PROVINCE SainT DOMINIQUE

Masthead Image
Dominicans of Canada

corner

Les Soeurs contemplatives dominicaines

Doivent-elles faire des emprunts au Liber Constitutionum et Ordinationum des Frères?

Assemblée fédérale de Chalais 27 septembre - 7 octobre 1969

 

fr. Marie-Humbert Vicaire, o.p.

 
LA COMMUNAUTÉ DES SOEURS ET DES FRÈRES EST À BASE LÉGISLATIVE

On m'a demandé de traiter devant vous, pendant ces deux jours, ou plutôt de livrer à vos questions et à vos recherches personnelles, le thème suivant : Faut-il que les Constitutions des soeurs contemplatives de S. Dominique reprennent textuellement des parties importantes des Constitutions actuelles des Frères prêcheurs, donc ce que nous appelons le LCO, le "Liber Constitutionum Ordinis" ? Ou, si vous aimez mieux : que doivent emprunter au Liber Constitutionum Ordinis les Constitutions des soeurs contemplatives de S. Dominique ? Je ne pose pas la question dans son universalité, je suppose qu'elle est déjà résolue à ce plan. Il est plus difficile de dire de façon précise et détaillée ce que l'on peut et l'on veut emprunter.

Je vais présenter quelques idées qui militent en faveur d'un emprunt très large; ce faisant, nous préciserons du même coup ce qu'il convient d'emprunter et les raisons de le faire : c'est le plus important. Je suis persuadé que lorsqu'on a une idée précise, on finit toujours par aboutir; la difficulté est de savoir en commun et de façon claire ce que l'on veut. Disons d'abord que le lien des soeurs contemplatives dominicaines et des frères est avant tout législatif. C'est bien cela que l'histoire nous apprend.

I - Ordo Praedicatorum Universus

D'abord, considérons le lien affirmé par l'Ordre des Prêcheurs lui-même à Chicago. Pour signifier l'ensemble du mouvement dominicain, on a hésité entre deux formules. L'une était proposée par les Constitutions Gillet : "Ordo Praedicatorum Universus", "l'universalité de l'Ordre des Prêcheurs". L'expression "Ordo Praedicatorum" désigne avant tout les Frères; la formule "Praedicatorum universus" désigne la totalité du mouvement sorti de S. Dominique. C'est une très belle formule. On lui a préféré la formule "Familia dominicana". Celui qui proposait "Universus Praedicatorum Ordo" pensait que la formule "Familia dominicana" suggérait quelque paternalisme, il voulait une formule un peu plus adulte. Mais elle est belle aussi cette "Famille dominicaine". Et elle est vraie nous n'avons qu'un patriarche, S. Dominique, et nous sommes rassemblés dans une famille où, entre Frères et Soeurs, nous avons une unité aussi profonde que celle que créent les liens du sang. Je dirais même, plus profonde !

Donc, la définition de la "Famille dominicaine" énumère une série d'éléments : les Frères, qui sont clercs et coadjuteurs, et tout de suite après, les moniales. Nous avons eu l'occasion de discuter ici le terme de "moniale" sur lequel, à mon avis, il ne faut pas insister. C'est un terme aujourd'hui d'acception canonique. Aux temps modernes, on a éprouvé le besoin d'un tel terme pour exprimer la différence des voeux parmi les religieuses: les voeux solennels et les voeux simples. Pour désigner les soeurs de voeux solennels on a choisi le terme de "moniales", donc pour une raison canonique. Si le Droit Canon doit évoluer quant aux rapports entre clôture papale et voeux solennels, le terme ne signifiera plus tout à fait la même chose. N'allons donc pas tirer d'une expression utilisée dans une acception canonique, des réalités d'ordre spirituel et de tradition régulière qu'elle ne signifie pas.

Tout de suite après les frères, on parle donc des moniales, puis des soeurs dominicaines. Dans les paragraphes 142 et 143 des nouvelles Constitutions, on précise les liens qui existent entre ces moniales et l'Ordre. Le but de ce chapitre 5 de la 1ère section, de la 1ère distinction de nos Constitutions nouvelles, n'est pas de donner des directives aux moniales; la partie masculine de l'Ordre n'a pas voulu le faire, considérant qu'il appartenait à chacune des branches de l'Ordre de se définir et de se constituer elle-même, et par conséquent de se donner une législation. C'est pourquoi nous n'avons voulu mettre dans nos constitutions que la partie qui nous concerne, nous, les frères, c'est-à-dire le type de liens que nous avons avec votre branche. Il ne faut donc pas voir dans le très petit texte sur les moniales quelque principe ou quelque amorce de législation des soeurs. Nous avons voulu dire simplement les rapports que nous avons avec elles.

La constitution n° 142 déclare que les moniales de 1' Ordre, selon le propos de S. Dominique, se consacrent entièrement, par leur vie religieuse contemplative, à cette intimité avec Dieu qui nourrit la vie apostolique des Frères; en même temps, elles donnent un témoignage de prière, de silence et de pénitence. L'ordination* qui suit ajoute: "la profonde communion des moniales avec les Frères est aussi renforcée par un lien juridique qui les unit à l'Ordre, selon un mode défini par leurs Constitutions".

On exprime par ces deux textes deux types de liens entre les soeurs contemplatives et la partie masculine de l'Ordre : des liens de communion et des liens juridiques. Le lien de communion est fondé sur la vie même des soeurs qui, "par l'intimité avec Dieu dans la vie religieuse contemplative, nourrit la vie apostolique des Frères". Nous sommes au plan de la communion des saints. Cette communion cependant peut aussi s'exprimer au plan naturel et social. Au plan de la communion surnaturelle le lien se réalise par l'intermédiaire de Dieu. Cela peut supposer une communication au plan social qui aide à l'établissement de la communion surnaturelle, par exemple au plan des échanges : rapports frères et soeurs dans l'ordre intellectuel, dans la communication des livres, des échanges de pensées, des lettres même, naturellement aussi dans la direction spirituelle, les échanges liturgiques, les retraites ou tout autre moyen de communication sociale; enfin dans le service mutuel. Voilà les liens de communion...

Ces liens de communion sont antérieurs à tous les autres liens. N'y en aurait-il aucun autre, l'unité serait déjà assurée de la sorte entre la partie des frères et la partie des soeurs dominicaines contemplatives.

Il existe en outre un lien juridique. Ce lien est mentionné volontairement sans précisions, à cause des différences considérables qui existent dans les relations des frères avec les soeurs des diverses maisons, différences qui existent déjà dans les relations des maisons entre elles et dans les liens juridiques de ces maisons avec l'Ordre. Cela varie en effet entre un maximum et un minimum.

Il n'y a plus de lien total aujourd'hui. Au moment où S. Dominique l'a fondé, Prouille dépendait totalement de S. Dominique à tous les points de vue. Il n'y avait pas de donation à Prouille qui ne se fit "au Seigneur Dominique et à ses soeurs". Actuellement, l'Ordre n'a plus la possibilité de gouverner ses soeurs contemplatives. La juridiction de l'Église séculière s'étend même aux monastères les plus étroitement rattachés à l'Ordre. Le Supérieur majeur est l'Évêque, pour toutes les soeurs dominicaines contemplatives1 . Il y a cependant un minimum de lien à l'Ordre de toutes nos soeurs : c'est la profession au Maître Général "selon les Constitutions de l'Ordre des Prêcheurs". Voilà l'important.

Pourquoi, aujourd'hui, nos soeurs dominicaines contemplatives conservent-elles jalousement la formule de profession au Maître Général "selon les Constitutions de l'Ordre des Prêcheurs", si ce n'est pour manifester que c'est précisément à cause de leurs Constitutions qu'elles sont dominicaines, et que c'est l'intervention du Maître Général dans l'ordre législatif qui leur assure le minimum de leurs liens avec l'Ordre?

Le minimum indispensable pour qu'on puisse parler de soeurs dominicaines contemplatives est donc législatif. Cela peut aller, cela va en général plus loin, puisqu'il y a souvent dans nos communautés de contemplatives un aumônier dominicain, en tous cas des liens vivants et multiples avec les Pères dominicains, par la prédication, la direction, les lettres ou les livres.
Concluons. Le lien des Constitutions est indispensable quant à la présence des soeurs dans l'Ordre Universel des Prêcheurs. Ce lien, nécessaire, est d'autre part efficace. Il convient de le sauvegarder avant tout.

II - Communauté historique de la législation des Soeurs et de celle des Frères

Deuxième considération, tirée de la façon dont s'est réalisée la législation dominicaine des soeurs contemplatives à travers l'histoire. Je ne fais qu'aborder ce point, de façon générale ; je n'ai pas étudié totalement l'histoire de votre législation. Mais ce que je dirai suffira pour notre propos.

Aux origines, Prouille est antérieur à l'Ordre; par conséquent on ne peut pas dire que la règle primitive de Prouille dépend de la première règle de l'Ordre, ce serait plutôt le contraire. Mais nous ne possédons plus la règle primitive de Prouille. Nous n'en possédons qu'une forme évoluée, fondue dans la Règle des Soeurs de S. Sixte, que nous possédons, elle, sous une forme qui doit remonter à environ 1231. Eh bien ! cette Règle de Prouille-S. Sixte est en partie parallèle à nos premières Constitutions. Regardons de plus près.

Vous savez que les textes que nous possédons de S. Sixte ont une double forme : il y a d'abord ce qu'on appelle "la Règle des Soeurs de S. Sixte" et, deuxièmement, les Statuts. Dans la Règle des Soeurs de S. Sixte, qui est évidemment le morceau le plus ancien - on peut le prouver d'ailleurs - il y a certainement des morceaux très importants de la règle de Prouille. L'argument qui paraît décisif en ce sens est que, en 1221, S. Dominique, qui avait rassemblé dans le Couvent de S. Sixte des religieuses romaines issues de diverses communautés2 et les avait instruites sommairement durant quelques semaines, lorsqu'il voulut leur donner une forme de vie proprement dominicaine, fit venir des Soeurs de Prouille. S'il avait fait venir des soeurs pour instruire les Soeurs de S. Sixte dans la pratique d'une Règle tout à fait différente de celle de Prouille, je me demande pourquoi il serait aller les chercher en Languedoc ? Il n'y avait aucune raison de faire venir à Rome ces quatre pauvres soeurs, si c'était pour leur faire enseigner tout autre chose que ce qu'elles avaient fait jusqu'à présent. Bien au contraire ! Il est évident qu'on les a fait venir pour insuffler le bon esprit et les bonnes coutumes de Prouille aux Soeurs de S. Sixte et que, par conséquent, dans la Règle des Soeurs de S. Sixte on avait mis quantité d'éléments déjà vécus et expérimentés à Prouille, et précisément dans le domaine de la vie quotidienne, puisque c'est cela que les soeurs de Prouille ont appris aux soeurs de S. Sixte. Or c'est de la vie quotidienne que traite la Règle de S. Sixte. On peut considérer que la plus grande partie de la Règle des Soeurs de S. Sixte est tout simplement la Règle de Prouille. Ce n'est pas un absolu; il y a probablement des éléments divergents. On y trouve par exemple une mention de la "Regula", et l'on voit qu'il s'agit de la Règle bénédictine. Il y a donc à S. Sixte des éléments bénédictins; mais peut-être étaient-ils également à Prouille ? En tout cas, si c'est une addition, ce ne peut être qu'un complément apporté au fond de la Règle des soeurs de Prouille.

La seconde partie des Statuts des soeurs de S. Sixte, est remarquable. Il s'agit de tranches entières de la première législation des Frères Prêcheurs, de nos premières Constitutions. Le fait est si patent que les Statuts des soeurs de S. Sixte nous permettent parfois de retrouver certaines parties de textes des Premières Constitutions Dominicaines qui ont été altérées. Par exemple, on a changé en 1236 le système du silence à table chez les Frères... On le voit par les Actes du Chapitre de cette année-là qui donnent l'ordre de supprimer quelques phrases et précisent le texte qu'on doit mettre à la place. C'est celui qui est resté dans nos Constitutions de S. Raymond.

Mais quel est donc ce texte antérieur ? Les actes ne le disent pas et nul document ne l'a conservé. Si ! Il n'y a qu'à regarder dans les Statuts des Soeurs de S. Sixte : on l'y trouve. Tandis qu'après 1236 le silence a été imposé de façon absolue : nul n'a plus le droit de parler à table, il était dit dans les Statuts de Soeurs de S. Sixte que le Prieur ou la Prieure avait le droit de prendre la parole à table et de donner la parole à qui il ou elle le voulait.

Autre exemple. Les premières Constitutions des Frères, dont nous ne possédons plus que la formule évoluée de 1241, donnent des indications sur la façon de construire des églises. Après une phrase générale : "nos frères auront des maisons basses et pauvres", elles donnent des limites précises en hauteur et en largeur et, finalement, permettent de construire des voûtes au-dessus de l'abside. Ces dernières indications qui contredisent quelque peu le début et supposent une intense activité de bâtisse dans l'Ordre, ne sont évidemment pas primitives. Elles ont été substituées à un texte aujourd'hui perdu. Mais les Statuts de S. Sixte ont conservé le texte perdu des Constitutions des Frères. Après le principe "nos soeurs auront des maisons basses et pauvres", ils continuent "afin de ne pas être écrasées par les frais et de ne pas scandaliser les clercs par la splendeur de nos constructions". Cette phrase qui continue si heureusement le principe et qui est tout à fait dans le style de S. Dominique, manifeste qu'en dépit des apparences ce chapitre des statuts lui aussi avait été purement transcrit des Constitutions dominicaines primitives. Ce qui est évident d'ailleurs d'un bout à l'autre des statuts, chapitre par chapitre.

Dans la règle de Prouille on rencontre des éléments parallèles à des éléments de nos premières Constitutions. Évidemment, il s'agit là d'éléments introduits dans la règle entre 1215 et 1218, au moment où les Frères assumèrent certaines coutumes de stricte observance, comme nous l'apprend Jourdain de Saxe.

Ainsi, les toutes premières Constitutions des soeurs dominicaines contemplatives, celles de S. Sixte, qui comprennent en fait celles de Prouille, manifestent une double influence de notre législation. D'abord dans la Règle, dès le moment où l'Ordre des Prêcheurs, en naissant, a adopté des coutumes de vie régulière, ce qui permet au couvent de Prouille de recevoir en 1218 une lettre de confirmation, qui est à la fois confirmation de la vie des Frères et de la vie des Soeurs, parce que ces deux vies régulières étaient identiques. Ensuite dans les statuts qui, adjoints à la Règle entre 1220 et 1232, sont purement et simplement les Constitutions des Frères Prêcheurs. Vous constatez par conséquent, à vos origines législatives, l'influence considérable et toujours accrue des Constitutions des Frères.

Il faut en outre tenir compte, dans cet ensemble législatif, d'un élément totalement commun : la Règle de S. Augustin. Cette Règle n'avait pas été donnée aux soeurs primitivement; elles l'ont assumée dès que les Frères ont dû faire profession selon la Règle de S. Augustin, soit après 1216.

Ainsi donc, pour régler la vie des soeurs jusqu'aux Constitutions de Montargis puis celles d'Humbert de Romans, on avait premièrement la règle de S. Augustin qui détermine et inspire la "vie commune apostolique" - c'est ainsi que l'on s'exprimait au XIIIème siècle - déterminant notre type de "sequela Christi", notre manière d'imiter ou de suivre le Christ : "désappropriation" - la pauvreté commence par cela - humilité, obéissance, chasteté, silence et prière, charité et unanimité. Toutes ces données spirituelles et législatives étaient absolument communes aux soeurs et aux frères. Elles ont joué un rôle très important. Je ne suis pas de ceux qui pensent que la Règle de S. Augustin était la cinquième roue au carrosse de la législation dominicaine. Jusqu'en 1932, elle a été seule à exprimer, par exemple, tout ce qui touche la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, l'humilité, etc.. Il n'y avait rien sur tous ces points dans les Constitutions jusqu'en 1932 et ce qu'on y a mis alors n'est guère remarquable!

Deuxièmement, presque totalement, la première distinction des Constitutions dominicaines. Cette première distinction contient les coutumes de la vie conventuelle, la deuxième distinction exprimant, au contraire, les dispositions proprement constitutionnelles, à savoir : le système des autorités dans l'Ordre, les chapitres et les maîtres généraux, les chapitres et les prieurs provinciaux, les chapitres et les prieurs conventuels, les études, la prédication : tout ce qui fait de l'Ordre une société bien déterminée à l'intérieur de celle de l'Église. Les coutumes de la vie conventuelle parlaient de liturgie, de repas et d'aliments (ceux-ci font partie de la liturgie ! D'ailleurs, ces textes sont insérés dans ceux de la liturgie: on parle des Matines, des heures et de la messe, des repas et des aliments, et enfin des Complies), du coucher et des malades, avec un chapitre sur la saignée (qui fait partie de l'observance). Puis du noviciat et de la profession, du vêtement, et enfin du chapitre des coulpes avec une série d'articles sur le discernement des fautes et des pénitences : un véritable petit "Pénitentiel".

Les éléments communs à la législation primitive des soeurs contemplatives domini-caines et aux premières constitutions dominicaines, Règle de S. Augustin et première distinction sont donc considérables. Or, tout le long de l'histoire de la législation des soeurs, au temps de Montargis, puis de Humbert de Romans, au XVIIème siècle, lors des restaurations de XIXème siècle, enfin après 1932, à chaque transformation ou remise en ordre des Constitutions des Frères, on a éprouvé le besoin de remettre en ordre les Constitutions des soeurs étroitement fondées sur les premières. Actuellement, pourquoi veut-on refaire les Constitutions des soeurs si ce n'est parce qu'on a éprouvé le besoin de refaire celles des frères ? Par conséquent, comment se pourrait-il que, dans la rénovation législative des soeurs, la législation des frères n'entre pas ?

Certes, si les frères ont refait leurs Constitutions, c'était pour des motifs généraux, et en particulier à cause de Concile; c'est aussi à cause du Concile que vous devez refaire les vôtres. Mais il n'y a pas de raisons que la même conjoncture et, d'autre part, la même situation des mentalités, des devoirs dans le monde d'aujourd'hui, ne permettent pas que les Constitutions des frères influencent, sous leur forme actuelle, les Constitutions des soeurs. A mon avis, toute la tradition législative des soeurs, comme celle des frères, exige que les Constitutions des soeurs dominicaines contemplatives reprennent textuellement des parties étendues des Constitutions des frères, et, en particulier de la première distinction, puisque le LCO a repris la forme de nos Constitutions primitives en deux distinctions : la première déterminant les coutumes de la vie conventuelle, ce qu'on appelle "la vita fratrum", et la seconde la loi proprement constitutionnelle. A cette raison fondamentale s'ajoutent beaucoup d'autres raisons, dont je vais parler maintenant, pour que vous repreniez effectivement de nombreux textes du LCO.

III - Le type de collaboration des Frères et des Soeurs requiert une large communauté législative.

En effet, le type de collaboration qui a existé entre les frères et les soeurs et qui est congénital aux soeurs dominicaines contemplatives - on le rappelle dans le § 142 de notre LCO - exige à son tour une très large communauté législative.

Que dit la Constitution 142 ? Elle vous donne pour raison d'être de nourrir la vie apostolique des frères - les soeurs sont comme des mères nourricières - nourrir la vie apostolique des frères par l'intimité avec Dieu dans leur vie religieuse contemplative; et on ajoute que c'est "selon le propos de S. Dominique" pour bien marquer qu'il s'agit de quelque chose de congénital. Il faut développer et approfondir les termes de cette constitution pour en comprendre toute la portée.

Il y a d'abord une action proprement surnaturelle et chrétienne qui dépasse très largement le plan social où se meuvent les considérations telles que celles que je suis en train de faire sur nos législations... Pour que les frères, par leur effort apostolique, puissent remporter de grands fruits, il est indispensable en régime chrétien que d'autres les méritent... D'abord les frères eux-mêmes, bien sûr ! mais d'autres aussi. C'est un thème profondément évangélique que celui-ci : "Autre est celui qui sème, autre celui qui moissonne" - "Je vous ai fait pénétrer dans un champ que vous n'avez pas semé". Nous avons à moissonner, nous autres Frères Prêcheurs, il faut penser, par conséquent, qu'il y aura fallu, auparavant, beaucoup de semeurs ou de semeuses pour que nous puissions ramener avec joie des gerbes abondantes. Bien sûr ! le grand semeur, c'est le Christ. Le Christ est la Source universelle de toute diffusion de grâces par ses ministres. D'autre part, il est bien certain qu'il n'est pas nécessaire d'être une soeur dominicaine contemplative pour pouvoir, par des semences largement répandues, préparer la moisson des frères; car une foule de saints cachés peuvent avoir préparé ces abondantes moissons. Ce n'est pas un hasard si Soeur Thérèse de l'Enfant Jésus a été donnée patronne aux missionnaires. Elle a elle-même, pendant toute sa vie, travaillé consciemment à semer pour les missionnaires et même pour tel missionnaire avec lequel elle était en relation. Vous savez que l'on croit découvrir, à l'origine de la restauration dominicaine par le Père Lacordaire, l'influence d'une religieuse luxembourgeoise qui ne vivait même pas en couvent, la Mère Clara Moes, dont les prières et les sacrifices scandent avec un curieux parallélisme chronologique les succès du Père Lacordaire. Mais pourquoi parler de cette soeur un peu lointaine pour vous, alors que votre Mère Agnès de Langeac a joué, dit-on, un rôle tout à fait du même genre dans les initiatives de M. Olier, à l'origine du mouvement des séminaires français qui a porté des fruits remarquables dans 1'Église moderne ? La vie de la Mère Agnès selon l'"Année dominicaine" raconte les visites miraculeuses de la Mère à M. Olier, alors qu'ils se trouvaient en des lieux fort éloignés l'un de l'autre, je veux dire Langeac et Paris. Il y eut ainsi action surnaturelle de la prière des soeurs dominicaines de Langeac sur une oeuvre dont l'importance est incontestable dans l'histoire de l'Église en général et de l'Église de France en particulier.

Pour des tels rapports, évidemment, il n'est pas necessaire de faire appel à des liaisons législatives. Tout se meut dans la pure communion des saints. Point de communauté juridique entre M. Olier et la Mère Agnès. Tout se fait dans le secret de Dieu, et le lien conscient et social n'est pas nécessaire, bien qu'il puisse exister.

La communion des saints, cependant, ne fournit que la base générale et le couronnement des relations entre chrétiens. La collaboration des soeurs avec les frères s'exprime en des liens plus précis. Le texte de la Constitution parle de "nourrir la vie apostolique des frères" - entendez la vie de ministère des frères. J'avais essayé, à la Commission Centrale, d'éviter qu'on emploie ce mot "apostolique" au sens restreint de "ce qui a trait au ministère des âmes", alors que dans notre tradition dominicaine le mot apostolique désigne tout ce qui nous vient par imitation ou participation de la vie des apôtres et par conséquent désigne d'abord et en premier lieu la vie commune organisée par la Règle de S. Augustin. La Règle de S. Augustin est une règle de vie commune et "désappropriée", et par conséquent de vie apostolique. C'est ainsi qu'il la définissait lui-même. Je n'ai pas réussi. Apostolique se réfère donc à notre ministère, dont on nous dit qu'il est nourri par la vie religieuse contemplative et spécialement par la vie d'intimité, avec Dieu, des soeurs.

Disons d'abord que les soeurs fournissent à l'Ordre - pas seulement aux frères, à l'ensemble de l'Ordre - un modèle de vie contemplative, d'intimité avec Dieu. Pas seulement un modèle général qui pourrait servir à tout le monde, ou qui pourrait édifier tout le monde; non : un modèle qui, pratiqué, nourrit directement le ministère des frères dominicains. Il s'agit d'un modèle éminemment actif sur les frères qui doit inspirer en même temps leur ministère et leur vie contemplative. Cette vie contemplative qui nous est commune avec vous, vous la pratiquez en quelque sorte à l'état pur. Or, en bonne philosophie, le premier analogué de chaque genre est cause de tout le reste. Votre vie contemplative est donc, en quelque sorte, cause de vie contemplative dans l'ensemble de l'Ordre. Votre vie de recueillement et de silence, votre vie de prière privée, vos oraisons secrètes de louange ou d'intercession qui doublent, animent, alimentent votre vie de louange et d'intercession liturgique, tout cet ensemble est source de notre ministère de vérité - car la vie contemplative silencieuse est la pierre de touche de la vérité de notre inspiration religieuse. À son tour, votre vie de communauté et de charité fraternelle agit sur notre charité fraternelle. De même votre vie de pénitence, car la pénitence est un appel général de toute vie chrétienne, et donc de toute vie religieuse, agit sur notre vie pénitentielle, dans le sens d'un appel à la conversion continuelle. Tout cela donc, vie de silence, de contemplation, de pénitence, de charité, les soeurs le réalisent comme un modèle dans l'ensemble de l'Ordre, modèle qui doit agir très directement sur les frères. C'est même plus qu’un modèle, c'est une source ; n'est-ce pas être déjà source que d'être modèle ? Cela donne des idées, un type, une lumière qui nous guide; mais c'est une source aussi, en ce sens qu'elle nous fournit aussi l'énergie réalisatrice, elle nous alimente incontestablement.

Quand on regarde les huit siècles de vie dominicaine, on constate le rôle éminent que nos soeurs dominicaines contemplatives ont joué dans le développement de la vie intérieure, de la vie contemplative des frères. Pensez à la mystique rhénane. Certes, certains couvent de dominicains ont possédé eux aussi leurs mystiques, plusieurs ont été célèbres un Henri de Cologne, un Robert d'Uzès, un Suso, un Tauler, un Eckhart. Mais la plupart du temps, c'est dans le contact avec les soeurs contemplatives qu'ils ont développé, épanoui et fait rayonner cette richesse dominicaine. On peut dire que le fleuron, non seulement de l'Ordre mais du Moyen-Age qu'est la mystique rhénane, a pu s'épanouir grâce aux couvents des Dominicaines contemplatives de la Rhénanie, de la Souabe, et des régions adjacentes. Pensons aussi au printemps mystique du XVIIème siècle français et à la part qu'y ont prise les couvents de religieuses contemplatives jusqu'à celui de Port-Royal, qui jusque dans ses déviations, donne une vraie grandeur au mouvement janséniste. Cependant que nos contemplatives dominicaines du Grand Siècle ne rayonnaient que pour le bien. Pensons au rôle des couvents de Dominicaines dans nos restaurations. Ce n'est pas pur hasard ! Quand au XIXème siècle on voit refleurir partout la vie dominicaine, on voit simultanément se multiplier les nouveaux couvents de Dominicaines contemplatives. Pensons enfin à l'expérience que nous avons eue de nos jours, à quelques religieux de nos provinces qui ont vraiment réanimé la vie spirituelle de leurs Frères, un Père Vallée, un Père Bernard, un Père Joret. C'est dans un contact étroit avec des Dominicaines qu'ils ont pu développer ce rayonnement de vie contemplative.

Ainsi, soit comme modèle, soit comme source, les couvents de vie contemplative de soeurs dominicaines tiennent-ils une place éminente dans la vie contemplative de l'Ordre, et par conséquent à la base de notre prédication. Il ne s'agit plus seulement de mérites acquis dans la Communion des saints en vue de la grande moisson surnaturelle des hommes - autre est celui qui sème, autre celui qui moissonne -, il s'agit de l'action directe de la vie contemplative des soeurs par le rayonnement qu'elles exercent sur les frères, par la stabilité qu'elles donnent à la vie contemplative des pères. Par leur existence même elles nourrissent notre vie. Concluons, par conséquent, qu'on ne peut se passer d'un minimum de coïncidence entre leur vie contemplative et celle des frères, dans les expressions et le contenu de cette vie contemplative, dans les coutumes liturgiques, dans les habitudes de prière, dans la figure du milieu de vie quotidien, dans le type de vie commune et de mise en commun pour que puisse se manifester la fécondation surnaturelle de la vie de prière des frères par la contemplation des soeurs.

Je voudrais insister maintenant sur un point assez différent mais complémentaire. S'il y a quelque chose de tout-à-fait évident dans l'intention de notre Père S. Dominique c'est qu'il a voulu que la prédication de la foi confiée à ses frères par l'Église, le soit à des religieux qui prêchent non seulement par la parole, mais par les actes. Dans toutes les lettres de recommandation de l'Ordre que S. Dominique a obtenues du pape il a fait spécifier que nous sommes spécialement députés, ou totalement députés, à la prédication de la parole de Dieu de par notre vie régulière et notre pauvreté. C'est donc parce que nous pouvons appuyer notre parole par un témoignage de vie évangélique que nous sommes mieux adaptés que d'autres à recevoir le ministère de la parole de Dieu. Cette nécessité d'un témoignage de vie dans l'Ordre, S. Dominique l'a découverte dans sa méditation du Nouveau Testament et particulièrement des Actes des Apôtres - et quelle grande loi du christianisme il a touchée par là ! - il a considéré que ce qui faisait la force de la prédication des Apôtres à Jérusalem, est qu'ils appuyaient leur Kerygme sur un témoignage de vie donné par les premiers chrétiens, en particulier sur le témoignage de pauvreté commune et d'unanimité qui rayonnait de la communauté primitive de 1'Église à Jérusalem. Il est vrai qu'à travers l'histoire de l'Église, la parole des missionnaires n'a jamais mieux suscité la foi que lorsqu'elle prenait appui sur le témoignage d'une communauté religieuse.

Si le ministère chrétien s'est fait principalement en Europe par l'intermédiaire de paroisses, c'est parce que, dans ces paroisses, il y avait en même temps qu'une prédication, une communauté, source et milieu de cette prédication. J'ai souvent pensé, quand je méditais sur ce thème, à l'extraordinaire rayonnement que nos jeunes couvents de Paris, de Bologne, ou de Rome pouvaient donner à la parole de nos premiers prédicateurs dominicains. La pauvreté, l'affection fraternelle, l'austérité, la pénitence, le désintéressement et la pureté rayonnante qui émanaient de ces premiers couvents faisaient entendre un appel bouleversant à la conversien, non seulement pour ceux auxquels on prêchait, mais aussi pour ceux qui restaient à la porte, et finissaient pourtant, si grand était l'attrait, par entrer en masse au couvent. Quand le jeune frère Buonviso a été envoyé par S. Dominique à Milan, à son corps défendant, parce qu'il n'avait pas encore commencé la théologie, la prière de S. Dominique et le témoignage de sa communauté de Bologne qui l'accompagnait comme un vivant exemple de pauvreté, lui ont permis de retourner à la maison avec trois autres frères gagnés à l'Ordre par sa prédication.

Ce témoignage de vie, de désintéressement, de silence, de générosité, de pénitence, d'unanimité fraternelle, appartient à l'Ordre tout entier, et pas seulement aux Frères... Il est bien certain que nos soeurs dominicaines contemplatives peuvent le donner bien plus parfaitement que nous. Nos couvents sont souvent vides de frères; les frères sont partout, sauf dans leur couvent; ils prêchent aux autres. D'autre part, la fatigue, les habitudes acquises en route, et surtout la divergence des mentalités qui sont nécessaires tantôt pour la vie conventuelle, fraternelle et silencieuse, et tantôt pour la prédication solitaire, font, même quand ils sont ensemble au couvent, qu'ils ont quelque peine à donner un témoignage pleinement rayonnant de l'unanimité de la vie intérieure qu'ils devraient posséder.

Ce témoignage manifeste, les soeurs par contre le donnent. Mais pour que ce témoignage soit un appui de la prédication dominicaine, il faut qu'il y ait unité manifeste entre les soeurs et les frères : il ne suffit pas que des carmélites ou des cisterciennes le donnent. Pour que ce soit un témoignage de l'Ordre, il faut que les soeurs soient de l'Ordre. Il faut qu'elles aient une unité législative, au moins dans leur vie conventuelle quotidienne, avec la vie des frères.

Je ne dis pas que, dans l'unité de l'Ordre de S. Dominique, les soeurs dominicaines contemplatives doivent assurer la fonction de sainteté à la place des frères ! Non ! Les frères doivent appuyer leur parole par la sainteté de leur vie; mais il est très important que leur parole soit assurée en outre par la sainteté que manifestent les soeurs. Tout cela se faisait à Prouille, au temps où S. Dominique prêchait encore "presque tout seul", et cela se faisait dans une unité si parfaite qu'il n'y avait qu'une seule institution des soeurs et des prédicateurs. Voyez à quel point était manifeste à ce moment-là la communauté de vie conventuelle des frères et des soeurs : une seule institution, avec deux communautés intérieures, une seule observance, une seule vie religieuse rayonnante; c'était vraiment la "Sancta Predicatio", dont parlait la charte du 15 août 1207. Prouille, milieu de vie contemplative, rayonnait la vie religieuse et en même temps aidait la vie contemplative de notre Père S. Dominique, lorsqu'il revenait de ses prédications. Communauté de sainteté, d'austérité, de pénitence et d'intercession rayonnante dans laquelle la sainteté de notre Père S. Dominique se fondait dans celle des soeurs. Enfin, communauté de soutien de la vie quotidienne et pauvre de notre Père S. Dominique. Bien sûr, le lien physique des deux communautés à Prouille pouvait assurer aisément ce rayonnement apostolique. Il faut que nous assurions l'équivalent avec des communautés distinctes et souvent très largement séparées. Qu'au moins un lien législatif assure l'unité et rende manifeste la fraternité, la communauté qui existe entre les frères et les soeurs dans l'oeuvre de la prédication. C'est sur ce dernier thème que je vais maintenant m'arrêter.

IV - L'identité de but des Frères et des Soeurs requiert une communauté dans la législation

J'ai parlé jusqu'à présent de la collaboration à l'oeuvre des frères Prêcheurs telle qu'elle peut se réaliser dans la vie contemplative et dans le témoignage de vie. Il faut aller plus loin.

Pourquoi parler de collaborer dans l'acte de la conversion des hommes, dans la prédication ? Parce que frères et soeurs doivent avoir une identité de but, source de collaboration, qui requiert, à son tour, une unité fondamentale de la législation. Voilà le premier point de vue sur lequel on insistera maintenant.

Ce qui assure, en effet, l'unité de 1'Ordo Predicatorum universus, de 1a famille dominicaine, n'est pas simplement d'ordre spirituel. Certains pourraient croire que S. Dominique n'a fondé les soeurs contemplatives, que parce que l'occasion s'en est présentée par hasard. De même qu'il s'est occupé en 1215 d'une affaire de filles repenties, dont on n'a plus gardé ultérieurement la trace. Non ! C'est beaucoup plus profond que cela. L'unité des soeurs et des frères est absolument congénitale, parce que c'est une unité dans le but. Les dominicaines contemplatives n'ont pas été conçues par S. Dominique à côté ou parallèlement aux frères Prêcheurs, mais en même temps et dans le même but. C'est dans l’unité de ce but que se réalise l'unité de notre collaboration.

Si l'on se contentait de définir les soeurs dominicaines contemplatives comme des contemplatives, des moniales, dont seul le mode serait dominicain, c'est-à-dire le costume, la manière de vivre, certaines formules, certaines prières, l'on ne comprendrait pas certains des caractères que vous avez présentés à travers votre histoire et sans lesquels vous ne seriez pas fidèles à votre tradition. Une moniale, telle que nous l'apercevons au long de l'histoire de l'Église, c'est quelqu'un qui cherche son salut, certes, dans la volonté de répondre à l'appel du Seigneur et de collaborer par là au Royaume de Dieu, mais face à l'horizon de son propre salut, qui se réalise par la fuite du monde et l'entrée dans la cité chrétienne parfaite que représente un monastère. Voilà ce qu'est une moniale en soi. Une soeur prêcheresse, c’est tout autre chose. Vous entrez dans vos monastères "pour chercher votre salut et celui du prochain", et vous le faites en prêchant l'Évangile par le témoignage de votre vie évangélique dont le type a été donné par S. Dominique. C'est pourquoi votre vie commune rayonnante n'est pas simplement une vie commune de moniales : elle est même souvent fort différente de ce qu'a été, de ce qu'est encore la vie commune des religieuses bénédictines par exemple. Vous n’êtes pas des dames - dominae. Le mot dominae se rencontre dans quelques chartes de Prouille, tout à fait au début, quand on parlait d'abbatia. Ce mot de dominae a disparu très vite et définitivement des chartes du monastère; il était d'ailleurs absolument accidentel. Vous n'êtes pas des dames, vous êtes des "sorores", vous n'avez pas d'abbesses. Les soeurs dominicaines, au moyen âge, ont vécu humblement de leur travail, du pensum de laine qu'elles devaient filer chaque jour, comme au début du XIIIème siècle. Elles ont choisi, pour plus d'efficacité dans leur oeuvre du salut des âmes, non pas de participer à la moisson, mais de participer aux semailles, au salut des âmes.

Il est donc indispensable que votre vie commune dominicaine porte le caractère de soeurs qui travaillent au salut du prochain par le témoignage d'une vie qui rayonne l'Évangile. Il est donc indispensable que cette vie s'inspire des mêmes textes qui, dans l'Ordre des frères, doivent précisément inspirer leur vie conventuelle évangélique. Du point de vue du but, déjà, la vie conventuelle de l'Ordre des Prêcheurs, par sa législation, doit donc pénétrer profondément dans la législation des soeurs, à plus forte raison la définition de l'Ordre, car nous n’avons pas d'autre but, chez les frères comme chez les soeurs, pas d'autre définition. Vous pouvez donc vous approprier cette très belle définition qui se trouve en tête de notre Constitution fondamentale :

"Le projet de l'Ordre s'exprime en ces termes dans une bulle du pape Honorius III à Dominique et à ses frères : 'Celui qui ne cesse de féconder son Eglise par de nouveaux croyants, voulut conformer nos temps modernes à ceux des origines et diffuser la foi catholique. Il vous inspira donc le sentiment d'amour filial par lequel, embrassant la pauvreté et faisant profession de vie régulière, vous consacrez toutes vos forces à faire pénétrer la parole de Dieu, tandis que vous évangélisez par le monde le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ.'"

Vous entendez bien, il s'agit pour vous d'evangéliser, par votre vie évangélique de pauvreté, de fraternité unanime, de prière, de contemplation et de pénitence en imitation de Jésus-Christ, d'évangéliser le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de faire pénétrer, selon votre mode, la parole de Dieu parmi les hommes.

"Car l'Ordre des Prêcheurs fondé par S. Dominique 'fut, on le sait, dès l'origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes'. Que nos frères par conséquent, fidèles au précepte de leur fondateur, 'se comportent partout en hommes qui cherchent leur salut et celui du prochain, en toute perfection et esprit religieux; comme des hommes évangéliques qu'ils suivent les pas de leur Sauveur et ne parlent qu'à Dieu ou de Dieu, en eux-mêmes ou à leur prochain'."

Ceci nous conduit directement à ce dont nous parlerons cet après-midi, à la Constitution fondamentale et à la façon dont elle peut être adoptée par les soeurs.

 

|
françaisenglish
site search by freefind

Parole et Vie

Prédication dominicaine hebdomadaire offerte par le frère François-Dominique Charles, o.p. de la Province de France sur le site de Spiritualité 2000.

Espace liturgique

Un commentaire écrit et audio pour chaque dimanche de l'année offert par nos frères dominicains de Belgique.

audio

Le Bulletin RESEAU est le bulletin de liaison de la Province Saint-Dominique du Canada. Il paraît quatre fois par année.

Lire le dernier numéro...

Collège universitaire dominicain d'Ottawa

Degrés universitaires en philosophie et en théologie.

Pour plus d'informations :

Visitez le site Internet

96 Empress Ave., Ottawa, Ontario, K1R 7G3

Tel.: (613) 233-5696 #330 Fax : (613) 233-6064

info@udominicaine.ca

L'Institut de pastorale est le département d'études pastorales, à Montréal, du Collège dominicain de théologie et de philosophie, fondé en 1900, dont le siège social est à Ottawa.

Adresse:

2715, chemin de la Côte Sainte-Catherine,
Montréal (Québec), Canada, H3T 1B6

Courriel:

secretariat@ipastorale.ca

tel.: (514) 739-3223 #323 fax: (514) 739-1664

Dominican Institute of Toronto

372, Huron Street

Toronto (Ontario) Canada M5S 2G4

téléphone : (416) 595-5665

télécopie : (416) 596-1017

Visitez notre site web

Oratoire Saint Jude et du Rosaire

2715 Ch. de la Côte Ste-Catherine,
Montréal (Qc) Canada - H3T 1B6

Téléphone: (514) 845-0285
Télécopie: (514) 845-3974

Spiritualité 2000 est un webzine mensuel né de la volonté d'offrir sur la toile un site où il serait possible aux internautes de s'initier à la spiritualité chrétienne ou d'en approfondir leur connaissance.

Pour en savoir plus...

Provincialat

2715 ch. de la Côte-Sainte-Catherine,
Montréal (QC)
Canada H3T 1B6

téléphone : (514) 341-2244 télécopie : (514) 341-3233

Pour tout commentaire au sujet de notre site, veuillez écrire à l'adresse suivante:

Webmestre provincial

Contacts en Ontario et en Colombie Britannique

Toronto

Priory of St Thomas,
372 Huron Street,
Toronto (Ontario)
Canada M5S 2G4

téléphone: (416) 595-5665
télécopie: (416) 596-1017

Ottawa

Couvent Saint-Jean-Baptiste
96 Empress Avenue, Ottawa, ON, Canada
K1R 7G3

téléphone:(613) 232-7363 télécopie: (613) 236-3869

Vancouver

Community of Saint Mary 3396 Auftrey Av.
Vancouver (BC)
Canada V5R 4V9

téléphone: (604) 437-1852
télécopie: (604) 437-1852

St. Mary's Parish:
téléphone: (604) 435-9611

Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

logo