régulier l'aspect précaire d'une aumône. II restait que ce don était un revenu, des ressources périodiques et certaines. Que devenait alors la spiritualité d'abandon quotidien à la Providence, qu'à la même époque des vaudois convertis naguère par saint Dominique - les Pauvres catholiques - pratiquaient sous ses yeux avec une toute autre clarté ?

« Nous avons renoncé au siècle, disaient-ils dans leur propos de vie sanctionné par le pape en 1208-1212, et nous avons donné aux pauvres ce que nous possédions, selon le conseil du Seigneur. Et nous avons décidé d'être des pauvres, en telle sorte que nous n'ayons aucune espèce de souci du lendemain et ne recevions de quiconque or, argent, ni rien de tel, sauf le vêtement et la nourriture de chaque jour. »

On voit bien qu'entre 1215 et 1220, saint Dominique n'a cessé de se préoccuper de cette situation. Dès 1219, il a pris sa décision. Il vient de passer par l'Espagne; un couvent avait été fondé à Madrid grâce au don d'une riche propriété : il transforme ce couvent en une maison de moniales, où les frères seront désormais les hôtes, mais non plus les propriétaires. II passe à Paris : les frères de saint Jacques ont reçu de riches dîmes d'un Seigneur du Sud de l'Ile de France, très lié avec les dominicains; il fait abandonner ces dîmes à des moniales cisterciennes. Il arrive à Bologne; le procureur se présente, tout réjoui : il vient de recevoir du Seigneur Galiciani une magnifique charte de donation; saint Dominique prend la charte et la déchire. Il passe à Rome et il obtient du pape une bulle dont on n'a pas assez relevé l'importance, la déclaration que la pauvreté mendiante ou évangélique de l'Ordre sera désormais le moyen formel de la rémission des péchés du religieux.

Comprenons bien la formule : In remissionem peccatorum. La conversion, ou profession religieuse, était depuis toujours considérée comme un second baptême; elle faisait passer, comme la pénitence publique, de l'état de péché ou de mort, à l'état de vie ou de salut. Et l'oeuvre qui était enjointe aux religieux par l'Église, en qualité de pénitence de salut, c'était l'engagement et la pratique de sa règle. En 1215, exactement dans la bulle du 21 janvier 1217, qui couronnait la série des confirmations demandées au pape par Dominique, il était précisé que les travaux apostoliques des Prêcheurs seraient désormais pour eux l'instrument de la rémission des péchés. C'était déjà beaucoup. Au lieu de la vie d'observance, les travaux apostoliques des Prêcheurs devenaient leur moyen privilégié de sanctification. Et maintenant, en 1219, le pape fait de la pauvreté mendiante dans la prédication, le moyen de sanctification et de vie éternelle. On comprend pourquoi, à quelques semaines de là, Dominique peut demander et obtenir du chapitre général réuni à Bologne à la Pentecôte 1220, la déclaration de la pauvreté mendiante de l'Ordre. Entendons bien : pas seulement, comme en 1215, la pauvreté mendiante du prédicateur en voyage, mais la pauvreté mendiante de tout l'Ordre, c'est-à-dire même des couvents. On institue la mendicité conventuelle.

Tous les jours, deux frères quittent le couvent pour mendier dé porte en porte et le couvent se nourrit des aliments obtenus par la quête. Comme le prédicateur en tournée, il attend chaque jour de la Providence ce qu'elle veut bien lui procurer par la charité du quartier. Les origines dominicaines sont pleines de scènes touchantes de mendicité conventuelle et de réponses surnaturelles. On en rappellera certaines. Mais la mendicité la plus émouvante n'est-elle pas celle de Dominique lui-même ? Dans un petit village de Vénétie, à Dugliolo, un matin, il quête son pain. Un homme lui donne un pain entier. Dominique se met à genoux pour le recevoir. Il est au faîte de sa renommée dans l'Église, ami du pape Honorius III, du cardinal Hugolin et de bien des prélats; chargé d'organiser en Italie du Nord une action d'ensemble aussi capitale aux yeux de la papauté que celle à laquelle il a participé naguère en Languedoc. Et c'est ce fondateur, ce grand serviteur de Dieu qui se met à genoux parce qu'un inconnu lui donne un pain entier!

Tel est l'esprit de la législation qu'au mois de mai 1220, cinq ans après la fondation, Dominique fait inscrire dans les premières constitutions des Prêcheurs en quatre mots seulement : possessiones et redditus nullatenus recipiantur : « On n'acceptera ni propriété, ni revenus, d'aucune sorte. » Il n'est pas non plus question de travail manuel pourtant universel parmi les religieux à l'époque. Dominique a tranché comme les vaudois, pour lesquels la mission de prêcher comportait l'interdiction de se livrer à un autre travail que spirituel : « Travaillez, avait dit l'Écriture, pour une nourriture qui ne périt pas » (Jn 6,21).

Que reste-t-il alors pour subsister, sinon l'aumône précaire des fidèles ? Les ordres mendiants sont fondés. C'est-à-dire, des ordres fermement communautaires et, cependant, abandonnés comme les prédicateurs itinérants à la Providence quotidienne. Dominique est bien en droit de donner à ses frères, pour animer leurs exercices et inspirer leurs attitudes, l'image exemplaire du véritable prédicateur évangélique dont les constitutions de 1220 contiennent une évocation remarquable. Le législateur se situe en cet instant crucial où se rencontrent et s'articulent les deux parties de la vie des Apôtres, à l'heure où, renouvelé, instruit, armé des énergies et des compétences acquises dans la communauté religieuse, le Prêcheur va s'acquitter de sa mission d'Église :

« les frères qui en sont capables, lorsqu'ils devront quitter le couvent pour aller en prédication, recevront du prieur le compagnon de route qu'il estimera convenable à leurs habitudes et à leur dignité. Ils prendront la bénédiction. Alors ils s'en iront et se comporteront partout comme des hommes qui cherchent à procurer leur salut et celui du prochain. En toute perfection et esprit religieux, comme des hommes évangéliques, suivant les traces de leur Sauveur, parlant avec Dieu, ou de Dieu, en eux-mêmes ou avec le prochain, ils éviteront la familiarité des compagnies suspectes. En s'en allant ainsi pour exercer le ministère de la prédication, ou voyageant pour d'autres causes, ils ne recevront, ni ne porteront, or, argent, ni monnaie, ni quelque cadeau que ce soit, sauf la nourriture, le vêtement et autres objets de nécessité, et les livres. Nul de ceux qu'on députe au ministère de la prédication et à l'étude ne doit recevoir de charge ou d'administration temporelle, afin qu'il puisse plus librement se disposer à bien remplir le ministère spirituel qu'on lui a confié, à moins que d'aventure on ne trouve personne pour s'occuper de ces nécessités, car il n'est pas mauvais qu'on soit par moment retenu par le souci de la journée présente. »

La simplicité apparente des textes et de la fondation ne doit pas dissimuler l'énorme difficulté qu'il y avait à réaliser la synthèse de tant d'éléments disparates, portés par des traditions historiques différentes, indépendantes, anachroniques. La préhistoire des ordres apostoliques comme leur histoire ultérieure suffit à souligner la gravité du problème.

Qui ne devine également la guerre continuelle que, depuis l'origine, se livrent à propos du temps, des forces physiques, des dispositions psychologiques des religieux mendiants les éléments souvent antithétiques que rassemble leur vie ? Et pourtant la guerre n'est pas inéluctable et il n'est pas difficile de montrer que, plus profondément, ces éléments s'appellent et se complètent.

Mais la vraie réponse à ces doutes sur l'unité profonde, essentielle du type réalisé au XIIIe siècle par les Ordres mendiants, spécialement par l'Ordre des Prêcheurs, est ailleurs. Si l'on revient à l'origine et aux diverses étapes de la fondation de saint Dominique, on met sans peine en lumière sa cause, au sens fort du terme, dans la psychologie du fondateur. N'était-ce pas la méditation sans cesse reprise du thème évangélique de l'imitation des Apôtres, la volonté tenace de mieux rejoindre l'intégralité de cet idéal ?

Or, de même qu'il existe une cause subjective d'unité dans l'inspiration du fondateur, il existe une forme objective d'unité dans le terme qu'il a visé. Les Apôtres ont existé, et les diverses activités que successivement moines, chanoines ou mendiants se sont efforcés d'imiter sous les nom de vie et de règle apostolique, les Douze les ont synthétisées dans leur destinée personnelle. En méditant l'Écriture, en revenant sans cesse sur les paroles de Jésus, les religieux mendiants avaient le moyen de renouveler sans cesse l'inspiration unique des éléments de leur genre de vie. Il n'était pas besoin d'abstraire, ni de penser longuement. Les grandes figures de Pierre, de Jean, de Jacques ou d'André, présentes aisément à leur coeur comme à leur imagination, les ramenaient tour à tour sans aucune incompatibilité à chacun de ces éléments. Ce n'était pas un texte mort qui leur fournissait la synthèse, mais un exemple vécu, toujours vivant, la présence des chefs de file transcendants, dont les images composites finissaient d'ailleurs par se fondre en celle de Jésus Christ, le Maître, le Sauveur « dont ils suivaient les traces, comme des hommes évangéliques ».

Et c'est pourquoi, semble-t-il, la seule dénomination, on dirait même la seule définition adéquate des Ordres de prédication mendiante dont les Prêcheurs ouvrent la marche au début du XIIIe siècle, est celle d'Ordres apostoliques. Cette expression n'a-t-elle pas seule l'avantage de manifester le principe évangélique qui les a suscités, a rassemblé au long des siècles les éléments de leur institution, surtout a fourni le ressort essentiel de leur unité, en même temps que leur source vive dans la sainte Écriture: le modèle des Apôtres ?

L'évangélisme des Prêcheurs

Cette pratique de vie rejaillit sur l'Ordre sans retard en l'illuminant d'un halo de joie évangélique incomparable. Les textes primitifs de la vie de l'Ordre, si nous savons les regarder, manifestent en effet une sorte d'aurore évangélique, imagée et sensible, ainsi que chez les Franciscains, jusque dans les détails les plus extérieurs.

D'abord, évidemment dans des scènes de pauvreté. On connaît l'épisode du repas des anges que Fra Angelico a souvent illustré, plus émouvant sans doute dans le récit sans fioritures du procureur lui-même : « Un jour où je veillais au service des frères au réfectoire... le pain vint à manquer. Frère Dominique fit signe d'en mettre devant les frères. Je lui dis qu'il n'y en avait pas. Alors le visage rayonnant, il leva les mains, loua le Seigneur et lui rendit grâces. Au même instant entrèrent deux hommes portant deux corbeilles, l'une pleine de pain, l'autre de figues sèches, en sorte que les frères eurent abondamment de quoi manger. » De semblables distributions providentielles, la multiplication du pain ou du vin, l'arrivée d'une grosse somme apportée par un marchand ou versée par le roi saint Louis à l'heure de la pire détresse du prieur ou du provincial qui bâtit, font l'objet de nombreux récits.

Le cas est parfois moins classique : un jour, les compagnons de route du bienheureux Jourdain de Saxe sont pris d'une si bruyante allégresse à la vue des maigres croûtons rapportés par le frère quêteur, que les passants s'en inquiètent avant de s'en édifier. Deux frères qui n'avaient point trouvé de nourriture furent sur le soir accostés par un pèlerin qui leur prédit un prompt réconfort puis disparut. N'était-ce pas le Christ ? Deux autres avaient marché tout le jour sans rien demander. Ils sentirent finalement cruellement la faim. La route était déserte. Un hameau enfin se présente. Le plus fatigué voudrait mendier sur le champ; le plus affamé attendrait volontiers un village plus riche; le premier dit : « Mon frère, ne savez-vous pas que le Seigneur peut nous donner aussi bien une belle aumône dans un tout petit village que dans un village très riche ? » Et l'autre frère de répondre : « Je le sais bien qu'il le peut, mais il n'en a pas coutume ! » Tandis qu'on se dispute, la châtelaine de Sainte-Maxence vient à passer. Elle fait aussitôt servir un repas par son jeune fils; les frères prient pour ce bel enfant : son bienfait sera récompensé, il sera Prêcheur à son tour !

Mais pourquoi se limiter aux moments de pauvreté mendiante ? Ce sont tous les instants de la vie des Prêcheurs qui brillent du reflet de l'Évangile, de la naissance religieuse à la mort. « Je n'ai pas lu, dit l'un d'entre eux, que Jésus ait été moine blanc, ni moine noir, mais pauvre prêcheur, et je veux suivre ses traces. » C'est le motif même d'une conversion.

Et voici une mort : Quand le prieur de Todi eut rendu son âme généreuse au Seigneur, le provincial se vit contraint par le texte de l'Évangile du jour de faire homélie sur le thème : « Il arriva que le mendiant mourut et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. »

Aussi les fils de Dominique aiment-ils à retrouver dans l'Écriture les types et les symboles de leur vocation. Avec l'aide des commentaires patristiques, ils en dressent des listes étonnantes par leur richesse et leur inattendu. Un grand nombre de paraboles, dont celle des ouvriers de la onzième heure possède par surcroît une résonance de fin du monde, s'appliquent à eux. Surtout celle du semeur. « Le semeur est sorti pour semer... » N'ont-ils pas commencé les grandes semailles de l'Europe chrétienne en même temps que du monde païen o assis à l'ombre de la morte ? L'Évangile leur fournit la matière, la forme, le mode de leur prédication. C'est à cause de l'Évangile qu'ils s'efforcent de prolonger le ministère du docteur par celui du pacificateur lorsque s'achève le sermon, l'orateur s'efforce par une action directe et personnelle, de ramener la paix entre parents, lignages et cités.

Mais contre les vices et le démon - comme dans l'Évangile encore - ils se transforment en combattants, rassemblant toutes les armes du jeûne et de la prière, pour arracher à l'adversaire les âmes enchaînées. II n'est pas jusqu'aux plus humbles instruments de leur vie de routier que l'Évangile n'anime à leurs yeux. Le bâton, explicitement permis et prévu par le texte de saint Marc : « N'ayez qu'un bâton », c'est évidemment un symbole : c'est la Vierge qui, dans toutes ses difficultés, soutient l'Ordre qu'elle a obtenu par ses prières, fondé, enrichi, défendu.

La Vierge n'est-elle pas spécialement présente au couvent, dans ce Bethléem - c'est-à-dire « maison du pain » - de la doctrine, où les Prêcheurs préparent le pain de tous ? Oui, c'est la crêche même que vient chercher le postulant chez les Prêcheurs : l'étable de la pénitence, l'enclos de la continence, avec la pâture de la doctrine, l'âne de la simplicité et le boeuf de la discrétion, Marie l'illuminatrice, Joseph le nourricier et Jésus le Sauveur.

Aussi quel enthousiasme quand on propose aux frères d'aller remplir leur ministère dans les lieux mêmes qu'ont sanctifiés les pas du Rédempteur! L'histoire dominicaine a conservé le souvenir du « chapitre des larmes », en 1230, où sur la demande du Maître général, tant de frères, émus jusqu'aux larmes de générosité apostolique, se proposèrent pour aller en Terre Sainte, qu'il ne resta plus à leur supérieur qu'à s'offrir lui-même à les accompagner.

Le Crucifix peint au mur de chaque cellule - le « livre de l'Amour divin » -, les images et les statues de la Vierge, l'émouvante procession du Salve à la fin des Complies, les dévotions foisonnantes à l'humanité du Sauveur, à sa Mère, à ses saints, mille détails de la vie quotidienne renouvellent à tout instant, par le truchement du sensible, la présence des personnages évangéliques.

La proximité, la facilité et l'intimité de cette conversation céleste sont presque inimaginables aujourd'hui. C'est chose plus simple au XIIIe siècle, où la mentalité objective et concrète, même chez les intellectuels Prêcheurs, favorise les ferveurs de l'imagination. Mais plus encore que ces dévotions sensibles, leur attitude foncière de prédicateurs mendiants plonge les Prêcheurs en plein Évangile. Comme naguère sous les pas des Douze que conduisait le Christ, la nature elle-même reconnaît son Maître. Elle s'apaise, elle sert à son tour. Les éléments se plient à la prédication, la pluie cesse, un nuage couvre un soleil trop brûlant. Le monde est renouvelé en ce Noël continu. Une jeunesse pure rayonne sur le front des frères. La bonne vieille qui referme un jour violemment son volet, déçue d'apercevoir sous les traits du frère Paul et de son soties, jeunes et beaux dans leur simplicité, ces premiers Prêcheurs qu'elle imaginait barbus et sombres, comme venant du désert, avait-elle compris qu'en tous les lieux où passe le petit troupeau du Messie, il se fait comme une fête de nouveauté ?

Tel est le visage évangélique de l'Ordre des Prêcheurs à ses origines. L'inspiration évangélique de saint Dominique n'existe pas seulement en profondeur et ne se manifeste pas uniquement à la réflexion. Elle a aussi son épanouissement de surface, sa fleur d'évangélisme. Mais sans doute est-il plus important encore de noter qu'en s'efforçant sans cesse d'atteindre plus fidèlement l'esprit du Seigneur lui-même, par l'imitation de ses Apôtres, le fondateur a fourni à ses frères futurs la source permanente et authentique d'inspiration à laquelle ils doivent toujours revenir, parce qu'elle est seule capable de renouveler vraiment leur vie, de la tourner vers l'avenir ? (Source :Dominicains. L'Ordre des Prêcheurs présenté par quelques-uns d'entre eux. Cerf, 1980.)

 

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St. Mary's Parish:
téléphone: (604) 435-9611

Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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