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Dominicans of Canada

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Les Dominicains aux Nations Unies

 

 

Philippe Le Blanc, o.p. *

Introduction

Philippe Le Blanc, o.p.Les Dominicains sont présents aux Nations Unies depuis 1997 en collaboration avec Franciscain international avec qui nous partageons le bureau FIOP des droits de l’homme, à Genève. Nous participons chaque année aux réunions de la Commission des droits de l’homme et la Sous-commission pour la promotion et la protection des droits de l’homme de l’ONU.

L'Ordre des Dominicains a une longue histoire d'engagement pour les droits de l’homme. Au 16ième siècle, le dominicain Francisco de Vitoria et l'École de Salamanque en Espagne établissent les fondements théoriques de la problématique moderne des droits de l’homme. Aussi, les récentes études de l’origine de la loi internationale reconnaissent que Francisco de Vitoria a établi les principes de la coexistence des états souverains dans la communauté internationale du monde moderne. Parallèlement, dans une autre partie du monde, les dominicains Bartolomé de las Casas et Antonio Montesinos défendent au 16ième siècle les droits des autochtones en Amérique latine.

En 1998, l’Ordre des Dominicains a créé une organisation non-gouvernementale (ONG), Dominicains pour Justice et Paix, afin d’appuyer le travail des droits de l’homme de l’Ordre aux Nations Unies en relation avec les autres organismes internationaux, et de participer aux débats internationaux sur la question des droits de l’homme. Une nouvelle étape a été franchie le17 janvier 2002, quand le Comité des ONGs de l’ONU a recommandé que Dominicains pour Justice et Paix soit accordé le Statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social (ECOSOC).

La perspective des organisations non-governementales à l’ONU est très différente de celle des pays membres, surtout à la Commission des droits de l’homme et à la Sous-commission. Certains pays membres qui y assistent sont parfois plus intéressés à protéger leur réputation internationale qu’à protéger les droits de leurs citoyens. Dans ce contexte, ce sont souvent les organisations non-gouvernementales qui sont appelées à dire vrai sur des situations graves de violations des droits de l’homme devant la communauté internationale et de dénoncer les états qui dérogent à leurs obligations internationales dans ce domaine.

Dominicains pour Justice et Paix et Franciscain International interviennent à l’ONU sur des situations de pays à la demande de leurs membres qui sont directement engagés sur le terrain dans la lutte pour les droits et libertés. Les gens du terrain peuvent fournir des informations de première main et porter des témoignages devant la communauté internationale qui sont convaincants.. C’est donc en lien avec nos membres sur le terrain que nous intervenons sur les situations des droits de l’homme du Pakistan et du Mexique et sur les questions des sanctions contre le peuple d’Irak et de l’abolition de la peine capitale.

La discrimination religieuse au Pakistan

Depuis 1997, Dominicains pour Justice et Paix et Franciscain International ont fait plusieurs déclarations à la Commission des droits de l’homme de l’ONU et à d’autres instances de l’ONU interpellant l’attention de la communauté internationale sur l’aggravation de la situation des chrétiens et des autres minorités religieuses au Pakistan. Nous avons constamment incité les autorités pakistanaises à s’engager dans des dialogues constructifs concernant ces questions.

Dans notre première intervention sur le Pakistan, en 1997, nous avons dénoncé la destruction par des extrémistes de deux villages chrétiens, Shantinagar et Khanewal dans le pays. À la même occasion, nous avons demandé que le gouvernement abolisse le système d’électorats séparés, rétablisse le sytème d’électorat commun et abroge les lois discriminatoires comme la loi sur le blasphème.

Système d’électorats séparés

Le système des "électorats séparés" restreint l’affranchissement des chrétiens de leur devoir politique en les marginalisant du reste de la société. Sous le système électoral, le Pakistan est divisé en cinq blocs, et chacun des groupes participant au vote ne peut voter que pour des candidats de son propre bloc. Ce système prive les chrétiens de leurs droits constitutionnels en tant que citoyens égaux et a été dénoncé par les dominicains du Pakistan pendant les 23 dernières années.

En 2000, le gouvernement actuel a introduit une nouvelle structure de gouvernement local qui accentue la discrimination à l’égard des minorités. La nouvelle structure comporte maintenant une discrimination à l’égard des minorités sur le critère du sexe et de la classe. En outre, la nouvelle structure de gouvernement local contrevient au Code pénal du Pakistan et à divers articles de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques (articles 2.2 ; 2.3 ; et 4.1).

Tout en reconnaissant que la nouvelle structure de gouvernement local réserve des sièges aux femmes, les femmes non musulmanes ne sont pratiquement pas éligibles à ces sièges. De plus, au Pakistan, la pression culturelle est si forte que les femmes ne peuvent pas, de façon réaliste, participer aux élections. Au Pakistan, la discrimination à l’égard des femmes est effrénée. De plus, les femmes non musulmanes ne sont pas considérées comme l’égal des femmes musulmanes, comme le prouve la nouvelle structure de gouvernement. La violence à l’égard des femmes est générale ainsi que la pratique des crimes pour l’honneur.

La nouvelle structure de gouvernement local opère également une discrimination basée sur le critère de classe et de profession. Un certain nombre de sièges est réservé aux paysans et travailleurs musulmans, mais non aux paysans et aux travailleurs appartenant aux minorités religieuses. Cette nouvelle structure, qui constitue une manipulation systématique de la démocratie, accroîtra le contrôle des propriétaires terriens et renforcera le système féodal.

Les lois sur le blasphème

Quant aux lois sur le blasphème, les musulmans abusent régulièrement de ces lois afin de s’approprier les terres des chrétiens. La violation de ces lois entraîne une peine d’emprisonnement ou même la peine de mort. Le gouvernement du Pakistan a, à plusieurs reprises, failli à l’abrogation de ces lois oppressantes sur l’électorat et le blasphème qui n’ont pour effet que d’encourager les forces de l’extrémisme religieux et de l’intolérance.

Nous avons aussi soulevé la question du système structurel et institutionnel de protection des Droits de l’Homme qui est faible dans le pays. A cet égard, nous regrettons que le Pakistan n’ait pas ratifié le Pacte International relatif aux Droits civils et politiques et ses Protocoles facultatifs, ni le Pacte International relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels, ni la Convention contre la torture, ni la Convention sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille.

Depuis 1997, nous avons exhorté fortement le gouvernement du Pakistan à assumer sa part entière de responsabilité et à prendre des mesures immédiates et compréhensives afin de remédier à la discrimination à l’endroit des chrétiens et des autres minorités religieuses ainsi qu’à promouvoir et protéger les droits de l’homme pour tous. En particulier, nous avons demandé au gouvernement du Pakistan:

• L’abolition du système d’électorats séparés.
• L’abrogation de toutes lois discriminatoires, incluant les lois sur le blasphème, section 295B et 295C du Code pénal du Pakistan.
• La ratification des traités sur les droits de l’homme qu’il n’ont pas été ratifiés, incluant le Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques et son protocole facultatif, le Pacte internationale relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention contre la torture et la Convention sur la protection des Droits de tous les travailleurs migrants. Le Pakistan doit aussi coopérer avec les organes existants de surveillance des traités et les autres mécanismes et procédures spéciales de l’ONU.
• D’inviter le Rapporteur Spécial sur la liberté de religion et de croyance à visiter le Pakistan et lui garantir un accès total et sans restrictions aux communautés religieuses minoritaires et à leurs membres.

Abolition du système d’électorat séparé

Après vingt-trois ans, le gouvernement du Pakistan annonçait, le 16 janvier 2002, l'abolition du système d'électorat séparé et le rétablissement d'un électorat commun. Il fut également annoncé que lors de la prochaine élection, prévue pour octobre 2002, le nouveau système sera en vigueur. Tout en reconnaissant ce geste important de la part du gouvernement du Pakistan, Dominicains pour Justice et Paix demeurera vigilant pour s’assurer que le nouveau système sera effectivement en place aux prochaines élections.

La violation des droits de l'homme au Mexique

Notre intervention à la Commission des droits de l’homme de 1998

Dominicains pour Justice et Paix intervient depuis 1997 sur la situation des droits de l’homme au Mexique surtout par rapport à la question des peuples autochtones et les inégalités et injustices auxquelles ils doivent faire face.

Le massacre d’Acteal dans l’état du Chiapas au Mexique, le 22 décembre 1997, a obligé les membres de la session de la Commission des droits de l’homme de 1998 de porter attention aux graves problèmes de la région.

En 1998, nous avons vigoureusement dénoncé à la Commission le fait que le gouvernement mexicain était en train d’isoler politiquement et socialement les autochtones et de maintenir un étroit contrôle militaire sur leurs vies. À l’époque, il y avait eu la suspension de la CONAI (Commission nationale de médiation) après quatre an d’activités, des signes que le gouvernement refusaient de remplir les conditions nécessaires pour le dialogue et la négotiation. Il y avait aussi un manque de volonté gouvernementale de respecter les Accords de San Andrés signés en février 1996 avec l’Armée Zapatista de libération nationale (EZLN) et de mettre en oeuvre les normes sur les droits et la culture des peuples autochtones.

À la réunion de la Commission de 1998, Dominicains pour Justice et Paix avec d’autres ONGs ont organisé une réunion publique à l’ONU sur la situation au Mexique. Elle était présidée par Mde Danielle Mitterand avec la participation du Rapporteur spécial sur la torture, Sir Nigel Rodley. Ce dernier a fait rapport de sa visite au Mexique pour étudier les cas de torture.

Dans notre intervention sur le Mexique à cette session de la Commission, nous avons recommandé l’adoption d’une résolution sur le Mexique incluant la nomination d’un Rapporteur spécial ayant pour mandat d’examiner tous les aspects de la situation des droits de l’homme avec une attention spéciale à la situation de l’État du Chiapas. Nous avons aussi demandé dans la résolution que le gouvernement désarme tous les groups paramilitaires opérant au Chiapas et de les tenir responsables de leurs campagnes violentes contre les peuples autochtones; que le gouvernement mexicain conclut son enquête sur le violent massacre d’Acteal et de traduire en justice les responsables y compris les autorités fédérales; enfin, que les Accords de San Andrés soient honorés par leurs signataires.

Nous avons aussi rencontré de nombreuses délégations pour exprimer notre grave préoccupation concernant la détérioration des conditions de vie des populations autochtones au Chiapas.

Intervention de l’Union Européenne à la Commission

Lors de nos recontres avec les représentants de l’Union Européenne à l’ONU, nous avons soulevé la situation grave au Mexique. Suite à nos efforts, l’Union européenne a inclus le Mexique dans sa principale intervention à la Commission. L’Union européenne a fortement condamné le massacre des 45 civils à Actéal et a aussi demandé au gouvernement mexicain de faire en sorte que les responsables du massacre soient traduits en justice. En plus, ils ont demandé au gouvernement de traiter avec urgence le problème grandissant de l’impunité dans le pays, par exemple là où des agents de la police sont impliqués dans des actes de torture ou dans d’autres crimes.

Résolution sur le Mexique adoptée à la Sous-commission de l’ONU

Dans un vote historique, la Sous-commission adopta donc le 20 août1998 une résolution sur la situation grave des droits de l’homme au Mexique. Ce fut la première fois que l’ONU adoptait une telle résolution sur le Mexique. Depuis lors, le sujet des droits de l’homme est à l’ordre du jour de la Sous-commission.
La résolution (E/CN.4/Sub.2/1998/L.18) comporte trois points:

i) elle demande au gouvernement d’assurer le plein respect des accords internationaux auquels le Mexique est partie, notamment en mettant fin à l’impunité des auteurs de violations des droits de l’homme, ainsi qu’en garantissant la sécurité des défenseurs des droits de l’homme et en promouvant leur action;
ii) Lance un appel aux signataires de San Andrés (conclus entre les zapatistes et le gouvernement) pour qu’ils relancent ce processus, notament par le dialogue;
iii) demande à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies de considérer à sa prochaine session la situation des droits de l’homme au Mexique et décide, dans l’hypothèse que la Commission n’aurait pas été en mesure de le faire, de poursuivre l’examen de la situation lors de sa prochaine session.
Tout au long du processus de présentation et d’adoption du projet de résolution, Dominicains pour Justice et paix, de concert avec d’autres ONGs et des organisations autochtones du Mexique, a élaboré une stratégie de communication destinée à informer et à convaincre les participants de la gravité de la situation et de l’opportunité d’un vote positif. Dans cette perspective, le Délégué permanent de l’Ordre des Dominicains à l’ONU, Philippe LeBlanc, a été amené à prendre la parole au cours de plusieurs interventions en séance plénière. Il a ainsi particulièrement mis l’accent sur l’explication des Accord de San Andrés et adressé aux experts et au gouvernement mexicain un certain nombre de recommandations visant à mettre un terme aux violations systématiques des droits de l’homme, particulièrement ceux des peuples autochtones, au respect de l’état de droit par les forces de l’ordre, au démantèlement des groupes paramilitaires ainsi qu’au choix priotaire du dialogue comme moyen de résolution des divers conflits en cours dans le pays.

En dépit du changement de gouvernement survenu en 2000, nous continuons cependant à être préoccupés par la situation des peuples autochtones au Mexique, ce qui illustre les défis permanents auxquels sont confrontés les gouvernements et la société pour parvenir à l’égalité et à la justice pour tous. D’ailleurs, il y a suffisamment de preuves pour démontrer qu’il demeure des problèmes anciens et systématiques concernant les droits de l’homme relatifs aux populations autochtones, et qui nécessiteront des remèdes efficaces et des solutions à long terme. Ces problèmes sont de nature économique, sociale et constitutionnelle, et beaucoup sont liés aux questions de la terre. De plus, les peuples autochtones du Mexique aspirent à devenir responsables de leur propre développement politique, social et économique. Ils veulent utiliser leur droit à concevoir leurs propres programmes pour s’assurer qu’ils ne sont pas incompatibles avec leur culture, qu’il s’agisse de la façon d’utiliser et de jouir de leurs ressources naturelles comme de la façon de désigner leurs représentants selon la tradition.

Le Rapporteur Spécial sur les peuples autochtones, Mde Erica Daes, à la réunion de la Sous-commission de 2001, a déclaré dans son rapport qu’ "il y a un besoin urgent de trouver des solutions aux problèmes qui se posent de longue date entre les gouvernements et les peuples autochtones. La survie même des peuples autochtones est en jeu en raison de la menace continuelle qui pèse sur leurs terres, territoires et ressources". Elle a également déclaré que " les documents de travail, avant tout autre chose, doivent être considérés comme la preuve de l'urgence des questions relatives à la terre des autochtones".

Les recommandations contenus dans les documents de la Sous-commission, ainsi que les violations permanentes des droits des peuples autochtones dans nombre de pays, appellent à la mise en œuvre d'actions urgentes et efficaces pour assurer que justice soit faite aux peuples autochtones partout dans le monde. Si de telles actions ne sont pas entreprises, les violations d'aujourd'hui dégénèreront demain en conflits plus graves, spécialement dans les communautés autochtones. Tout en reconnaissant la valeur des documents de travail, nous croyons qu’il est impératif que les états membres des Nations Unies prennent au sérieux les recommandations qu’ils contiennent.

Les Dominicains et la levée des sanctions contre l’Irak

L'Ordre des dominicains s'est engagé publiquement dans la lutte pour mettre fin aux sanctions contre l'Irak qui affligent surtout les enfants, sans produire les effets attendus. De même, Dominicains pour Justice et Paix, de concert avec les Promoteurs dominicains de justice et paix aux États-Unis et en collaboration avec près de 75 congrégations religieuses américaines ont porté pour la première fois porté, en 2000, à l'attention de la la Commission et de la Sous-commisson la situation des enfants de l’Irak suite aux sanctions. Nous avons demandé, demandé fortement à la communauté internationale la levée des sanctions et de l'embargo contre l'Irak et l'adoption de mesures immédiates destinées à mettre un terme et à inverser la dégradation de la vie vécue par les enfants d'Irak.

D’autre part, lors de trois visites en Irak, en 1999, 2000 et 2001, des promoteurs américains de justice et paix, ils ont constaté de première main les effets dévastateurs des sanctions sur le peuple, surtout sur les enfants. Ils ont rencontré des membres irakiens de la famille dominicaine qui travaillent dans des écoles et des hôpitaux. En plus, au Chapitre général de l’Ordre des Dominicains, tenu à Providence, Rhode Island, en août 2001, les dominicains venus des quatre coins du monde ont adopté une résolution demandant de mettre fin aux sanctions contre l’Irak. Enfin, en octobre 2001, plus de 160 dominicains américains réunis en assemblée annuelle à Philadephie aux États-Unis ont adopté une résolution demandant la même chose.

Dans leurs déclarations, orales et écrites, à l’ONU, Dominicains pour Justice et Paix a attiré l'attention de la communauté internationale surtout sur l'impact des sanctions sur la santé et bien-être des enfants. En outre, nous avons déclaré que ces mesures politiques violent les droits qui leur sont garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, et la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l'Enfant, de 1989. Nous avons aussi attiré l'attention de la commission sur un certain nombre de violations des droits des enfants en Irak.

Par l’article 38 de la Convention relative aux droits de l’enfant, les États s’engagent à respecter et à faire respecter les règles du droit humanitaire applicables aux enfants. Le même article de la Convention constate, en outre, l’obligation qui incombe aux États de "prendre toutes les mesures possibles pour que les enfants touchés par un conflit armé bénéficient d’une protection et de soins". Nous constatons pourtant que plus de dix ans après leur instauration par les Nations Unies, les sanctions économiques contre l’Irak restent en place, faisant chaque jour de nouvelles victimes parmi les enfants.

Les graves violations de ces dispositions humanitaires, par les effets de l’embargo économique, sont attestées, tant par les rapports des organes compétents des Nations Unies, que par les informations recueillies dans nos écoles et nos cliniques lors des visites en Irak des promoteurs dominicains américains de justice et paix sur une période de trois ans. Ces violations des règles les plus élémentaires du droit humanitaire ont aussi entraîné la démission de trois hauts responsables du programme humanitaire de l’ONU en Irak.

Baisse alarmante du niveau de vie en Irak

À la veille des événements de 1990 et 1991, (Résolution 661 du Conseil de Sécurité de l'ONU, sur les sanction commerciales et l'embargo contre l'Irak, à l'occasion de la guerre du Golfe), les enfants de l’Irak bénéficiaient d'un bon niveau de vie. Des rapports de l'UNICEF présentaient l'Irak comme ayant acquis un haut niveau de croissance dans la plupart des secteurs du développement social et économique, plaçant le pays dans les tout premiers rangs des pays en voie de développement des années 1980. Néanmoins, les données récentes fournies par plusieurs agences des Nations Unies mettent en évidence que l'effet cumulatif des destructions liées à la guerre, associé aux restrictions imposées à l'économie et au commerce de l'Irak, ont dramatiquement altéré la capacité de l'Irak à assumer le bien-être de ses enfants pendant la décennie des années quatre-vingt dix.

Le Rapport de l'ONU sur la situation humanitaire en Irak, du 30 mars 1999, compare l'état de l'Irak avant et après les événements de 1990-'91. Ce rapport était à la base de notre préoccupation, comme de notre espoir que la session de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies de l’an 2000 interviendrait en faveur des enfants de l’Irak et se ferait l'avocat de la levée de l'embargo et des sanctions contre l'Irak. (Malheureusement, la Commission n'a pas agi en ce sens). Il apparaît au vu des données contenues dans le rapport précité, que la levée de la Résolution 661 du Conseil de Sécurité est essentielle pour que l'Irak se retrouve en position d'assurer une qualité de vie décente pour son peuple et particulièrement pour les enfants.

Malnutrition chez les enfants

La malnutrition qui prévaut en Irak, chez les enfants de moins de cinq ans, a au moins doublé entre 1991 et 1997. Un enfant sur cinq souffre de malnutrition, ce qui représente une hausse de 73% depuis 1991. L'ensemble de la population infantile d'Irak a souffert d'un changement de sa situation nutritionnelle, allant vers la malnutrition. Depuis 1990, le taux d'anémie a grimpé à 70% chez les femmes d'Irak. Les cas de poids insuffisant à la naissance (moins de 2,5 kg.), effets prévisibles de la malnutrition, ont aussi augmenté. Le Programme alimentaire mondial (PAM) rapporte aussi que la ration mensuelle distribuée en Irak ne suffit que pour seulement vingt jours. Ainsi, il est évident que cette ration mensuelle représente une solution inadaptée aux problèmes croissants de malnutrition. Les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indiquent qu'avant 1991, s'appuyant sur un vaste réseau de traitement de l'eau, 90%de la population d'Irak avait accès à une eau potable saine, en quantité abondante. Le PAM estime que l'accès à l'eau potable a chuté de 50% par rapport à 1991. L'accès à l'eau potable atteint des niveaux encore plus limités dans les zones rurales d'Irak. La détérioration massive, depuis 1990, de l'état du réseau d'eau potable de l'Irak, semble être une des causes significatives de maladies et de décès des enfants de moins de cinq ans.

La communauté internationale doit agir

Depuis 2000, dans nos déclarations à la Commission et à la Sous-commision, nous demandons que la communauté internationale agisse sur cette situation tragique. Les droits des enfants d'Irak qui sont garantis par la Déclaration Universelle des Droits de l’homme et la Convention relative aux Droits de l’Enfant ont été sévèrement compromis dans la décennie 1990. De manière significative, les effets persistants de la guerre du Golfe ainsi que les mesures de l'ONU telles que les résolutions 661 et 986 (Pétrole contre nourriture) du Conseil de sécurité de l’ONU, ont eu des effets calamiteux sur les enfants d'Irak. Il est temps que ce problème fasse l'objet d'une intervention. La communauté internationale s'est faite une obligation de garantir que chaque enfant "soit élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle". Pour garantir ce droit pour les enfants d'Irak, nous avons demandé à la communauté internationale de revoir ces politiques et ces pratiques qui compromettent sévèrement leur bonheur et leur santé.

L’abolition de la peine capitale

En 2001, Dominicains pour Justice et Paix et Franciscains International, conjointement avec des congrégations religieuses aux États Unis, ont appellé à l’abolition de la peine de mort, devant la Commission des droits de l’homme et de la Sous-commission. Par ailleurs, certains de nos membres aux États Unis ont adopté une position commune prônant l’abolition de la peine de mort. Cette position repose sur leur engagement en faveur de la justice ainsi que sur leur expérience dans les aumôneries de prison et auprès des familles et amis de victimes.

Depuis 1997, la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU a adopté des résolutions en faveur d’un moratoire sur la peine de mort. A l’heure actuelle, 109 des 185 Etats membres des Nations Unies ont appelé à l’abolition de la peine de mort ou à un moratoire sur son application.

Selon Amnesty International, au cours de la dernière décennie, plus de trois pays par an en moyenne ont aboli la peine de mort. Cependant, il y a eu un usage accru et une extension de la peine de mort aux États Unis. En l’an 2000, 683 personnes avaient déjà été exécutées depuis le rétablissement de la peine de mort en 1977. Plus de 3700 prisonniers aux États Unis étaient sous le coup d’une sentence de mort au 1er janvier 2001. A cette date, la peine de mort était inscrite dans la loi de 38 Etats américains. La peine de mort est également prévue dans le droit militaire et le droit civil fédéral des Etats Unis. Nous savons aussi que depuis le rétablissement de la peine de mort aux États Unis en 1977, 93 personnes, réparties dans 22 Etats, ont été libérées du couloir de la mort. Certaines étaient sur le point d’être exécutées après avoir passé de nombreuses années en prison.

En appelant à l’abolition de la peine de mort, nous exprimons notre préoccupation quant à son application injuste et discriminatoire. Dans les pays où la peine de mort continue à être appliquée, il y a de grandes chances qu’elle le soit de façon raciste, plus souvent appliquée à l’encontre des minorités et des plus démunis en général. Les pauvres, les handicapés et les jeunes sont plus souvent soumis à la peine capitale.

À cet égard, nous déplorons l’application actuelle de la peine de mort à l’encontre de personnes souffrant de retard mental. Depuis 1982, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires et arbitraires, dispose d’un mandat qui inclut la surveillance des pays qui appliquent encore la peine de mort. En 1991, le Rapporteur Spécial a demandé aux Etats Unis de mettre fin à l’usage de la peine de mort à l’encontre de personnes mentalement retardées. À la suite d’une mission aux Etats Unis en 1997, le Rapporteur spécial déclara que l’exécution des retardés mentaux était contraire aux normes internationales et demanda aux autorités d’y mettre fin.

Depuis 1995, seuls trois pays sont connus pour avoir procédé à des exécutions d’accusés souffrant de retard mental : le Kyrghystan, les Étas-Unis et le Japon.

Des études indépendantes semblent montrer que la peine de mort n’entraîne pas une diminution des crimes capitaux. Une étude menée par les Nations Unies en 1988, et mise à jour en 1996, a indiqué que le fait que toutes les données continuent à aller dans le même sens constitue une preuve a priori convaincante pour affirmer que les pays n’ont pas à craindre de soudaines et sérieuses modifications dans leur courbe de criminalité s’ils réduisent leur recours à la peine de mort.

La recherche n’a pu établir de preuve scientifique selon laquelle les exécutions auraient un effet beaucoup plus dissuasif que la prison à perpétuité, et il est peu probable qu’une telle preuve puisse être établie un jour. Les données, dans leur ensemble, ne corroborent pas l’hypothèse dissuasive.

Le respect pour toute vie humaine et l’opposition à la violence dans notre société sont à l’origine de notre prise de position de longue date contre la peine de mort. Nous voyons dans la peine de mort une façon de perpétuer le cycle de la violence et d’encourager le sentiment de vengeance au sein de notre culture. Continuer à appliquer la peine de mort revient à enseigner que la violence et le meurtre sont des moyens acceptables de traiter la violence et le meurtre. Le "rétablissement" de la société et la réparation à l’égard des victimes, aussi bien que l’amendement et la réhabilitation des coupables, doivent être les objectifs d’un système de justice criminelle.

Dans leur intervention à la Sous commission de 2001, Dominicains pour Justice et Paix et Franciscains International, conjointement avec et les membres associés, ont déclaré qu’ils:

- appuient l’appel à un moratoire lancé par le Pape Jean-Paul II dans son allocution de Noël 1998 ainsi que l’appel à l’abolition de la peine de mort des évêques américains, et l’initiative internationale "Moratoire maintenant", mouvement organisé afin de suspendre toute exécution;
- pressent les gouvernements de rechercher des alternatives à la peine de mort qui traduisent intelligence, civilisation, compassion et justice;
- appellent tous les gouvernements à suspendre la peine de mort et à ratifier le second Protocole Facultatif au Pacte International relatif aux droits civils et politiques, qui exige des gouvernements l’abolition de la peine de mort.

D’autres initiatives de Dominicains pour Justice et Paix auprès de l'ONU à Genève.

* Droit au développement

En 1986, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la déclaration sur le droit au développement qui stipule que le droit au développement est un droit humain inaliénable en vertu duquel chaque personne et tous les peuples ont le droit de participer, de contribuer et de profiter du développement économique, social et politique, à travers lequel tous les droits humains et toutes les libertés fondamentales peuvent se réaliser. La Déclaration affirme aussi que les Etats sont les premiers responsables de créer les conditions favorables au niveau national et international pour la réalisation du droit au développement.

Le droit au développement a été réaffirmé lors de la Conférence Mondiale des droits de l'homme à Vienne en 1993 et a clairement été repris dans le mandat du Haut Commissaire aux droits de l'homme.

Toutefois, en dépit de l'engagement de la communauté internationale de privilégier le droit au développement, beaucoup de pays rencontrent de grandes difficultés pour réaliser ce droit. Un vif débat a actuellement lieu mélangeant la compréhension philosophique et légale du droit au développement comme un droit humain et les mécanismes pour mettre en ouvre des projets efficaces de développement.

Répondant à une demande d'un grand nombre de délégations gouvernementales, FI/OP a organisé trois séminaires (1999-2001) au Palais des Nations à Genève.

Les séminaires ont été des rencontres informelles ayant pour but de désamorcer un peu la tension grandissante entre les gouvernements à propos des ramifications juridiques, financières et politiques du sujet. Nous avons présenté les succès pratiques et les obstacles à la mise en ouvre du droit au développement, les questions regardant la bonne gouvernance, la gestion des ressources, les stratégies nationales et la coopération internationale. En même temps, nous avons aussi analysé les défis posés par les engagements pris par les Etats dans le cadre du développement social (Copenhague +5) et du financement au développement en vue de l'éradication de la pauvreté.

FI/OP continue à stimuler un dialogue interactif avec les représentants de principales institutions financières internationales, notamment avec la Banque Mondiale dans le cadre de ses initiatives HPIC et

PRSP, et les différents diplomates basés à Genève.

Notre rôle d'animateurs est reconnu par le Groupe de travail de l'ONU sur le droit au développement où nous participons activement en contribuant à ses discussions à travers des interventions ponctuelles.

* Peine de mort

Depuis 1997, la Commission des droits de l'homme des Nations Unies a adopté des résolutions en faveur d'un moratoire sur la peine de mort. La Déclaration universelle des droits de l'homme déclare que tout être humain a droit à la vie ainsi que le droit de ne pas être soumis à des punitions cruelles et dégradantes. La continuation de la peine de mort équivaut, en revanche, à enseigner que la violence et la mise à mort sont des moyens acceptables de traiter la violence et les meurtres.

Dominicains pour Justice et Paix a présenté des interventions allant dans ce sens dans différentes instances de l'ONU en mettant un accent particulier sur le fait que, dans les pays où la peine de mort continue à être appliquée, il y a des fortes chances qu'elle le soit d'une manière raciste et qu'elle s'applique plus fréquemment aux minorités et aux classes défavorisées. Aussi, les pauvres, les personnes handicapées et les jeunes sont souvent plus facilement victimes de cette peine.

Nous croyons que chacun de nous porte la responsabilité de favoriser une attitude qui affirme la vie humaine et la dignité de chaque personne, tout en assurant le respect de la loi et la protection de la société. Le respect de la vie humaine et l'opposition à la violence dans notre société sont à la racine de notre prise de position de longue date contre la peine capitale car nous considérons que cette peine perpétue un cycle de violence et encourage un sentiment de vengeance.

C'est en raisons de cela que Dominicains pour Justice et Paix appelle:

a. appelle la communauté internationale à trouver des alternatives à la peine de mort qui soient des reflets d'intelligence, de civilité, de justice et de compassion ;
b. demande à tous les gouvernements qui n'ont pas encore procédé de la sorte, à suspendre la peine capitale et à ratifier le Protocole facultatif au Pacte international sur les droits civils et politiques qui exige l'abolition de la peine de mort.

* Trafic d'êtres humains

L'engagement de Dominicains pour Justice et Paix envers les personnes victimes du trafic a commencé en avril 2000 quand nous avons co-organisé avec Franciscans International et la Commission Internationale Catholique des Migrations le séminaire "Europe une zone de liberté, sécurité et justice ?" au cours de la Commission des droits de l'homme de l'ONU.

Lors de sa rencontre annuelle (Philadelphie, 5-8 octobre 2001) la "Dominican Leadership Conference (DLC)", composée par les provinciaux des frères dominicains et par les congrégations des soeurs des États-Unis a adopté une résolution exprimant sa forte opposition au trafic des femmes et des enfants pour exploitation sexuelle et travail forcé.

Le bureau FI/OP de Genève a repris cette préoccupation et a commencé un projet sur le trafic d'êtres humains. Ses deux objectifs principaux sont:

1) servir plusieurs membres des familles dominicaines et franciscaines qui travaillent avec les victimes de ce fléau en répondant à leurs besoins les plus urgents et en assurant que leur voix soit adéquatement représentée aux différents stades du processus décisionnel ;
2) utiliser nos capacités de recherche et de lobbying pour interagir efficacement avec les mécanismes et les procédures de l'ONU ainsi que pour contribuer de façon constructive à d'autres initiatives sur ce sujet et partager les résultats de ces efforts avec nos membres.

* Minorité chrétienne au Pakistan

Depuis 1997, Dominicains pour Justice et Paix a fait des déclarations lors des sessions de la Commission et de la Sous-Commission de l'ONU demandant que le Pakistan abroge toutes les lois discriminatoires, spécialement les lois sur le blasphème car elles créent une division et un conflit entre différents groupes religieux avec des résultats tragiques. Cette situation est, en fait, en contradiction avec et en violation des dispositions de la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, et d'autres traités sur les droits de l'homme. Plus spécifiquement, l'article premier de la Déclaration stipule: "Les Etats protègent l'existence et l'identité nationale ou ethnique, culturelle, religieuse ou linguistique des minorités, sur leurs territoires respectifs, et favorisent l'instauration des conditions propres à promouvoir cette identité". Et à l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, il est déclaré que: "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites".

En octobre 1990, la Cour fédérale Shariat du Pakistan conseillait le Gouvernement fédéral de modifier la section 295-C du Code pénal pakistanais qui rend la peine capitale obligatoire pour l'offense blasphématoire à l'égard du Prophète Mahomet (PUBH). Le but premier de ces amendements, tel que le Gouvernement de l'époque l'a expliqué, était d'empêcher la diffusion de la croyance des Ahmadis. Depuis lors, les non-musulmans vivant au Pakistan qui montrent prétendument un manque de respect envers l'Islam sont traités comme des criminels. La majorité de ceux qui sont accusés de blasphème appartiennent aux Ahmadis (ou Ahmadiyya), mais, depuis quelques années, de plus en plus de chrétiens sont accusés de blasphème.

Dominicains pour Justice et Paix fait siens les appels lancés par les groupes de défense des droits de l'homme dans le pays qui demandent l'abrogation des lois sur le blasphème au Pakistan. Des avocats et des organisations des droits de l'homme affirment que la plupart des cas de blasphème sont le résultat de l'abus de la loi par certains individus et groupes religieux dans le but de régler des disputes personnelles ou de provoquer des désaccords entre les groupes religieux. Aussi, les défauts de procédure dans le système juridique et les allégations de torture policière ont compliqué encore plus le problème. Les sections 298-A, 295-B et C n'établissent aucune condition concernant l'intention réelle de tels actes. Et elles laissent peu de place pour l'enquête et la vérification des preuves entre le temps où les allégations sont faites et les actions (judiciaires ou extrajudiciaires) sont menées contre les accusés. Des cas devant les tribunaux ont, en effet, montré que souvent une simple allégation sans preuves circonstanciées suffit à condamner une personne. De plus, le droit de se défendre soi-même n'est pas accordé aux accusés sous le régime des lois controversées sur le blasphème.

Dominicains pour Justice et Paix continue, alors à demander aux organes de l'ONU que le gouvernement du Pakistan:

a. abroge toutes le lois discriminatoires, en particulier les lois sur le blasphème, sections 295-B et C du Code pénal pakistanais ;
b. applique toutes les dispositions relatives aux droits fondamentaux contenues dans la partie II, articles 8 à 10 de la Constitution du Pakistan ;
c. promeuve des droits égaux pour tous les citoyens du Pakistan conformément à l'article 25A de la Constitution ;
d. adopte une législation interdisant la discrimination religieuse.

* Conséquences néfastes de l'embargo sur les enfants en Irak

Dans nos interventions à la Commission et à la Sous-Commission des droits de l'homme, FI/OP a présenté des déclarations demandant à la communauté internationale de mettre fin aux sanctions contre l'Irak. Cette année encore, lors de la session de la Commission des droits de l'homme (18 mars - 26 avril 2002), nous exprimerons notre inquiétude concernant les sanctions imposées par les Etats-Unis et l'embargo contre l'Irak demandant des mesures immédiates pour arrêter ce processus de dégradation de la vie des enfants d'Irak.
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LA COMMISSION DES DROITS HUMAINS DE L’ONU :

La commission des droits de la personne, en tant que principal organe des droits de la personne de l’ONU, a pour mandat de promouvoir et de protéger les droits partout dans le monde. Lors de ses rencontres annuelles à Genève, la Commission traite des plus graves atteintes aux droits de la personne dans le monde. Plus de 100 états membres participent aux travaux de la Commission comme observateurs en plus d’autres organismes de l’ONU comme le Programme pour le développement de ONU (PNUD), le Bureau du Haut Commissaire des Réfugiés UNCHR) le Fond international des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et des agences spécialisées, telles que le Bureau International du Travail (BIT) et l’UNESCO. Y prennent également part de nombreuses organisations non gouvernementales (ong) telles que Amnesty International, la Commission internationale des juristes et Human Rights Watch. Parmi les instruments et les mécanismes dont s’est dotée la Commission, vous trouvez, entre autres, les rapporteurs spéciaux, les représentants spéciaux,les groupes de travail, les traités et les organes de surveillance des traités (comité).

La Commission des droits de la personne, en tant que principal organe des droits de la personne de l’ONU, a pour mandat de promouvoir et de protéger les droits partout dans le monde. Lors de ses rencontres annuelles à Genève, la Commission traite des plus graves atteintes aux droits de la personne dans le monde. Plus de 100 états membres participent aux travaux de la Commission comme observateurs en plus d’autres organismes de l’ONU comme le Programme pour le développement de ONU (PNUD), le Bureau du Haut Commissaire des Réfugiés (UNCHR) le Fond international des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et des agences spécialisées, telles que le Bureau International du Travail (BIT) et l’UNESCO. Y prennent également part de nombreuses organisations non gouvernementales (ong) telles que Amnesty International, la Commission internationale des juristes et Human Rights Watch. Parmi les instruments et les mécanismes dont s’est dotée la Commission, vous trouvez, entre autres, les rapporteurs spéciaux, les représentants spéciaux, les groupes de travail, les traités et les organes de surveillance des traités (comité).

Depuis 1997, lors des assemblées annuelles des Nations Unies, Dominicains pour Justice et Paix et Franciscain International sont intervenus régulièrement en faveur du rétablissement de l'électorat commun auprès de la Commission des Droits humains et de la Sous-commission sur la Promotion et la Protection des Droits humains de l’ONU.

Dominicains pour Justice et Paix et Franciscains International, conjointement avec nos partenaires au Pakistan : la Commission Justice et Paix de la conférence des Supérieurs Majeurs du Pakistan et la Commission Justice et Paix de la conférence épiscopale catholique du Pakistan, souhaitent soulever la question des sérieuses violations de Droits de l’Homme au Pakistan.

De nombreux rapports émanant d’ONG, du gouvernement et des Nations Unies attestent de la gravité de la situation relative aux droits de l’Homme dans ce pays. Le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la torture, Sir Nigel Rodley, a déclaré à de nombreuses occasions à la Commission des Droits de l’Homme, que la torture au Pakistan est un phénomène étendu et endémique. Les rapports indiquent que des actes de torture, comprenant le viol et autres formes de traitement cruel, sont monnaie courante. De même, régulièrement la police torture, frappe et maltraite les personnes interpellées. Il existe aussi de solides indices selon lesquels les détentions arbitraires et la torture interviennent dans un contexte de conflits politiques et religieux extrêmes dans lesquels la violence est utilisée contre ceux qui n’ont pas les mêmes convictions. De plus, des observateurs décrivent l’état misérable des conditions de détention au Pakistan.

Le pouvoir politique et les régimes de loi martiale ont utilisé l’Islam pour légitimer leurs dispositions au détriment des minorités religieuses. Dans les dernières années, cela a conduit à une violence ethnique et sectaire parmi les Musulmans, ainsi qu’à l’imposition de lois discriminatoires et répressives contre les minorités religieuses. Le Pakistan est un pays où la discrimination religieuse est inscrite dans la législation, ce qui tend à promouvoir une culture d’intolérance et de division. Cette législation est contenue dans la loi sur l’électorat séparé pour les minorités religieuses, et les lois sur le blasphème 295B et C du Code pénal prévoyant la peine de mort en cas de violation des lois.

A titre d’exemple d’erreur judiciaire au Pakistan, le 25 juin 2001, trois ans après une introduction en appel, l’Honorable Haute Cour de Lahore, Multan Bench, menacée par une violente manifestation au tribunal, renversa son verdict d’acquittement qu’elle avait rendu le 24 juin 2001. La Cour confirma la condamnation et la sentence de mort prononcé à l’encontre de Ayub Masih. Il fut accusé au titre des lois sur le blasphème au commissariat de police Saddat d’Arifwala et condamné à mort, avec une amende de 1700 dollars américains (100 000 roupies) par la Cour, Sahiwal. On a accordé une semaine à M. Masih pour faire appel auprès de la Cour Suprême du Pakistan.

Franciscains International, conjointement avec Dominicains pour Justice et Paix et nos partenaires au Pakistan : la Commission Justice et Paix de la conférence des Supérieurs Majeurs du Pakistan et la Commission Justice et Paix de la conférenceépiscopale catholique du Pakistan, recommandent :

1. que le gouvernement du Pakistan prenne des mesures rectificatives pour garantir que l’on réponde davantage de ses actes, pour assurer la transparence, un bon gouvernement, et pour que l’autorité de la loi et les droits de l’Homme soient respectés.
2. que le gouvernement rapporte toutes les lois discriminatoires, y compris les lois sur le blasphème, sections 295B et 295C du Code pénal du Pakistan.
3. que le gouvernement adopte des politiques tendant à faire du Pakistan un Etat plus moderne, libéral et laïque comme le voyait M. Muhammad Ali Jinnah, le père de la nation.
4. que le gouvernement ratifie les traités internationaux sur les Droits de l’Homme qu’il n’a pas encore ratifiés.
5. que le gouvernement mette en œuvre les dispositions prévues dans les traités qu’il a déjà ratifiés, pour signifier son intention de coopérer sur le plan international avec les organes de surveillance des traités et les autres mécanismes et procédures spéciales des Nations Unies.
6. que le gouvernement invite le Rapporteur Spécial sur la question de l’intolérance religieuse à faire une seconde visite au Pakistan.

Dominicains pour Justice et Paix et Franciscain International, souhaitent faire des commentaires sur la question des peuples autochtones et leur relation à la terre. Nous profitons également de cette occasion pour accueillir favorablement la création du Forum permanent sur les Peuples Autochtones, et la nomination d’un rapporteur spécial sur les problèmes autochtones.

Nous reconnaissons l’importance et la minutie des documents de travail sur les Peuples autochtones et leur relation à la terre, y compris le dernier en date (E/CN.4/Sub.2/2001/21), préparé par le Rapporteur Spécial, Mme Erica-Irene Daes. Le document contient un certain nombre de conclusions et suggère des mesures pratiques pour traiter certains des problèmes actuels auxquels sont confrontés les peuples autochtones à l’échelle mondiale. Son inlassable travail comme présidente du Groupe de Travail sur les Populations indigènes, et comme Rapporteur Spécial, a contribué à créer une plus grande conscientisation et une plus grande compréhension à l’égard des questions indigènes, au sein des Nations Unies, et à travers le monde.

Le document de travail de Mme Daes fait état d’inégalités et d’injustices contenues dans la législation de différents pays où vivent des peuples autochtones, et identifie également des injustices commises par diverses institutions chargées des questions de la terre. Les peuples autochtones sont victimes d’agression et de violations depuis plus de 500 ans. Plus récemment, elles apparaissent avoir été aggravées sous l’effet de politiques économiques néo-libérales qui, souvent, traitent surtout les peuples autochtones et leurs terres en termes d’argent et de profit.

Dans son document de travail, Mme Daes traite certaines des questions fondamentales touchant les peuples autochtones et leur relation à la terre.

Le document couvre un certain nombre de questions parmi lesquelles :

- la défaillance des Etats à reconnaître les droits autochtones aux terres, territoires et ressources ;
- les lois et politiques discriminatoires touchant les peuples autochtones par rapport à leurs terres ;
- la défaillance des Etats à délimiter les terres autochtones ;
- la défaillance des Etats à faire respecter ou à appliquer les lois protégeant les terres autochtones ;
- l’expropriation des terres autochtones en faveur d’intérêts nationaux, y compris le développement ;
- l’incapacité à protéger l’intégrité de l’environnement des terres et territoires autochtones ;
- le transfert et la délocalisation.

Mme Daes a déclaré que "c’est probablement dans les zones d’expropriation des terres, territoires et ressources autochtones, pour des intérêtséconomiques nationaux ou de développement, que l’héritage du colonialisme est le plus grave". L’expropriation est pratiquée dans des secteurs où les territoires indigènes sont riches en minéraux et autres ressources, et elle est souvent menée sans beaucoup se préoccuper des effets à long terme sur la vie des peuples autochtones.

Il existe de nombreux cas de litiges anciens non résolus relatifs à la terre autochtone, et qui, régulièrement, dégénèrent en violence. Certains de nos membres travaillant sur le terrain ont porté à notre attention quelques exemples concrets de déplacement de groupes de gens vulnérables, et d’empiètement sur leur terre au nom du développement.

Les tribus de l’Etat de Jharkhand en Inde, où certains de nos membres travaillent, résistent de façon non violente au gigantesque projet de barrage de KOEL-KARO depuis 30 ans (S’il est réalisé, il submergera 135 villages et déplacera plus de 100 000 personnes, parmi lesquelles 70% sont des adivasis (tribus)). Ces derniers temps, en vue de démoraliser les gens, le gouvernement de l’Etat, affirmant agir sous la pression des entreprises multinationales (MNCs) et des institutions financières internationales, a recours à la violence à l’encontre des tribus afin d’affaiblir leur lutte contre le déplacement forcé.

Au Bengladesh, nos membres protestent contre le développement d’un "Eco- parc" dans le nord-est du pays. Le gouvernement projette de construire cette attraction touristique sur un terrain forestier dans une zone cultivée par les tribus Khasi et Garo depuis des centaines d’années. Le parc menace les moyens d’existence de plus de mille familles dans au moins dix villages. Le gouvernement du Bengladesh prétend que le projet fait partie d’un plan de développement économique et de sauvegarde de l’environnement en protégeant l’occupation de la forêt. Malheureusement, le projet n’a jamais été discuté avec la population locale. Par la suite, les chefs des Khasio et des Garo ont rencontré les membres du Ministère de la forêt et de l’environnement ainsi qu’un conseiller du Premier Ministre. Ils ont reçu l’assurance que leur terre ne serait pas affectée. Pourtant, le 15 avril 2001, le Ministre des Forêts et de l’environnement a posé la première pierre dans deux sites distincts. Ce projet dont la réalisation durera 4 ans, entraînera l’abattage d’arbres que les tribus avaient fait pousser aussi bien pour cultiver leur principale ressource agricole que pour construire des routes et des bâtiments au cœur de leurs villages.

Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres qui ont généré des inégalités et des injustices, menant dans certains cas à des soulèvements. La violation systématique de leur droit à la terre, des autres droits fondamentaux et des libertés, a créé des conditions de vie inacceptables et dégradantes pour les peuples autochtones.

Depuis mai 1997, les Dominicains ont établit un bureau conjoint avec Franciscans International (FI/OP) auprès des Nations Unies à Genève.

Aujourd'hui, l'Ordre compte à travers le monde, environ 6.500 frères, 34.000 soeurs, 4.000 moniales et quelques 100.000 laïcs.

Egalement, en 1997, le Conseil Général de l'Ordre des Prêcheurs a approuvé l'établissement d'une présence permanente à la Commission et à la Sous-Commission des droits de l'homme à l'ONU à Genève et d'un bureau avec Franciscans International. Le Conseil a nommé Philippe LeBlanc OP, Délégué permanent à la Commission des droits de l'homme de l'ONU.

Les buts du bureau des droits de l’homme Franciscain International/Dominicains pour Justice et Paix, à Genève, sont de :

a. dénoncer les violations des droits humains que nos frères et sours à travers le monde nous transmettent;
b. promouvoir des réseaux et une collaboration entre les frères et les sours dominicains travaillant dans le domaine des droits de l'homme ;
c. répondre aux demandes de la communauté internationale en faisant connaître notre position sur les questions de justice et de paix ;
d. témoigner du Message évangélique aux frontières ;
e. parler de la vérité à la communauté mondiale ;
f. participer à la recherche continue de la paix sociale et du respect des droits humains.

En janvier 2002, le Comité de l'ONU chargé de gérer les relations avec les organisations non gouvernementale a octroyé le statut consultatif de catégorie spéciale à Dominicains pour Justice et Paix.

Réf. : Texte de l'auteur. Mai 2002. (*Fr. Philippe LeBlanc, ancien Délégué permanent de l’Ordre des Dominicains aux Nations-Unies).

 

 

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télécopie: (604) 437-1852

St. Mary's Parish:
téléphone: (604) 435-9611

Notre mission

Nos Constitutions définissent notre mission de la manière suivante :

L’Ordre des Frères prêcheurs fondé par saint Dominique fut, on le sait, dès l’origine spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes.

Notre mission est d’annoncer partout l’Évangile de Jésus-Christ par la parole et par l’exemple, en tenant compte de la situation des hommes, des temps et des lieux, et dont le but est de faire naître la foi, ou de lui permettre de pénétrer plus profondément la vie des hommes en vue de l’édification du Corps du Christ, que les sacrements de la foi amènent à sa perfection.

 

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