PROVINCE SainT DOMINIQUE

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Dominicans of Canada

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Relecture des origines dominicaines

 

fr. Marie-Humbert Vicaire, o.p.

 Le prologue des Constitutions dominicaines, de 1216 à 1932 , mentionne "le voeu de notre profession", qui est la source de l'unité de l'Ordre :Puisque la règle nous fait précepte de n'avoir qu'un coeur et qu'une âme dans le Seigneur, il est juste que vivant sous la même règle, liés par le voeu d'une unique profession, nous nous trouvions également unanimes dans l'observance de notre religion canoniale...

Dès ce moment, les questions se multiplient, dont nous devinons l'importance pour notre vie religieuse. Que signifient les mots "le voeu de notre profession" ? Que signifient exacte-ment les termes "profession", "faire profession" ? Que signifie enfin la formule entière de notre profession :

Moi, frère N., je fais profession et je promets obéissance à Dieu et à la bienheureuse Marie, et [je promets] à toi, frère N., prieur de ce couvent, qui représentes le frère N., maître de l'Ordre des Prêcheurs, ainsi que ses successeurs, selon la règle de saint Augustin et les Institutions des Frères de l'Ordre des Prêcheurs, que je te serai obéissant, ainsi qu'à tes successeurs, jusqu'à la mort.

L'UNIQUE VOEU

On peut répondre tout de suite à la première question : que signifie "le voeu de notre pro-fession" ? La phrase citée du prologue remonte textuellement au prologue des Institutions des Pères Prémontrés, au plus tard dans leur recension de 1160-1175. À cette date, la triade, "chasteté, pauvreté, obéissance", où l'on verra plus tard : "les trois voeux de religion", paral-lèle à la très ancienne triade de la règle de saint Benoît : "stabilité, perfection des moeurs [conversatio morum ], obéissance", le nombre trois faisant écho à la triple concupiscence de Saint Jean , commençait à peine à paraître dans une formule de profession isolée ; elle ne se répandra qu'à l'extrême fin du XIIe siècle et ne donnera lieu à un développement théologique qu'au XIIIe siècle seulement. La plus ancienne formule de profession de Prémontré (1135) se référait encore à la triade bénédictine : "Je promets la réforme [conversio] de mes moeurs, la stabilité locale... Je promets aussi l'obéissance parfaite dans le Christ.. ."

Quoi qu'il en soit, le "voeu unique" de la profession dont parle au second tiers du XIIe siècle le prologue de Prémontré, repris en 1216 par le prologue des Prêcheurs, ne fait aucunement allusion à ce qu'on appellera plus tard les "trois voeux de religion". Ce serait un anachronisme de conclure de l'expression "unius professionis votum", comme on le fait assez souvent, que la profession dominicaine n'a voulu exprimer qu'un seul des trois voeux de religion, expressément le voeu d'obéissance puisque ce mot revient avec insistance dans la formule dominicaine. En fait, loin de faire allusion auxdits trois voeux de religion, que nos textes constitutionnels ignorent entièrement à l'époque, notre prologue entend seulement souligner l'unité qu'assure à l'Ordre le voeu de notre profession.

Cette affirmation est confirmée par le commentaire de Humbert de Romans. Celui-ci fait remarquer, dans son Exposition sur les Constitutions, de l'Ordre :

Beaucoup vivent sous une règle unique, qui ne vivent pas, cependant, sous le voeu d'une unique profession. [Ainsi les bénédictins noirs et blancs.] Seuls les religieux sont dits "de la même profession" qui sont sous l'obéissance d'un unique prélat comme l'ensemble des Templiers, ou tout au moins sous le gouvernement d'un même chapitre général comme l'ensemble des Cisterciens .

On reviendra sur cette précision de Humbert. Concluons pour l'instant que notre profession constitue un voeu et que ce voeu est unique. Qu'est-ce donc que la "profession" ?

LA PROFESSION - FAIRE PROFESSION

La profession est un certain état, publiquement pratiqué . Le haut Moyen Âge connaissait trois états sacrés, ceux des clercs, des moines et des vierges. Ils correspondaient à un engagement stable, quoique implicite, signifié par deux mots équivalents propositum et professio, selon qu'on mettait l'accent sur la décision intérieure [proponere], ou sur l'affirmation publique [profiteri]. Le caractère sacré de cet engagement s'exprimait par les termes de sponsio, sacratio, votum . On trouve déjà dans saint Augustin l'expression voti professio à propos de l'état des veuves .

La manifestation de cet engagement, qui pour les premiers moines se faisait par la vêture et la pratique continue de la vie monastique, a été fixée par la règle de saint Benoît à un moment précis de la formation religieuse et confirmée par un écrit . L'usage bénédictin de la profession formelle s'étendit au XIe siècle à cette portion des clercs qui, en devenant chanoines réguliers, rejoignaient les moines dans la "vie religieuse". Elle entraîna la rédaction et l'usage des formules de profession canoniales.

L'une des toutes premières formules de chanoines réguliers utilisées en Espagne et en Languedoc, celle de Saint-Ruf , reprise par Marbach (1103 ?) , ne contient que deux termes, qui se retrouvent d'ailleurs dans la quasi-totalité des formules canoniales : le don de la personne à l'église canoniale personnifiée par son patron, et l'obéissance selon la règle au supérieur de la communauté :

Moi, frère N., je m'offre et me livre moi-même à l'Église de saint Ruf et je promets obéissance selon la règle de saint Augustin au Seigneur N. prévôt de cette église et à ses successeurs que la sanior pars [partie la plus qualifiée] de la congrégation aura canoniquement élu .

Le premier terme est le voeu proprement dit, une oblatio-traditio classique, où le chanoine offre et donne sa personne au sanctuaire personnifié par son patron et revêt l'état religieux. Le second ajoute une précision indispensable, elle détermine le bénéficiaire actuel de l'obéissance qui va lier de fait le chanoine à la communauté, selon la règle de saint Augustin, à savoir le supérieur et ses successeurs légitimes.

Or, c'est précisément le double engagement que Dominique a prononcé lui-même quand il fit profession au chapitre d'Osma, par une formule toute semblable à celle de Saint-Ruf et sans doute contemporaine de la fondation du chapitre (1131-1135). Voici cette formule archaïque que l'on a récemment retrouvée :

Moi fr. D., je m'offre et me livre moi-même à Dieu et à l'Église Sainte-Marie d'Osma, et promets l'obéissance, due selon la règle de saint Augustin au Seigneur D. N. évêque de la dite Église et au prieur de cette même Église et à leurs successeurs canoniquement intronisés .

C'est encore cet engagement en deux termes que la formule de profession dominicaine, que l'on a citée en tête de cette étude et qui est apparemment sortie de celle d'Osma , exprime depuis 1220-1221 jusqu'à nos jours. Dans son premier terme, le don de la personne, la formule dominicaine se garde de lier le profès à un sanctuaire ou à son patron, ce qui serait ruineux pour la mobilité du ministère de prédication qui constitue, dès 1215, l'essentiel du propos des Frères . Elle mentionne, comme bénéficiaire de l'offrande personnelle, Dieu et la Vierge Marie, à laquelle elle ne prête aucun patronage d'église. Quant à la nature du don, elle l'exprime par les mots "je fais profession et je promets obéissance". L'expression "faire profession", est classique dans les rituels pour annoncer l'engagement qui inaugure l'état religieux . Pour en évoquer le contenu, le texte dominicain a fait pénétrer le titre dans la formule. En employant cette périphrase, la formule dominicaine évite de prendre à son compte les précisions canoniales traditionnelles. Ce qu'elle fait aussi en employant le mot d'"obéissance à Dieu et à la Vierge Marie". Cette seconde périphrase donne au terme obéissance un sens bien plus large et profond que l'obéissance aux préceptes du supérieur. Ce n'est pas un acte moral de justice, mais un acte théologal, un don d'amour de charité, la réponse de l'homme à un appel à se donner à Dieu et à la Vierge, que signifiait le traditionnel "offerens trado meipsum".

De quand datent ces corrections de la formule de profession d'Osma ? On doit répondre : au moins de 1216, quand les frères ont fait profession explicite de la règle de saint Augustin. Mais ce pourrait être déjà en 1215, puisque c'est à ce moment seulement que la fondation de Dominique s'est trouvé sans église , ni patron. D'autre part, Jean de Navarre déclarera au procès de canonisation qu'il a "fait profession" au 28 août de cette même année . Le Livret de Jourdain de Saxe signale auparavant les deux premières "oblations" de frères à saint Dominique, Pierre Seilhan et Thomas de Toulouse . Enfin la charte du 25 avril 1215 , manifeste que ces oblations sont effectivement des professions à l'état religieux et l'entrée dans une communauté, puisque Pierre Seilhan a perdu tout droit de propriété, au profit de la "maison instituée" par Dominique, son supérieur.

Le second terme de la formule de profession dominicaine est parallèle à celui de Saint-Ruf et d'Osma. Il détermine la personne envers laquelle le frère se lie par l'obéissance au sens strict, le chef suprême de l'Ordre, dont le supérieur local n'est que le représentant. C'est que, en 1220-1221, la communauté dominicaine n'est plus une maison solitaire, mais désormais un Ordre universel, avec son maître et son chapitre général.

Ainsi, la formule de profession dominicaine évite dans son premier temps à la fois ce qui faisait le propre de la formule canoniale, le don de la personne à un sanctuaire et à son saint patron, et le propre de la formule bénédictine, l'énumération des exercices et vertus principales de la vie consacrée. Mais elle affirme les deux moments essentiels de la profession, l'oblation de la personne à Dieu dans une communauté qui fait le religieux et l'obéissance explicite, selon la règle, au chef de la communauté, jusqu'à la mort . Humbert a raison, ce qui fait du voeu de la profession dominicaine la source de l'unité de l'Ordre est bien cette dernière promesse. Le second temps de la formule dominicaine exprime vraiment l'un des caractères propres de l'ordre de saint Dominique : l'obéissance immédiate de tous les frères au Maître de l'Ordre quels que soient leur couvent et leur province d'origine. Cette situation constitue l'ensemble des Prêcheurs en une société perpétuelle d'évangélisation missionnaire éminemment dynamique, solidaire et centralisée grâce à son chapitre général et au Maître de l'Ordre, à l'oeuvre "dans l'univers entier" pour employer les termes de Jacques de Vitry.

LES VALEURS ESSENTIELLES DE LA VIE DES PRÊCHEURS

Cependant, les actes et les exercices essentiels de la vie des Prêcheurs, s'ils ne paraissent pas dans la formule de profession comme ils le font dans celle de saint Benoît, ne sont pas oubliés par les Constitutions dominicaines de 1216-1220. Ils sont indiqués dans les paragraphes qui encadrent l'énoncé de cette formule, en des termes qui sont d'autant plus significatifs qu'ils constituent parfois des additions dominicaines dans des textes empruntés aux Prémontrés ou à la règle de saint Benoît. Les voici par ordre chronologique de leur émergence dans l'incorporation des frères.

La "renonciation au siècle".

Au chapitre 14 des Constitutions primitives, concernant la réception dans l'Ordre et la vestition , dans un texte de 1216 emprunté aux coutumes de Prémontré, le supérieur, après avoir exposé les austérités de l'Ordre demande au candidat d'exprimer "sa volonté". "Veut-il observer tout l'ensemble ?" Le texte dominicain ajoute ici : "et renoncer au siècle " ? La réponse du candidat est considérée dans l'Ordre comme un véritable engagement. La recension des Constitutions par saint Raymond de Peñafort, en 1241, donne même la formule de cet engagement ou préprofession, qu'on laissait cependant à la décision du frère et qui disparut du texte en 1255-1257.

Il s'agit là d'une perspective qui remonte aux origines monastiques. La profession religieuse est considérée comme un rejet, voire une fuite du monde, en même temps qu'une "conversion" pour parler comme l'Évangile . Elle fait de la vie religieuse un état pénitentiel. Le novice qui avait fait la préprofession, s'il n'allait pas jusqu'à la profession dans l'Ordre, restait tenu à une vie religieuse, qu'il devait dès lors chercher dans une autre congrégation. L'attachement de saint Dominique à la préprofession coutumiére possède des raisons propres et profondes. Avant tout, sa hâte de recruter un grand nombre de prédicateurs évangéliques et de les lier le plus vite possible à leur tâche. D'où les promesses qu'il fait si souvent prononcer par des candidats qui ne sont pas encore en état de faire leur profession, ni même d'entrer dans l'Ordre. D'où, également, la liberté qu'il laisse à ses postulants, s'ils sont déjà formés, de renoncer au temps de noviciat, limité d'ailleurs à six mois. Les papes Grégoire IX, puis Innocent IV finiront par réagir contre les pressions exercées par l'Ordre sur ses postulants, qui allaient finalement contre l'institution même du noviciat . D'où l'effacement en 1257 de la préprofession dans l'Ordre.

La stabilité

La formule de profession dominicaine actuelle date de 1220-1221. Mais le chapitre 14 des coutumes de 1216 paraît suggérer une formule antérieure :
[Après la vestition du frère], cependant, avant qu'il ne promette la stabilité et la communauté et ne fasse obéissance au prélat et à ses successeurs, qu'on lui assigne un temps de probation .

Toutefois les deux mots "stabilité" et "vie commune", qui ne se trouvent pas dans notre formule, sont empruntés en même temps qu'une bonne partie du paragraphe aux coutumes des Prémontrés, où ils font allusion à la formule de profession de cet ordre, dans laquelle le mot de stabilité est précisé par l'addition in loco , la stabilité locale. Ils ne se réfèrent donc pas à une formule dominicaine, qui éviterait de lier systématiquement les frères à un lieu. Dans le texte dominicain du chapitre 14 il s'agit donc de la stabilité dans l'Ordre. Dans l'affirmation de ce type de stabilité, on retrouve cette fois encore le souci de Dominique et de ses premiers frères d'assurer la persévérance des recrues dans une vocation rude et exigeante . Enfin, quoiqu'on nomme ici trois termes : la stabilité, la communauté et l'obéissance, on remarque qu'il ne s'agit pas d'une triade comparable à la triade bénédictine, car l'obéissance à tel prélat, qui est de l'ordre du fait, n'est pas sur le même plan que les deux autres termes, qui sont de l'ordre des principes et appartiendraient seuls à la première partie d'une formule de profession.

L'oblation par la profession manuelle

Jourdain de Saxe, dans son Livret des origines, pour annoncer la profession des deux premiers frères, qui signifie le commencement de l'Ordre, emploie l'expression : "Ils s'offrirent [obtulerunt se] à frère Dominique"; l'un d'eux, Pierre Seilhan, a abandonné la propriété de ses biens, qu'a recueillie la communauté, en particulier les maisons dans lesquelles elle réside. Ce qui manifeste à la fois le caractère classique de cette oblation-tradition, et la coïncidence de l'entrée dans l'Ordre et de la profession, qu'on retrouve d'ailleurs quelques mois plus tard à propos du frère Jean, qui, on l'a dit, prit l'habit et fit profession le même jour dans l'église de Saint-Romain. Cette église, n'appartenant pas encore à l'Ordre, aucun lien n'était à redouter avec le sanctuaire du fait de la cérémonie. Le rite de l'engagement est lui-même indiqué. Il s'agit d'une "profession manuelle", selon le rite de tant d'engagements reçus depuis 1207 par Dominique de la part de donats et de convers vis-à-vis de la Sainte Prédication et des moniales de Prouille . La cérémonie, qui évoque celle de l'hommage féodal, est identique à la profession des convers cisterciens, et, dans l'Ordre, se tiendra comme elle au chapitre et non à l'église ainsi que le voulait le privilège canonial de confirmation . Elle se termine aussi par le baiser de paix.

Les vertus de la vie consacrée. L'humilité.

Le chapitre 13 des coutumes de 1216, relatif au maître des novices, n'emprunte aux Prémontrês que la définition de son office et la fait suivre d'un texte original sur les vertus de la vie religieuse qu'il doit inculquer à ses fils. On ne peut tenir ce texte comme un exposé complet, voulu par Dominique, de la vie à laquelle le futur Prêcheur sera voué de par sa profession, car les vertus de la vie commune, pauvre, unanime, contemplative et rayonnante sont du ressort de la seule règle de saint Augustin, à laquelle se réfère le prologue et dans laquelle elles sont développées. Mais les indications de ce directoire du maître des novices n'en sont pas moins très significatives.

Les cinq premières lignes sont un résumé du chapitre VII de la règle de saint Benoît sur les degrés de l'humilité. On y retrouve l'humilité du coeur (degré 1) et du corps (d. 12), l'abandon de la volonté propre (d. 2), la parfaite obéissance au supérieur (d. 3), la confession fréquente (d. 5). Ce qui correspond à la description que fait Jourdain de Saxe de la vie qui s'inaugura dès 1215 dans la maison de Pierre Seilhan : "à partir de ce moment tous ceux qui étaient avec [Dominique] commencèrent à descendre l'un après l'autre les degrés de l'humilité et à se conformer aux moeurs des religieux ". Cependant le motif qui fait mettre l'humilité en tête des vertus de la vie des frères est vraiment spécifique. Il s'agit pour le Prêcheur de façonner sa vie selon le mot du Christ : "Recevez mon enseignement, car je suis doux et humble de coeur ." C'est le verbo et exemplo, le facere et docere de la Sainte Prédication . La suite des conseils est tirée de la tradition claustrale générale et tourne autour de la charité fraternelle et apostolique. La finale est de nouveau tout entière dans la visée spécifique de l'Ordre :

[Il leur apprend] quelle attention ils doivent apporter aux études, en sorte que de jour, de nuit, à la maison, en voyage, ils étudient ou méditent quelque leçon, en s'efforçant de retenir par coeur tout ce qu'ils peuvent; quelle ferveur, au moment opportun , il leur faut avoir dans la prédication.

En dépit de ces textes spécifiquement dominicains, on s'étonnera de ne trouver aucune allusion dans ce directoire à la mendicité dans la prédication que mettait si fort en avant le propos de l'Ordre approuvé dès 1215 par l'évêque de Toulouse et proposé trois mois plus tard à la confirmation du pape Innocent III : "Leur propos est de s'en aller dans la pauvreté évangélique, à pieds, en religieux, prêcher la parole de vérité évangélique ." Il faut remarquer d'abord que les coutumes de 1216 ne traitent que de l'observance conventuelle. L'activité de prédication fait partie des données constitutionnelles qui seront définies par le premier chapitre général en 1220. On y trouvera précisément les chapitres fondamentaux sur l'étude et la prédication mendiante.

Il y a cependant une raison plus profonde du retard de ces définitions essentielles. En demandant à Dominique de retourner près de ses frères pour choisir unanimement avec eux la famille régulière, bénédictine ou augustinienne dans laquelle ils voulaient se ranger pour satisfaire au concile, Innocent III promettait à Dominique, dès son retour, de confirmer "tout l'ensemble" de sa requête . Lors de ce retour, cependant, ce n'était plus Innocent, décédé, mais Honorius III, que Dominique rencontra. Celui-ci, tout en confirmant le nom et l'office de la prédication, n'osa pas confirmer alors la mendicité dans la prédication. Il ne le fera que par les bulles des 8 et 12 décembre 1219 . Dès ce moment la route était libre pour la seconde partie des Constitutions des Prêcheurs.

Une dernière remarque sur l'exposé des valeurs essentielles de la vie des Prêcheurs à propos de la profession. Dans une célèbre lettre, Humbert de Romans, vers 1255, expose à ses frères les valeurs essentielles de la "discipline régulière " Il en énumère cinq : l'obéissance, la renonciation à la propriété, la chasteté, l'humilité (qu'il justifie par Math. 11,29), la patience . Il n'est pas question de voeu, encore moins de trois voeux. Les manuscrits ne connaissent pas le titre de "Lettre sur les trois voeux" que porteront les éditions modernes de la Lettre. Pourtant la triade obéissance, pauvreté, chasteté passe en tête, à la place de l'humilité, et il est remarquable que la pauvreté dont parle la Lettre n'est pas la mendicité dominicaine mais la "désappropriation", comme l'entend la théorie générale du voeu de pauvreté.

On s'achemine ainsi vers l'exposé des vertus et même des voeux de la profession des Prêcheurs que l'on rencontre vers l'année 1300 dans le Directoire de la vestition présenté, par lc manuscrit de Rodez . Le supérieur expose ainsi "le sommaire de notre statut" : "Nous avons les trois voeux généraux, sans lesquels il n'y a pas de vie religieuse et sur lesquels nous nous rencontrons avec toutes les vies religieuses : [...] le voeu de pauvreté [...] le voeu de continence et de chasteté, le voeu d'obéissance [...]." L'Ordre, cependant, se distingue des autres par certaines observances propres. La première est qu'il n'a ni revenus ni propriété hors de sa clôture, et qu'il n'en aura jamais par la grâce de Dieu.

On peut penser que l'intrusion dans la pratique cérémonielle, mais non dans les Constitutions, de la systématisation théologique des trois voeux de religion, n'a pas su conserver la puissance de l'expression primitive des textes de saint Dominique et de ses premiers frères, quand "l'unique voeu de notre profession", que continue de nous transmettre la formule de profession dominicaine, couvrait la totalité du propos de l'Ordre tel que saint Dominique l'avait fait approuver par Foulques de Toulouse en 1215 et confirmer par Honorius III en 1217 et 1219 : "aller dans la pauvreté évangélique, à pieds, en religieux, en prêchant la parole de vérité évangélique". Le voeu unique entraînait alors simultanément dans son élan sacré, l'état d'humilité, la régularité et la communauté religieuse, la recherche de la vérité évangélique et sa prédication dans la pauvreté mendiante. C'est pourquoi le paragraphe 3 de la Constitution fondamentale, dans les Constitutions de 1968, énumère dans une unique phrase et sur le même plan les cinq effets du voeu unique de la profession : l'incorporation à l'Ordre, l'engagement à la sequela Christi (le "suivre le Christ") gage de la croissance continue dans l'amour de Dieu et du prochain, la consécration totale à Dieu, le nouveau lien qui voue le Prêcheur à l'Eglise et la "députation totale à l'évangélisation de la parole de Dieu".

COMMUNAUTÉ ET UNANIMITÉ

LA VIE COMMUNE

Parmi les valeurs qui se cachent dans la formule d'engagement dominicain sous le terme global de facio professionem, la première partie de cette étude a mentionné, en passant, la communauté. Il convient de revenir sur la réalité et la signification de cette donnée capitale de l'ordo des Prêcheurs.

Le chapitre 14 (dist. I) des Constitutions primitives des Prêcheurs, en 1216, décrit la prise d'habit en des termes qui lui sont propres . "Ayant alors déposé leurs vêtement séculiers et revêtu l'habit religieux, [les postulants] sont reçus au chapitre, dans notre société ." Elles ajoutent : "En outre, cependant, avant que les novices ne promettent la stabilité et la communauté et ne fassent promesse d'obéissance au prélat et à ses successeurs, on leur assigne un temps deprobation." Les mots en italiques viennent des institutions de Prémontré. On peut se demander si les mots "stabilité et communauté" n'appartiendraient pas à un état intermédiaire de la formule de profession dominicaine. On remarquera cependant qu'il y a continuité entre la formule d'Osma et celle des Prêcheurs en 1220-1221 et qu'on ne voit pas pourquoi Dominique aurait provisoirement introduit dans cette formule, en 1215, ou 1216, une mention de la stabilité qu'il en éliminait alors en bonne partie en effaçant la stabilité in loco par la suppression du mot ecclesia. Toutefois, ainsi que le remarque avec raison le P. Thomas, la formule du chapitre 14 est parallèle à celle du chapitre 58 de la règle de saint Benoît ; on remarquera que le chapitre 13, que Thomas date, comme le chapitre 14, de 1216, cite largement aussi les chapitres 5 et 7 de la même règle. Il reste que, dans la description de l'attitude spirituelle du novice, la présence des deux termes communauté et stabilité signifie l'interprétation que Dominique et ses frères donnaient à la profession au temps de la naissance de l'Ordre une entrée définitive en communauté, en l'occurrence dans la communauté de la maison Seilhan à Toulouse. Le fait que le 7 février 1217, au lendemain de la confirmation par Honorius III et juste avant de quitter Rome, Dominique obtienne de la chancellerie une copie des pouvoirs que lui concède la bulle de confirmation pour contraindre ses profès à la stabilité dans la communauté, ce fait est caractéristique.

Comme on l'a vu par l'exemple de Pierre Seilhan, l'entrée du frère dans une communauté formelle [domus constituta], avant le 25 avril 1215 , s'est réalisée par un renoncement définitif à la propriété individuelle, qui le prive de la disposition de ses biens en la remettant à la communauté représentée par Dominique. Ce faisant, il réalise le programme que l'Église romaine, au synode de 1059, proposait à ses clercs : "Nous leur demandons de tendre de toutes leurs forces à la vie des Apôtres, c'est-à-dire à la vie commune ." Cette perspective apostolique, familière à Dominique, le chanoine réformé d'Osma, est antérieure au choix par les frères de la règle de Saint Augustin. Elle est particulièrement accusée en ces jours où Dominique obtient de son évêque pour lui et pour ses frères les pouvoirs de prédicateurs dans le diocèse et l'approbation de leur propos "imitant en tout le modèle des Apotres " : prêcher l'Evangile dans la mendicité . Il ne s'agit pas de banalités, le contexte et la suite montreront à quel point ces pensées sont vivantes en saint Dominique et ses frères. La communauté des Douze rassemblée par Jésus dans sa prédication fait partie du mode de sequela Christi, le "suivre le Christ" propre aux Prêcheurs, qu'ils inscriront, en 1220, dans le chapitre "des prédicateurs" des premières Constitutions de l'Ordre.

Les deux images des apôtres, au coeur de l'Église de Jérusalem et lors de la prédication de Galilée, étaient déjà familières aux membres de la "Sainte Prédication" de Narbonnaise ainsi qu' au pape Innocent III , qu'il s'agît des prédicateurs légats du Languedoc, des missionnaires de la Baltique, ou des prédicateurs diocésains réclamés par les canons d'Avignon et du IVe Latran . On a souligné récemment que l'idée créatrice de l'ordre de saint Dominique est en fait la synthèse entre la communion des Douze au cénacle et la mission de Galilée . Qu'on le remarque bien. Lorsque Dominique est chargé par le légat a latere Pierre de Bénévent et par l'Église méridionale, au concile de Montpellier en janvier 1215, de prendre la tête d'une mission de prédication qui renouvellerait, en l'accentuant, le caractère "apostolique" de la mission de Narbonnaise, Dominique n'est pas seulement chargé de constituer et diriger une équipe de missionnaires évangéliques; il est chargé d'en faire une institution permanente, "perpétuelle ". L'idée en avait été entrevue, dès 1206, par Diègue d'Osma . Comment réaliser cette institution permanente sans une communauté établie ?

La communauté de la maison Seilhan, antérieure au 25 avril 1215, apporte à ces prédicateurs apostoliques, non seulement la perpétuité de leur institution, mais la base de leur formation, leur entretien et leur ressourcement . Ils ont une maison qui leur appartient, pour laquelle ils prennent l'habit et font profession comme d'autres novices. Dominique est un prieur auquel ses frères promettent obéissance, et plus précisément "se donnent". C'est de cette époque, on le sait, que date leur assiduité à l'école de Maître Alexandre à la cathédrale de Toulouse dont parle Humbert dans sa légende . Enfin leur propos d'évangélisation est clairement défini dans la charte de l'évêque Foulque : "S'en aller à pieds, en religieux, dans la pauvreté évangélique, prêcher la parole de vèrité évangélique ." Il y a là tout ce qu'il faut pour constituer un Ordo : une certaine manière de servir Dieu en commun (tenir compte de A. H. Thomas, p. 43, n. 20). C'est bien "l'ordre qui serait et s'appellerait des Prêcheurs", dont Dominique, en fin d'été 1215, a demandé confirmation au pape Innocent, en plein accord avec son évêque, au témoignage de Jourdain de Saxe .

La différence est essentielle entre la communauté de la maison Seilhan en 1215 et les équipes des Pauvres Catholiques. Le mode de vie qu'Innocent confirme à çes derniers en 1208 et 1210, est un propos de vie individuel, un propositum conversationis qui ne les constitue pas en communauté; et le nom de prior que le pape donne à Durant d'Osca et à Bernard Prim en leur écrivant signifie seulement le responsable devant le Saint-Siège, comme ce sera le cas pour Dominique dans une série de bulles de 1219-1220 . On peut dire les mêmes choses pour le groupe de frères qui se rassemblent en 1215 autour de saint François, à une époque où, pour des motifs tirés expressément de l'Évangile, ils ne possèdent et ne veulent avoir, ni logis fixe, ni supérieurs, ni revenus . On n'oubliera pas, d'autre part, qu'ils ne sont pas spécifiquement des prédicateurs.

Les frères de Dominique ont-ils "dès ce moment" une vie d'observance conventuelle dans leur maison toulousaine ? Jourdain de Saxe l'affirme : "À partir de ce moment, tous ceux qui étaient avec [Dominique], se mirent à descendre les degrés de l'humilité et à se conformer aux moeurs des religieux ." De fait, on ne voit pas comment, au début du XIIIe siècle, ces clercs rassemblés en communauté auraient évité, durant leur présence dans la maison, de se conformer au genre de vie qui, à l'époque, "est à peu près le même pour tous [les communautaires] ". Mais de cela ni Dominique, ni ses successeurs, ni encore aujourd'hui son Ordre ne demandent approbation, ni confirmation à personne. En 1215 comme en 1220 et en 1993, ils se réservent d'adopter et d'adapter librement leur observance interne en fonction de leur mission propre : "la prédication et le salut des âmes ".

Il est important de constater que l'engagement à la communauté, qui joue dès le début un tel rôle dans la vie des Frères de Dominique, ne fait pas partie à l'origine de l'engagement des Pauvres Catholiques. Elle n'est pas non plus expressément déclarée dans le triple voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance que contient la formule de profession de la Regula non bullata (1221) et de la Regula bullata (1223) de saint François, non plus que dans la systématisation qui s'exprimera au cours du XIIIe siècle dans la théorie canonique des trois voeux de religion. Elle est au contraire l'élément fondamental de la profession des Prêcheurs. Comme le fait remarquer Humbert de Romans, la profession directe, immédiate, d'obéis-sance au maître actuel de l'Ordre et à ses successeurs, réalise formellement l'unité de tous les frères dans l'Ordre, c'est-à-dire la communauté de l'Ordre des Prêcheurs .

COMMUNAUTÉ ÉVANGÉLIQUE

C'est ici lc lieu de souligner certains aspects particuliers de la communauté envisagée par Dominique en 1215. On peut les résumer semble-t-il dans une épithète : une communauté d'inspiration évangélique. On veut dire par là qu'elle ne se réfère pas seulement à la communauté des apôtres au coeur de l'Église naissante; elle présente également des traits propres à la communauté des Douze rassemblée par Jésus pour l'annonce de l'Evangile au temps de la mission de Galilée.

Au cours du XIIe siècle, dans le Midi de la France, les fondations régulières ont suivi deux voies bien distinctes, selon qu'elles sont inspirées par l'appel à la fuite du monde, ou par le service des Églises . Les premières, les plus anciennes, doivent souvent leur naissance à l'action d'un solitaire, fuyant le monde, autour duquel un idéal analogue rassemble peu à peu tout un groupe. Celui-ci peut devenir considérable, et même faire naître un ordre puissant et centralisé. Il ne reste pas toujours érémitique et devient monastique. On sait que près de la moitié des abbayes cisterciennes de Languedoc et parfois les plus importantes, comme Grandselve ou Cadouin, sont issues de tels ermitages. Tout autre est le schéma des fondations canoniales, celles des cathédrales d'abord, puis des ordres réguliers de chanoines. Elles sont essentiellement cléricales et urbaines, nées du dessein de se consacrer au service d'une église diocésaine, ou du sanctuaire d'un saint. À quelque exception près, le mouvement demeure fidèle à ses origines urbaines. Il fournit aux villes, en quelque sorte, ses religieux ordinaires. C'est dans ce courant, au sein de ce milieu, que s'est formé saint Dominique à la cathédrale d'Osma, sous la poussée de la réforme cléricale capitulaire.

A partir de 1205, cependant, son idéal communautaire s'est enrichi d'une autre inspiration collective, celle de la mission pontificale de Narbonnaise. La solidarité dans laquelle Dominique se trouve engagé n'est plus celle d'un chapitre ou d'un diocèse, mais celle de l'Église méridionale et, simultanément, romaine.

Quiconque a fréquenté l'histoire des XIIe et XIIIe siècles en Languedoc, spécialement l'histoire religieuse, n'a pu manquer d'être frappé par l'importance des solidarités qui se manifestent à l'époque. Ce n'est plus l'étroit cloisonnement de l'époque postcarolingienne. L'essor, la multiplication rapide et la centralisation des ordres monastiques, dominés par le rayonnement de Cluny et de Cîteaux, le renouvellement de la papauté et le mouvement incessant des légations et des visites ad limina, le retentissement des décisions synodales romaines et des réformes cléricales, font écho aux longues commotions politico-religieuses qui secouent l'Occident et aux mobilités populaires des pèlerinages et des croisades. Or, quel que soit le rôle des initiatives individuelles, en particulier des initiatives impériales ou pontificales, les crises et les entreprises mettent en oeuvre régulièrement des réunions, des conseils, des synodes, voire des conciles provinciaux ou même généraux. L'entreprise de chrétienté, issue des mouvements de paix de la fin du XIe siècle, sur le fond de laquelle se déroule l'activité de S. Dominique en Languedoc, le negotionem pacis et fidei, l'"affaire de paix et de foi ", est entièrement engagée dans ce climat de solidarités actives. Il est important de remarquer que ce climat ne contredit pas la forme communautaire, canoniale et urbaine des solidarités que Dominique a acquises dans son chapitre d'Osma. La connaissance plus étendue que nous avons aujourd'hui de l'étroite liaison qui rattache le diocèse reconstitué et le chapitre d'Osma, depuis les origines, à la province primatiale de Tolède et au Siège romain, fruit des initiatives d'un Urbain II, d'un Alexandre III et d'un Innocent III, nous permet de mieux mesurer l'épanouissement que cette solidarité a connu dans la personne de saint Dominique, non seulement au temps de la Prédication de Narbonnaise, mais finalement à Toulouse, puis en Occident, lors de la création et de la diffusion des Prêcheurs.

Le voyage à Rome de saint Dominique, en septembre 1215, pour demander au pape con-firmation des éléments essentiels de sa fondation souligne la conscience qu'il a des hautes solidarités dans lesquelles elle est engagée. Il s'agit de prédication, de vérité de l'Évangile, de mission donnée par l'Eglise. Ainsi, dès 1207, le pressentait l'évêque Diègue lorsqu'il repartait chercher des ressources à Osma : "Alors, avec l'assentiment du pape, il instituerait dans ces régions des hommes habiles à la prédication, dont l'office serait d'écraser sans relâche les erreurs des hérétiques et d'être toujours prêts à soutenir la vérité de la foi."

Deux notations de Jourdain de Saxe, dans son récit de la démarche de Dominique pour obtenir de Rome la confirmation de certains des éléments de sa fondation de Toulouse, soulignent le caractère de la solidarité qui s'exprime dans cet événement.

L'UNANIMITÉ

[Le P. Vicaire n'a pas eu le temps de développer cette section.]

 

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Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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