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Une vitalité paradoxale de la vie consacrée: les fondations post-conciliaires

Conférence donné au Centre culturel chrétien de Montréal le 15 mars 2012

par Rick van Lier, o.p.

Rick van Lier est dominicain et professeur à l'Institut de pastorale des Dominicains, à Montréal, où il enseigne dans les domaines de la sociologie de la religion, de l'histoire de l'Église et de la théologie de la vie consacrée. Il est également titulaire de la Chaire Tillard sur la vie religieuse du Collège universitaire dominicain, et siège comme membre de la Commission théologique de la Conférence religieuse canadienne, au service des Supérieur(e)s Majeur(e)s du Canada. Il rédige en ce moment une thèse de doctorat en théologie portant sur les communautés nouvelles et les nouvelles formes de vie consacrée (Université Laval).

Durant les décennies qui ont suivi le concile Vatican II (1962-1965), la vie consacrée a connu, en Occident, de multiples formes d'amenuisement. Paradoxalement, au même moment, de nouvelles fondations voient le jour, au Québec, comme ailleurs dans le monde. Quels sont les traits de ce phénomène? Quels sont les facteurs d'attrait? Et quels sont les défis pour l'avenir?

Dans l’ouvrage de Claude Gravel, La Vie dans les communautés religieuses, la postface est signée par Luc Noppen. Ce dernier écrit : « Dans dix ans, on ne verra plus de religieux; dans vingt ans, il n'y en aura plus. Du moins pas comme on les connaît aujourd'hui (3). » De son côté, Claude Gravel, au terme de son parcours historique, écrit : « Mais la braise couve toujours, là où naguère un immense feu s'embrasait. Discrètement, presque inconnues du grand public, de nouvelles formes d'engagement spirituel et communautaire sont apparues ces dernières années […]. Certains de leurs membres n'ont pas trente ans (4). »

Je voudrais, d'une part, offrir ici une vision différente – quoique complémentaire – de celle de monsieur Noppen. Et je souhaiterais, d'autre part, reprendre le fil de l'histoire où monsieur Gravel l’a laissé. Depuis plus de quinze ans (5), je me suis fait l'observateur d'un phénomène étonnant, paradoxal même en regard de la grande mutation que connaissent les communautés anciennes en Occident : les décennies qui ont suivi le concile Vatican II (1962-1965) ont été le théâtre d'un pullulement de fondations nouvelles, ici, au Canada, au Québec, comme ailleurs dans le monde. Ce que je considère, pour reprendre le titre d'un article des sociologues Raymond Lemieux et Jean-Paul Montminy, comme un signe de la vitalité paradoxale du catholicisme, et particulièrement de la vie consacrée en son sein (6).

Pour vous donner un aperçu du phénomène, je procéderai en trois temps. Pour commencer, je vous proposerai une triple catégorisation des fondations nouvelles, avec quelques données statistiques à l'appui. Ensuite, je présenterai un certain nombre de facteurs d'attrait qui expliquent le succès relatif de ces groupes. Et pour terminer, j'évoquerai quelques-uns des défis qu'ont à relever les fondations nouvelles afin de durer dans le temps.

1. Typologie des fondations nouvelles et statistiques

Un premier critère de classement des fondations, dites « nouvelles », concerne le moment de l'histoire où elles sont apparues. Ce sont, pour la plupart, des fondations post-conciliaires, c'est-à-dire nées après 1965, année de la fin du concile Vatican II. Je dis pour la plupart, car déjà avant le Concile nous avons vu surgir des communautés de vie consacrée d'un type nouveau, qui se rapprochent des communautés nouvelles que je présenterai dans quelques instants (7). Je mentionne cela, simplement pour faire saisir d'emblée que les fondations contemporaines ne surgissent pas de nulle part. Elles sont plutôt les fruits d'une maturation, qui sous l'impulsion du renouveau théologique, et particulièrement ecclésiologique, du concile Vatican II, ont pu éclore; même si le phénomène, à première vue, a semblé étonnant et inattendu pour plus d'un.

Ces fondations nouvelles peuvent être classées en trois catégories.

Premièrement, les nouveaux instituts religieux. Les communautés de ce type regroupent de manière distincte, des hommes ou des femmes. Tous sont consacrés à Dieu dans le célibat, et font profession des conseils évangéliques (pauvreté, chasteté et obéissance). Nous retrouvons, parmi les hommes, des membres ordonnés au ministère diaconal et presbytéral. Ces fondations peuvent être dites « nouvelles » au sens chronologico-historique du terme. Mais du point de vue du droit ecclésial, elles entrent simplement dans les catégories canoniques existantes, nommément les « instituts religieux » (cf. CIC can. 607-709), à l'instar des Dominicains, des Jésuites ou encore des Soeurs de la Charité. Parmi les nouveaux instituts religieux, nous retrouvons, par exemple, la Congrégation Saint-Jean (institut masculin, institut féminin), les Petits frères de la Croix (institut masculin), ou encore les Fraternités monastiques de Jérusalem (institut masculin, institut féminin).

Deuxième catégorie parmi les fondations nouvelles : les communautés nouvelles mixtes. Ces communautés réunissent des hommes et des femmes. Tous sont consacrés à Dieu dans le célibat, et professent les trois conseils évangéliques. Là aussi, parmi les hommes, certains sont ordonnés au ministère diaconal et presbytéral. La mixité des sexes empêche toutefois ces communautés d'être reconnues au nombre des formes canoniques de la vie consacrée. Juridiquement, ce sont des associations de fidèles (cf. CIC can. 298-329). Parmi ces communautés, nous retrouvons, par exemple, la Famille Myriam Beth'léhem, de même que la Famille Marie-Jeunesse.

Troisième catégorie: les communautés nouvelles plurivocationnelles. À l'instar du type précédent, ces communautés regroupent des hommes et des femmes. Ceux-ci peuvent toutefois appartenir à des états de vie différents : il y a des membres, hommes et femmes, consacrés à Dieu dans le célibat par la profession des conseils évangéliques. Il y a des ministres ordonnés. Puis, et c'est la note originale de ces communautés, il y a des membres mariés, le cas échéant des familles, qui appartiennent intégralement à la communauté – ce ne sont pas des « laïcs associés », comme il s'en trouve déjà au sein des instituts anciens. Ces couples, qui peuvent s'engager à vie, vivent dans l'esprit des conseils évangéliques (pauvreté, chasteté conjugale et obéissance). En raison de la mixité des sexes, puis de l'intégration des couples mariés, ces communautés n'entrent pas, elles non plus, dans les cadres canoniques existants de la vie consacrée. Juridiquement, ce sont des associations de fidèles. La Communauté du Chemin Neuf, la Communauté du Verbe de Vie, ou encore la Communauté des Béatitudes, ont ce profil (8).

À combien estime-t-on le nombre de fondations nouvelles, toutes catégories confondues? En 2010, le professeur Giancarlo Rocca, de Rome, a publié, pour la première fois, un recensement des fondations nouvelles dans le monde catholique. Son enquête, menée à travers une quarantaine de pays, a permis de recenser près de 800 nouvelles fondations, majoritairement fondées après le Concile (9). Il est intéressant de noter que les décennies consécutives de 1970 à 1980, puis de 1980 à 1990, ont toutes deux connu une croissance significative, avec respectivement 190 et 222 fondations nouvelles (10). J'ai participé à cette étude pour la partie canadienne. Du point de vue du nombre de fondations nouvelles, le Canada se classe au quatrième rang mondial, après les États-Unis (205), l'Italie (200), et la France (161) (11). Bien qu'une étude socio-démographique systématique reste à faire au Canada, mes dossiers m'ont permis de recenser approximativement 54 fondations nouvelles, chiffre qui exclut, par ailleurs, les fondations aujourd'hui disparues. Comme vous le savez, au Canada, 75 % des religieux et des religieuses sont au Québec (12). Par voie de comparaison, 78 % des fondations nouvelles au Canada sont au Québec, et de ce nombre, près de la moitié sont d'origine française établies au Québec. Le milieu franco-canadien semble donc particulièrement favorable à l'éclosion de la vie consacrée. Ce que ces chiffres ne révèlent toutefois pas, et c'est la limite actuelle de l'estimation, c'est le nombre de membres pour chacune des fondations nouvelles. Dans certains cas, cela représente une dizaine de membres, dans d'autres, plusieurs centaines.

2. Facteurs d'attrait

Quelques mots, maintenant, sur les facteurs qui attirent de nouveaux membres au sein des fondations nouvelles. Je ne pourrai pas développer chacun des points comme je le souhaiterais, mais je vous les présente succinctement comme des points de repère analytiques. Un premier facteur d'attrait : Dieu. Une quête religieuse intense, qui a sa source, pour chacun des membres, dans la rencontre personnelle avec le Christ Jésus. Bien que certains membres aient connu un cheminement progressif dans la foi et au sein de l'Église, un nombre notable de personnes parlent de leur parcours en terme de « conversion », isolant un moment charnière qui a réorienté leur existence. Il est à souligner que le Renouveau charismatique a été un terreau particulièrement fertile pour l'éclosion de nouvelles communautés. Plusieurs communautés se réclament de ce courant spirituel. Par ailleurs, et ceci rejoint la totalité des fondations, la prière occupe une place prédominante dans la vie des communautés. Les nouvelles communautés attirent, car on y consacre du temps à la prière. Nombre de communautés ont adopté un mode de vie semi-contemplatif. Ce qui – et c'est mon hypothèse – les rapproche davantage des ordres conventuels du Moyen Âge que des communautés apostoliques nées au XIXe et au XXe siècles.

Second facteur d'attrait : la communauté. Les nouvelles communautés attirent souvent par l'intensité des relations fraternelles qu'on y vit. La mixité hommes-femmes, de même que la présence des divers états de vie et des ministères, exercent également un attrait. À cet égard, deux notions clefs, « enrichissement mutuel » et « complémentarité », se retrouvent habituellement dans le discours des membres. Enfin, il faut également souligner que les moyennes d'âge au sein des nouvelles communautés sont souvent basses, plus basses en tout cas qu'au sein des communautés anciennes. L'adage semble se vérifier : des jeunes attirent des jeunes. En même temps, j'ajoute que les plus anciennes des fondations nouvelles connaissent aujourd'hui une réalité qui leur était inconnue jusqu'ici : elles commencent à avoir des personnes âgées. Le défi des rapports intergénérationnels est désormais une réalité marquante de leur vie et de leur évolution.

Troisième facteur d'attrait : l'appartenance à l'Église catholique. Les nouvelles communautés ne se pensent pas en dehors de l'Église. Leur affiliation au catholicisme est garant de leur crédibilité, et source d'attrait pour les nouveaux membres. En général, on y retrouve un accueil favorable des figures d'autorité (le pape, les évêques), de même que de l'enseignement du Magistère de l'Église. En contrepartie, ces communautés reçoivent aussi la confiance des Pasteurs de l'Église, notamment dans le dossier de la nouvelle évangélisation. J'y reviendrai. Ces communautés sont-elles plutôt traditionnelles dans leurs croyances et dans leurs pratiques? C'est une question posée par plusieurs, et je ne voudrais pas l'esquiver. Une analyse de cette problématique requiert un regard nuancé, et qui se méfie des catégories toutes faites. La réalité humaine se classe rarement, sinon jamais, dans les polarités simplistes de gauche ou de droite. Le chapelet, l'adoration eucharistique ou encore l'habit religieux, côtoient, en même temps, la mixité des sexes, l'intégration des couples et des familles, l'ouverture à l'oecuménisme et les moyens modernes d'évangélisation. Le secret de leur succès est sans doute dans cette alliance d'éléments anciens et nouveaux.

Quatrième et dernier facteur d'attrait : la mission en syntonie avec les impératifs de la nouvelle évangélisation. La mission évangélisatrice de l'Église comporte, comme vous le savez, de multiples expressions. J'en nomme quatre principales : l'annonce explicite de l'Évangile; l'approfondissement de l'expérience spirituelle; l'éducation à la foi (catéchèse et théologie); et enfin, l'engagement social. Fondées au moment où, dans l'Église, il est de plus en plus question de la nouvelle évangélisation, les fondations nouvelles en saisissent d'emblée les grands enjeux (13). Les trois premiers aspects que j'ai mentionnés leur semblent correspondre, en général, aux besoins les plus urgents du moment. L'annonce explicite de l'Évangile a, le plus souvent, priorité sur la spiritualité de l'enfouissement. En lien avec la prière, ces communautés se veulent des écoles de spiritualité. Nombre de communautés ont également créé des écoles de la foi et proposent divers parcours catéchétiques. Quant à l'engagement social, il n'est pas en reste, mais j'observe un investissement moindre, ou du moins un ordre de priorité différent, par rapport aux communautés anciennes fortes d'une longue tradition d'insertion sociale (écoles, hôpitaux, assistance sociale, etc.). À besoin nouveau, communautés nouvelles; il en a toujours été ainsi dans l'histoire de l'Église.

3. Défis au regard de l'avenir

Pour terminer mon parcours : quels sont les défis que rencontrent les fondations nouvelles au regard de leur avenir? Je m'en tiendrai à deux aspects.

Le premier : contrer la tentation du sectarisme. Les nouvelles communautés sont-elles des sectes? Non. Leur appartenance à l'Église les en préserve, en théorie. Dans les faits, certaines communautés peuvent cependant adopter des traits sectaires caractérisés par un repliement sur soi, et des degrés variables de rupture avec certains milieux ecclésiaux et sociaux. Des dysfonctionnements internes, des rapports faussés aux figures fondatrices, ou encore le manque de discernement prudentiel dans l'admission de nouveaux membres, figurent parmi les causes qui ont occasionné un certain nombre de dissolutions – souvent douloureuses – de communautés (14). Cette note, plus négative, ne doit cependant pas conduire à une attitude méfiante à l'endroit des fondations nouvelles. Les crises de croissance font partie de toute vie humaine. Les communautés anciennes, ne l'oublions pas, ont elles aussi, un jour, été nouvelles. Elles ont connu – et peuvent sans doute connaître encore – des difficultés similaires. En 2006, Benoît XVI invitait les pasteurs de l'Église à aller au-devant des fondations nouvelles « avec beaucoup d'amour (15) ». C'est l'attitude fondamentale qui doit conditionner le regard lucide que nous pouvons poser sur ces réalités nouvelles.

Le second aspect : l'institutionnalisation du charisme fondateur. Trente ou quarante ans d'existence, ce n'est pas rien, mais ce n'est guère probant en regard de la longue histoire de la vie consacrée. Certaines fondations nouvelles traverseront peut-être le cap des siècles. Mais ce sera une minorité. Il n'y a rien d'alarmant : l'histoire montre que les communautés religieuses évoluent suivant des cycles de vie, de mort et parfois de renaissances (16). La majorité d'entre elles finissent toutefois par s'éteindre au terme de quelque 300 ans d'existence (17). En ce qui concerne les communautés naissantes, leur durée, à moyen et à long terme, tient à au moins un facteur : la capacité de traduire le charisme originel en une forme institutionnelle objective. Les communautés, principalement par la rédaction de leurs Règles de vie, se dotent de bases objectives, capables de transcender le charisme personnel du fondateur ou de la fondatrice, et de survivre à leur éventuel décès. Du côté des autorités de l'Église, un important travail de discernement théologique et canonique est en cours (18). La question : comment inscrire dans le droit ecclésial et ses institutions les traits originaux des communautés nouvelles mixtes et plurivocationnelles? Des voies nouvelles sont à l'essai et à l'étude. L'important est de s'assurer que ce phénomène ne constituera pas une parenthèse dans la vie de l'Église.

Mon objectif était de vous montrer que les décennies qui ont suivi le Concile n'ont pas été un long hiver (19), ou encore un état de désert pour la vie consacrée. Il n'en est ainsi, à mon sens, ni pour les communautés anciennes, et encore moins pour les fondations nouvelles. Je conclus avec une expression imagée. Elle est attribuée à Gandhi : « Lorsqu'un grand arbre tombe, il fait beaucoup de bruit; cela nous empêche d'entendre la forêt qui germe ». Le grand arbre, vous l'aurez compris, c'est la grande Église institutionnelle et ses communautés religieuses nombreuses, visibles et très présentes dans le passé, surtout au Québec. La forêt qui germe, c'est le renouveau multiforme de la vie consacrée. Je souhaite que notre regard, empreint d'une espérance lucide, se porte sur la vie émergente. « Voici que je fais toute chose nouvelle », est-il dit dans l'Apocalypse (21,5). Ne le voyez-vous pas?

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NOTES

1 É.-Martin MEUNIER et Jean-Philippe WARREN, Sortir de la « Grande noirceur ». L’horizon « personnaliste » de la Révolution tranquille, Sillery, Les Éditions du Septentrion, 2002.

2 Georges CROTEAU, Les frères éducateurs, 1920-1965. Promotion des études supérieures. Modernisation de l'enseignement public, Montréal, Hurtubise HMH, 1996.

3 Luc Noppen, « Postface », dans Claude Gravel, La vie dans les communautés religieuses: l'âge de la ferveur, 1840-1960, Montréal, Éditions Libre Expression, 2010, p. 211.

4 Claude Gravel, La vie dans les communautés religieuses: l'âge de la ferveur, 1840-1960, Montréal, Éditions Libre Expression, 2010, p. 210.

5 On trouvera une liste complète de mes publications sur le site de l'Institut de pastorale des Dominicains: http:// www.ipastorale.ca/formation/professeurs/rvanlier.htm

6 Raymond Lemieux et Jean-Paul Montminy, « La vitalité paradoxale du catholicisme québécois », dans G. Daigle et G. Rocher (dir.), Le Québec en jeu; Comprendre les grands défis, Presses de l’Université de Montréal, 1992, p. 575-606.

7 Nous pouvons penser, par exemple, aux Foyers de Charité de Marthe Robin (1936), à la communauté oecuménique de Taizé, fondée par le frère Roger Schutz (1940) ou encore à la communauté de l'Arche, fondée par Lanza del Vasto (1948). L'historien Olivier Landron démontre cela dans une partie de son ouvrage consacré aux communautés nouvelles en France, partie intitulée « Les racines des communautés nouvelles ». Cf. Les communautés nouvelles. Nouveaux visages du catholicisme français, Paris, Cerf, coll. « Histoire », 2004, p. 13-138.

8 Nous donnons ces exemples avec une certaine précaution. Certaines de ces communautés ont connu des transformations structurelles récentes. C'est le cas de la Communauté des Béatitudes, qui, constituée à l'origine comme communauté plurivocationnelle, a connu récemment une restructuration importante qui la conduira prochainement au statut de Famille ecclésiale de vie consacrée. De plus, au sein de certaines communautés plurivocationnelles nous avons vu apparaître des particularismes juridiques pour les clercs et les célibataires consacrés. La Communauté du Chemin Neuf, par exemple, comprend en son sein l'Institut du Chemin Neuf, institut religieux clérical de droit pontifical reconnu en 2009.

9 Giancarlo Rocca, Primo censimento delle nuove comunità di vita consacrata, Rome, Urbaniana University Press, coll. « Grandi opera », 2010, 300 p. Nous pouvons ajouter à la mention de cette publication le répertoire des associations de fidèles de droit pontifical produit par le Conseil pontifical des laïcs : Associations internationales de fidèles. Répertoire, Città del Vaticano, Libreria Editrice Vaticana, 2006, 310 p. Au nombre des associations recensées, nous retrouvons indistinctement des mouvements ecclésiaux (anciens et nouveaux) et des communautés nouvelles, cependant pas de nouveaux instituts religieux.

10 Giancarlo Rocca, Primo censimento…, p. 10.

11 Giancarlo Rocca, Primo censimento…, p. 10.

12 En 2010, les statistiques de la Conférence religieuse canadienne, représentant 200 instituts membres de la CRC, révélaient que des 19 235 religieux-ses au Canada, 14 282 sont au Québec. Cf. Conférence religieuse canadienne, Statistiques 2009-2010, 2 p. : http://www.crc-canada.org/sites/default/files/files/STATISTIQUES%20CRC %202009-2010.pdf [consulté le 14 mars 2012].

13 Pour un approfondissement de ce thème voir : Rick van Lier, « La vie religieuse et les défis de la " nouvelle évangélisation " », Bulletin CRC [Conférence religieuse canadienne], vol. 7, no 1, hiver 2010, p. 16-17. Également : http://www.crc-canada.org/sites/default/files/files/BULLETIN%20CRC%20VOLUME %207%20NUMERO%201.pdf; Jean Rigal, « La nouvelle évangélisation. Comprendre cette nouvelle approche. Les questions qu'elle suscite », Nouvelle revue théologique, no 127, 2005, p. 436-454.

14 Sur ce dernier aspect, l'on relira avec profit l'intervention du cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, lors du Synode des évêques sur la vie consacrée, en 1994 : « Les communautés nouvelles [Intervention au Synode des évêques sur la vie consacrée, 11 octobre 1994] », L'Osservatore romano [éd. française], no 45, 8 novembre 1994, p. 54. Le Cardinal, se basant sur de multiples expériences canadiennes, proposait une série de huit suggestions pour aider les fondations nouvelles à évoluer sainement au sein de l'Église et de la société.

15 Cf. Benoît XVI, « Discours de Benoît XVI aux Évêques de la Conférence épiscopale de la République fédérale d'Allemagne. Le Saint-Père reçoit le deuxième groupe d'Évêques allemands en visite " ad limina Apostolorum " [18 novembre 2006] », L'Osservatore romano [éd. française], no 50, 12 décembre 2006, p. 5. Voir également Conseil pontifical pour les laïcs / Collectif, Pasteurs et mouvements ecclésiaux. Séminaire d'études pour évêques [Rocca di Papa, 15-17 mai 2008], Cité du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, coll. « Laïcs aujourd'hui », no 14, 2010, 222 p.

16 Sur cette dynamique, en contexte contemporain, voir les propos éclairants de Patricia Wittberg, « Apostolat religieux, passé et futur : les leçons du présent cycle de refondation (Partie I) », En son nom. Vie consacrée aujourd'hui, vol. 67, no 3, 2009, p. 176-190, et « Apostolat religieux, passé et futur: les leçons du présent cycle de refondation (Partie II) », En son nom. Vie consacrée aujourd'hui, vol. 67, no 4, 2009, p. 244-252.

17 « Les instituts de vie religieuse, écrit Raymond Hostie, ont la vie dure. Il leur faut une période de gestation de dix à vingt ans. Pour se consolider, il leur faut presque le double de temps. Leur épanouissement (s'il n'est pas postposé par une période d'incubation) prend près d'une centaine d'années. Ils se stabilisent pendant un temps presque égal. Puis, brusquement, ils amorcent une courbe rentrante, qui, à son tour, peut durer de cinquante à cent ans. Après quoi, d'après les circonstances, l'extinction est dûment enregistrée… bien plus tard. Le cycle de vie complet des groupements de vie religieuse s'étale sur une période variant entre deux cent cinquante et trois cent cinquante ans. […] Mais il y en a aussi qui depuis de nombreux siècles se maintiennent : les Bénédictins depuis bientôt quinze siècles, les Chartreux depuis neuf, les Cisterciens, les Prémontrés et les Croisiers depuis plus de huit, les Franciscains, les Dominicains, Carmes, Servites et Augustins depuis plus de sept. Et nous n'avons énuméré que quelques-uns des principaux ordres. Pas mal de groupements jouissent donc d'une longévité exceptionnelle. Nous maintenons cependant notre hypothèse : le cycle de vie complet d'un groupement religieux est bouclé en quelque trois cents ans. […] Rappelons-nous que des 105 fondations réalisées avant 1600, il n'y en a plus que 25 qui sont encore actuellement en vie. Il est donc clair que les exemples de longévité sont des exceptions. Trois fondations sur quatre ont bouclé le cycle que nous avons mis en évidence. Elles se sont éteintes à jamais » (Raymond Hostie, Vie et mort des ordres religieux. Approches psychosociologiques, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Bibliothèques d'études psycho-religieuses », 1972, p. 312-313).

18 Pour une présentation de l'état actuel du discernement au regard des fondations nouvelles, voir notre article « Communautés nouvelles : bilan et prospectives », Vies consacrées [Bruxelles], à paraître en avril 2012.

19 Il vaut la peine de rapporter les propos du cardinal Joseph Ratzinger, qui, en 1998, s'est adressé en ces termes aux représentants de 56 mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles réunis à Rome : « Ce fut pour moi un événement merveilleux, lorsque, au début des années soixante-dix, j'entrai plus étroitement en contact pour la première fois avec des mouvements comme le Néo-catéchuménat, Communion et Libération, les Focolarini, et que je découvris l'élan et l'enthousiasme avec lesquels ils vivaient leur foi, et se sentaient poussés à communiquer aussi aux autres cette joie rayonnante de la foi, qui leur avait été donnée comme un don gratuit. C'était l'époque que Karl Rahner et d'autres ont appelé l'hiver de l'Église; il semblait en effet, qu'après le grand élan du Concile, étaient arrivés, à la place du printemps, le froid, et au lieu d'une nouvelle vitalité, la lassitude. La dynamique paraissait alors se présenter en des endroits tout différents, là où on se disposait à faire, par ses propres forces et sans faire appel à Dieu, le meilleur des mondes à venir. […] La parole de Rahner était tout à fait compréhensible, elle rendait compte d'une expérience que nous faisions tous. Mais voici que surgit brusquement quelque chose que nul n'avait prévu. Voilà que l'Esprit Saint avait, pour ainsi dire, demandé à nouveau la parole » (Joseph Ratzinger, « Les Mouvements d'Église et leur lieu théologique [allocution du 27 mai 1998] », La Documentation catholique, no 2196, 17 janvier 1999, p. 81).

 

 

 

 

 

 

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