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La grâce de la prédication

 

 

fr. Simon Tugwell, o.p.

Quand, dans l'Évangile de saint Jean, les Juifs étonnés demandèrent comment il se faisait que le Christ possédait un tel savoir, puisque, en vérité, il n'avait fréquenté aucune école, il répondit : « Ce que je dis n'est pas de moi, mais de mon Père qui m'a envoyé » (Jean 7:15). Ceux qui cherchent à le suivre, qui sont appelés à partager sa mission, doivent aussi comprendre que leur prédication vient de Dieu et non pas d'eux-mêmes.

Un dominicain, maître des novices à Toulouse écrit en 1283, pour l'édification de ses novices, un livre dont la préface est une prière à l'Esprit-Saint: « De tout coeur, je me tourne vers vous, Esprit-Saint, Dieu très miséricordieux et généreux, à qui il arrive, selon son bon plaisir, de dire tant de paroles réconfortantes par la bouche même des pécheurs. Je suis un pauvre pécheur (peccatore homuncio), mais tel que je suis, je suis votre serviteur (servulus qualiscumque). Puisque vous m'avez inspiré de m'engager dans une telle entreprise, je vous supplie, par la miséricorde du Christ et l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, la Mère du même Christ, le Crucifié, par les mérites de notre bienheureux Père Dominique et les prières des novices de notre Ordre, dont le soutien et l'instruction sont mon premier souci, permettez .que, dans l'abondante miséricorde de votre grâce, par mon ministère, le présent ouvrage soit utile à votre gloire et honneur, afin que ceux qui le liront sachent, Seigneur, que c'est votre grâce qui l'a mené à bon terme ».

Voilà qui nous permet de saisir la touche humaine dans les pieuses exagérations des Vies des Frères, comme ceux qui manifestaient tant de ferveur à prêcher, que plusieurs d'entre eux ne pouvaient en conscience s'asseoir à table avant d'avoir prêché à une personne au moins ce jour-là. Et par une onction mystérieuse, l'Esprit-Saint suppléait à leur manque de savoir.

Le recours aux prières des novices de Toulouse pour qui il écrit, indique chez leur père-maître la conscience du fait que ce n'est pas tant la fidélité du prêcheur que celle de ses auditeurs qui obtient de Dieu le don de la parole inspirée (et inspirante). La référence à saint Dominique prouve que les frères n'avaient pas perdu la portée de son geste quand il les envoyait prêcher malgré leur manque de préparation, leur donnant cette assurance : « Je prierai pour vous ». L'Ordre a conservé avec reconnaissance le souvenir de ces prières offertes pour eux et la précieuse promesse que Dominique serait plus plus utile encore après sa mort que de son vivant. On le rappelle dans ce vénérable répons « O spem miram », composé un peu avant 1256.

Saint Dominique savait qu'il n'existe aucune contradiction entre la grâce surnaturelle et l'effort humain. Comme nous l'avons vu, il fit le nécessaire pour que les frères puissent recevoir la meilleure formation théologique possible. Mais il priait aussi avec ferveur pour qu'ils reçoivent les dons de l'Esprit-Saint.

Ses disciples ne pouvaient pas toujours maintenir en équilibre tous les éléments disparates qui donnaient tant de richesse à la personnalité et à la vision de saint Dominique. A cause de l'exagération de l'un ou de l'autre élément, très vite des tensions se firent jour. Les Vies des Frères mentionnent un certain frère allemand qui préférait la prière à l'étude ; sans cesse, les frères l'accusaient de se rendre ainsi inutile à l'Ordre. Dans sa naïveté, il demanda au Seigneur de changer en savoir le tiers de cette douceur qu'il éprouvait dans la prière. On nous dit que le Seigneur l'exauça, de sorte que par la suite, il excellait dans la prédication tant en latin qu'en allemand et devint un « magno consilio pollens » (un conseiller célèbre par la sûreté de ses conseils).

Thomas de Cantimpré se souvient personnellement qu'un jour le bienheureux Jourdain de Saxe, lors d'un Chapitre général, se trouva en sérieuse difficulté pour avoir reçu dans l'Ordre, à Paris, soixante jeunes gens tellement illettrés qu'ils pouvaient à peine lire une des leçons des Matines, même après l'avoir fréquemment répétée. Le bienheureux Jourdain dit alors : « Laissez-les tranquilles, ne méprisez aucun de ces petits. Je vous le dis, vous verrez beaucoup d'entre eux, sinon presque tous, devenir de merveilleux prêcheurs par qui le Seigneur accomplira son oeuvre pour le bien des âmes, encore mieux qu'il ne le fait à l'aide d'hommes beaucoup plus intelligents et éduqués ». Thomas nous assure que la prédiction de Jourdain se réalisa.

Il semble qu'alors comme de nos jours, on pouvait dénoter chez certains Dominicains une teinte de cynisme - ce qui n'est pas toujours mauvais signe - qui les rendait sceptiques devant les prétentions d'inspiration divine. Mais pour respecter la tradition et l'expérience de l'Ordre, de même que la tradition de l'Évangile et de l'Église en général, il nous faut résister à la tentation de résoudre trop naïvement la tension entre l'inspiration et la formation toujours favorisée. Somme toute, - nous l'avons déjà noté - c'est précisément saint Thomas et saint Albert qui ont provoqué les foudres de Roger Bacon contre «ces jeunes gens sans expérience».

Le bienheureux Humbert de Romans n'était certainement pas un illuminé. Dans son traité « Sur la formation des Prêcheurs », il mentionne bon nombre de qualités morales, personnelles et intellectuelles nécessaires au prêcheur. Personne ne deviendra prêcheur sans un travail ardu. Néanmoins, il veut que le prêcheur-en-devenir sache qu'il existe une difficulté tout à fait spéciale dans l'art de la prédication : « D'autres disciplines sont acquises par la pratique fréquente. C'est en bâtissant qu'on devient bâtisseur ; c'est en jouant de la harpe qu'on devient harpiste. Mais la grâce de la prédication ne s'obtient que par un don spécial de Dieu. Au chapitre 10e de l'Ecclésiastique, il est écrit : « Le succès d'un homme est dans la main du Seigneur ». » La Glose interprète ce passage en référence avec le succès du prêcheur, car c'est seulement par un don de Dieu qu'un homme acquiert l'art de la prédication. Et il est plus difficile que tout pour un homme d'accomplir une tâche qu'il ne peut mener de son propre chef, mais sous la dépendance seule d'un facteur extérieur qui échappe à son contrôle ». De plus, « nombreux sont ceux qui peuvent enseigner tous les autres arts ; pour la prédication, il n'existe qu'un seul maître : l'Esprit Saint ». Voilà pourquoi, dit-il, « il existe et il a toujours existé de nombreuses personnes jouissant d'une éducation supérieure, qui se sont appliquées avec zèle et ardeur en vue d'obtenir la grâce de la prédication sans jamais pouvoir y réussir. Que de personnes, par ailleurs bien douées, ne puissent s'entraîner à un art prouve la difficulté de cet art ».

Afin d'illustrer l'importance de cette attitude, Etienne de Bourbon raconte l'histoire d'un personnage « excellent prédicateur à Paris ». Tout le monde le félicitait pour ses sermons, lui disant que de motifs il avait d'en glorifier Dieu, l'assurant que personne n'était aussi savant que lui. Toutes ces louanges allumèrent en lui la suffisance. Au lieu de rendre gloire à Dieu, il dit : « C'est ma lampe de chevet qu'il faut remercier. C'est mon ardeur à veiller auprès d'elle la nuit qui m'a rendu savant ». Aussitôt, il perdit en même temps la mémoire et le savoir.

Tout ce qui précède ne signifie nullement que le travail ardu soit inutile. « Bien que la grâce de la prédication soit surtout un don de Dieu, il n'en demeure pas moins qu'un sage prédicateur devrait, par une étude appliquée du sujet sur lequel il doit prêcher, prendre tous les moyens à sa disposition pour s'assurer qu'il prêche de façon satisfaisante ».

Le concept de la « grâce de prédication » (gratia predicationis) se rencontre aussi dans un important passage des Constitutions primitives : le mandat de prêcher émane de l'assemblée des capitulaires dont la tâche consiste à examiner chaque candidat pour déceler en lui « la grâce de prédication que Dieu y a déposée » et, en même temps, se renseigner sur ses études, sa vie religieuse, sa motivation et la ferveur de sa charité. La législation de l'Ordre reconnaissait ainsi que le premier « mandat » de prédication vient de Dieu. Il revient à l'institution de le discerner.

Le commentaire de Hugues de Saint-Cher sur le verset 15 du ioe Chapitre de l'épître aux Romains (« Comment prêcher sans être d'abord envoyé? ») dit précisément - et il est intéressant de le noter - : « S'il est évident qu'un religieux n'a pas reçu la grâce (si sciatur quod sit sine gratia), cet homme ne devrait pas être assigné à quelque tâche que ce soit en prédication publique ».

Dans la pratique, l'application de ce principe ne va pas sans difficulté. La preuve en est que le Chapitre général de 1249 a rayé des Constitutions tout ce passage et donné simplement aux prieurs la consigne de ne pas confier la tâche de prêcher à quiconque, .:était pas apte à ce ministère, soit à cause de son caractère ou des lacunes dans ses connaissances.

Comment comprendre que certaines gens aient pu tenir pour suspecte la théorie de la « gratia predicationis », si l'on considère, par exemple, la carrière de Jean de Vincence, une des lumières de cette célèbre année 1233, l'année du grand Alleluia. Cette année connut, surtout dans l'Italie du nord, une remarquable renaissance religieuse particulière mais non exclusive aux Dominicains". Ce mouvement constitue en partie l'arrière-plan de la canonisation de saint Dominique, à l'intercession de qui il fut attribué'9. Durant un certain temps, les Prêcheurs semblent avoir joui d'une telle popularité qu'ils purent amener des seigneurs ennemis à une réconciliation publique, si ce n'est toujours sincère. Ils réussirent aussi à se créer un pouvoir politique considérable au point de rédiger à nouveau les lois de plusieurs cités. Malgré leur authenticité, ces faits n'eurent probablement pas de répercussions profondes ou durables. Dans l'intention de mettre un terme à un tel état de choses, le chapitre général de 1234 défendit sévèrement et explicitement aux frères d'accepter des fonctions publiques ou d'agir comme arbitres dans les réconciliations.

Jean de Vicence travaillait surtout à Bologne, dont il révisa les statuts en 1233. En cet endroit, nous dit-on, il avait la grâce de la prédication. D'après les Vies des Frères, les habitants de Bologne lui étaient tellement dévoués qu'ils adressèrent au Chapitre général une pétition pour que jamais il ne quitta cette ville. Pourtant, d'après le chroniqueur franciscain Salimbene, c'était « un homme de peu de savoir, plutôt porté sur les miracles ». Il semble que sa renommée lui soit montée à la tête. En 1236, Jean se trouve en difficulté pour s'être fait nommé duc de Vérone à l'insu du Pape. Plus tard, grâce à l'intervention de l'évêque de Modène, il échappe de justesse à l'excommunication après être entré à Bologne avec toute la pompe normalement réservée au Pape. Avec le temps, nous rapporte Salimbene, « à cause des honneurs qui lui étaient rendus et du don de prédication qu'il avait reçu, il fut pris d'un tel égarement qu'il conçut la prétention d'opérer des miracles par ses seules forces, sans l'aide de Dieu... Quand il fut réprimandé par ses frères à cause de ses nombreuses extravagances, il répliqua : « Votre Dominique, c'est moi qui l'ai glorifié, alors que vous l'avez gardé au secret pendant douze ans. Si vous ne me laissez pas tranquille, je rendrai votre saint ridicule, et au monde entier je ferai connaître vos agissements ». Ils furent obligés de l'endurer ainsi jusqu'à sa mort, n'ayant trouvé aucun moyen pour le mettre au pas. Un jour qu'il s'arrêta dans une maison franciscaine s'étant fait raser par le barbier, il fut offusqué parce que les frères n'avaient pas recueilli ses poils pour en faire des reliques.

Les personnages inspirés ou charismatiques peuvent constituer une menace ! Il existe tout de même dans l'Église une véritable vocation prophétique dont on ne peut se permettre de faire abstraction. « Ils se trompent lamentablement, écrit saint Irénée, ceux qui, croyant à l'existence de faux prophètes, bannissent de l'Église le véritable don de prophétie ; ils sont comme ces gens qui se séparent de la communion de leurs frères simplement parce que quelques-uns de ceux qui viennent à l'église sont des hypocrites.
Nous avons vu dans la primitive Église, se développer côte à côte une hiérarchie territoriale bien déterminée et un « ordre de prophètes » qui, eux, ne sont généralement rattachés nulle part et dont la relation avec l'évêque du lieu et le clergé n'est pas définie. J'ai déjà soutenu que saint Dominique, pour la première fois, a vraiment réussi à créer un moyen de relier ces prophètes à la structure de l'Église, et ce d'une manière à la fois institutionnelle et canonique.

C'est vraiment en ces termes que le Pape Honorius III, dans une des principales bulles de recommandation, présente les Frères Prêcheurs aux évêques : « Puisque celui qui reçoit un prophète comme prophète reçoit la récompense d'un prophète, nous vous recommandons ces prêcheurs qui sont nécessaires à l'Église parce qu'il nourrissent le peuple de la Parole divine ; si vous les accueillez comme ils le méritent, vous recevrez vous mêmes une récompense incomparable.

Il est amusant, sinon réellement significatif, de constater que le Pape suggère aux évêques pour discerner les vrais prophètes la même méthode empirique que celle utilisée dans la Didachè tant de siècles auparavant et que le Moyen âge ignorait sûrement : si le prophète (ou le prêcheur) commence à demander de l'argent au cours de sa prédication, il s'agit là d'un faux prophète.

L'Église a besoin de prêcheurs dont la compétence n'est pas simplement réduite à un mandat juridique, ni envisagée comme dérivant automatiquement de certaines qualités ascétiques ou charismatiques. L'importance de ce besoin émergea clairement durant les douzième et treizième siècles par suite des nombreuses controverses dans l'Église. Que cette situation ait constitué un arrière-plan déterminant dans l'inspiration et l'acceptation ecclésiale des Dominicains, cela ne fait aucun doute.

Les Dominicains ont compris la nécessité de recevoir un mandat officiel de l'Église pour leur prédication ; mais ils ont saisi en même temps que ce n'est pas, en fin de compte, le mandat qui fait le prêcheur, mais la grâce de Dieu. Alors la vocation des frères, pourvu qu'ils soient précisément prêcheurs, est une chose indépendante et plus fondamentale que leur insertion dans l'institution de l'Ordre dominicain.

C'est peut-être là une des raisons pour laquelle les Dominicains des premières heures semblent avoir conservé un instinct particulier pour un genre primitif mais non spécifique d'aspiration religieuse qui ne pouvait être identifiée à une institution canonique quelconque.

Et ceci se reflète dans le type très particulier de profession qui a persisté dans l'Ordre avec une stabilité remarquable en dépit des sérieuses oppositions de la part du Pape.

En autant qu'on puisse retracer la coutume primitive de la profession dans l'Ordre, il semble que, dès qu'un homme entrait dans l'Ordre, on attendait de lui qu'il prononça un voeu de religion avant même le début du noviciat. Le voeu était d'ordre tout à fait général : « Je, N.... me voue et promets à Dieu et à sainte Marie que désormais je vivrai en religion et ne retournerai jamais au monde ». Suivait un noviciat d'environ six mois dont on pouvait, du reste, être dispensé. Alors seulement, s'il était accepté par les frères, le candidat pouvait être admis à la promesse de vie commune, de stabilité (signifiant la stabilité dans l'Ordre, non pas "stabilitas loci") et d'obéissance.

La coutume du voeu requis avant le noviciat vient des Prémontrés, de qui les premières Constitutions dominicaines ont beaucoup emprunté. Mais les Dominicains éliminèrent du voeu des Prémontrés toute référence à la vie commune. C'est le second voeu qui, dans les coutumes dominicaines, incluait cet aspect. Le premier voeu, très vague, ne comportait qu'une seule obligation canonique : le célibat, il ne comportait aucun engagement envers l'Ordre dominicain ou quelque autre institution, mais simplement l'expression formelle et personnelle d'un désir de vie intensément et totalement vouée à Dieu.

II est presque assuré que ce mode de profession a été inscrit dans les toutes premières Constitutions dominicaines. Il apparaît encore dans la recension de Raymond de Pennafort en 1239, bien qu'à cette époque, le voeu soit devenu optionnel. Le chapitre de 1241 l'approuve selon cette formule.

Cependant, en juillet 1236, le Pape Grégoire IX avait promulgué une bulle interdisant formellement aux Dominicains d'exiger n'importe quelle formule de voeu avant qu'un noviciat ne soit complété. Le Pape laisse entendre, sans toutefois l'exiger, que le noviciat devrait durer un an.

Quelques années plus tôt, en réponse à une intervention du Pape, les Prémontrés avaient entrepris la révision de leurs Constitutions. Notons qu'ils ont alors abandonné la coutume du voeu précédant le noviciat36, ce que les Dominicains semblent avoir ignoré.

En conséquence, une autre bulle est promulguée en 1244, accompagnée d'une menace d'excommunication en cas de désobéissance de la part des Dominicains. Cette fois, l'exigence d'une année de noviciat devient explicite et formelle.

Pourtant, rien ne bouge. Au chapitre général de 1250, une proposition veut rendre obligatoire l'année de noviciat et abolir le premier voeu. Cette proposition, approuvée en 1251, est rejetée en 1252, au moment même où elle devait être adoptée comme loi. En lieu et place, on propose de supprimer des Constitutions toute la section. En 1253 et 1254, aucune trace de ces dispositions. En 1255, une nouvelle proposition réclame l'abolition du voeu précédant le noviciat et l'obligation d'un noviciat pour tout aspirant avant qu'il ne soit admis à prononcer des voeux. Cependant la durée du noviciat n'est pas déterminée. La période de six mois précédemment suggérée n'est pas retenue et rien ne la remplace.

En 1256, une autre bulle papale reprend celle de 1244 et la complète en rappelant l'exigence d'une année de noviciat. Mais le Chapitre de 1257 confirme simplement la proposition formulée en 1255, qui devient ainsi loi.

Il semble que, en fait, l'année de noviciat soit alors devenue pratique normale; mais la possibilité de prononcer plus tôt un voeu n'est pas nécessairement exclue. En 1244, le Chapitre provincial de Rome mentionne des « novices-profes ». On peut donc présumer, selon cette indication, qu'un voeu pouvait être prononcé dans l'Ordre avant la fin de l'année de formation initiale. La première référence explicite concernant l'obligation légale d'une année de noviciat avant qu'aucun voeu ne soit émis apparaît dans un Directoire probablement rédigé vers 1300 pour le Provincial français.

L'absence de législation capitulaire sur cette question pourrait signifier que l'année de noviciat, devant être terminée avant l'émission de voeux, constituait une pratique généralement admise. Mais cela pourrait aussi indiquer certaine hésitation à modérer tout enthousiasme, en dépit de toutes les mesures de prudence à prendre pour que l'Ordre ne soit pas envahi par des jeunes indésirables. En fait, les fréquents rappels à la prudence adressés aux supérieurs concernant ceux qu'ils reçoivent dans l'Ordre sont, d'une certaine manière, j'imagine, signe que l'enthousiasme tenait encore suffisamment. Mais il ne s'agit peut-être, dans ce cas précis, que de l'enthousiasme de chaque communauté à compter le plus grand nombre possible de religieux.

Plus importante nous apparaît la survivance jusqu'en 1255 du voeu général de religion. On dirait vraiment que l'Ordre ne se résignait pas à renoncer à deux choses : d'une part, son aspiration la plus fondamentale, savoir, le désir ardent chez ses membres d'une vie totalement consacrée à Dieu ; d'autre part, l'institutionnalisation spécifique de ce désir demeurée secondaire. U Ordre procure le cadre dans lequel la vocation de l'individu peut se développer et s'exercer.

Nulle part, que je sache, on ne trouve exprimée la relation explicite entre ce qui précède, et la conviction que la prédication découle d'abord et avant tout d'une grâce prophétique, ensuite seulement d'un mandat de l'Église. Cependant, il n'est sûrement pas difficile de constater que l'étrange hésitation à identifier l'engagement monastique et l'engagement à l'institution spécifique va de pair avec la conviction déjà énoncée : un homme est prêcheur, non par l'action de l'homme, mais par la grâce de Dieu.

(Source : Tugwell, Simon. La voie du prêcheur. Dartman, Longman & Todd, Ltd., 1986.)

 

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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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